Scénario du roman histoire vécue « Le fils du comte de Monchavet » Un destin hors du commun. Autobiographie, vie de Norbert Legrand "1944 à 1970" mail robert.lefebvre20@orange.fr


L'histoire de la vie de Norbert, son ami Gino Contini, un parrain de la mafia, en a fait un film en 1972 en noir et blanc.


Le scénario est à remanier par un scénariste






Scénario

Synopsis


Norbert, fils biologique d'un comte, naît en 1944, il connaît une enfance misérable dans un petit village près du château de son père biologique. Élevé par sa vraie mère et par un père violent qui ne l'aime pas, cela créé un grand manque d'affection chez Norbert qui se réfugie dans des rêves qui perturbent sa jeune vie d'enfant.

Tous les jeudis après midi Norbert et le comte de Monchavet marchent main dans la main dans les allées du château. Le comte ne peut lui avouer qu'il est son vrai père. Dans ses rêves Norbert pense que le comte est son vrai père. Ses rêves ne pouvant pas devenir réalité, Norbert a un comportement de sournois et de petit voyou dans son village.

Un jeudi après midi la cuisinière du château lui dévoile un grand secret, elle lui avoue qu'il est le fils du comte,Norbert fou de rage s'enfuit dans la forêt. Ce secret ne change rien car le comte ne peut lui dire qu'il est son vrai père.

Norbert doit attendre dans sa quatorzième année pour qu'enfin le comte lui avoue qu'il est son fils. Il lui avoue ce secret car le père qui l'a élevé est décédé. Norbert ne profite pas longtemps de l'affection du comte de Monchavet, car il meurt d'une crise cardiaque quelques jours après lui avoir avoué qu'il est son vrai père. Sa mère foudroyée par la mort de l'homme qu'elle aime, elle rejette son fils. Norbert doit aller travailler chez son oncle qui est producteur de fraises.


Dans la ferme de son oncle il rencontre son premier amour, la jeune Françoise. Frustré de ne pouvoir être le jeune comte de Monchavet, il décide de partir à l'aventure pour s'offrir un autre destin. Il va dans une ville où il devient apprenti boulanger, maçon. Il rencontre Josiane son deuxième amour, elle lui fait connaître des voyous, des blousons noirs. Il devient chef d'une petite bande de jeunes, voleurs de voitures.


Un jour il se fait arrêter et tombe sur un commissaire de police qui n'est autre que le père d'un de ses anciens camarades de classe avec qui il avait l'habitude de se battre. Il suit néanmoins ses conseils et se laisse porter sous son aile protectrice. Norbert prend de nouvelles résolutions afin d'orienter sa vie vers un vrai métier et fait des études pour en ressortir diplômé d'un CAP de plomberie.

Il se trouve un travail dans Paris ainsi qu'un logement dans une chambre de bonne, il rencontre Elodie, son troisième grand amour et fille de la concierge qui lui présente un groupe d'amis étudiants anarchistes et révolutionnaires. Malheureusement ses nouveaux amis le font boire et l'engagent dans la drogue. Norbert se retrouve dans un hôpital, une consommation abusive d'alcool et de drogue le rende malade.


Norbert quitte Paris , ses rêves l'engagent vers la mer, il se retrouve à Menton. Dans cette ville des policiers le trouvent dans un léger coma, ils le conduisent à l'hôpital. Un médecin de l'hôpital l'envoie à l'hôpital psychiatrique de Nice. Ne comprenant pas trop bien son affectation dans un hôpital psychiatrique, il se montre un peu brutal envers le personnel soignant.


Il rencontre Tonia, une belle jeune femme brune de dix huit ans, elle est magnifique avec ses yeux légèrement bridés. Tonia lui apprend qu'elle est la fille du prince Alexandre Anatolièvna Antipova. Son père est un homme d'affaire qui travaille pour la mafia, il a été colonel dans l'armée rouge.

Le prince Alexandre l'invite à vivre chez lui, dans sa villa prés de Sospel. Norbert est beaucoup aimé dans cette famille, Tonia devient sa fiancée.

Après quelques mois passés dans cette famille, Norbert perd la mémoire et s'enfuit. Il se retrouve à San Remo sur une place où il rencontre Lisa. Son père est saltimbanque, il chante et fait des numéros de cirque avec ses deux enfants pour gagner sa vie.

La jeune Lisa éprise du jeune Norbert qui est très beau, veut qu'il devienne son fiancé. Norbert sent que quelque chose ne va pas dans sa vie et il refuse de s'engager dans cet amour. Sa mémoire lui revient très lentement, il voit des images de sa belle Tonia qui lui apparaît le jour et la nuit. Lisa est perturbée par ses rêves et son père demande à Norbert de partir.

Norbert part pour Marseille où il rencontre Nicole une prostituée, elle lui demande de devenir son protecteur en attendant que son julo sorte de prison. Il retrouve la mémoire et retourne vivre dans sa famille à Sospel. Tonia le retrouve après avoir été très malade de cette séparation, ensemble ils vivent un grand amour durant des mois.





- Scène 1 - ext-jour -

Norbert, enfant de 8 ans, blond, yeux bleus, attend devant la grille d'un château, son visage est triste, il est mal vêtu. Un garde chasse en uniforme avec un fusil en bandoulière, ouvre la grille. Il prend la main de l'enfant, ils marchent dans une grande allée bordée de rosiers. Le château est devant eux. C'est un château du dix huitième siècle.

Le garde chasse abandonne l'enfant sur la grande allée du château. Le comte de Monchavet, la cinquantaine, grand est devant l'enfant. Son visage est triste, il prend la main de l'enfant. Ils marchent dans la grande allée, le château est devant eux.

- Scène 2 ext-jour -

Le comte et l'enfant sont devant une tombe en marbre bleu qui est devant un grand chêne centenaire dans le parc du château. Sur cette tombe il y a d'inscrit " Comtesse de Monchavet 1912 1942". Le comte dépose sur la tombe un bouquet de roses blanches et rouges, il s'agenouille. L'enfant reste debout devant la tombe, son visage est triste. Des chiens aboient dans la forêt près du château. On entend des coups de fusil.

- Scène 3 - ext-jour -

Le comte et l'enfant, main dans la main marchent dans une grande allée, le château est devant eux. Une femme forte et petite, vêtue d'un tablier blanc, marche vers le comte et l'enfant.

La cuisinière

Monsieur le comte, que fait cet enfant avec vous tous les jeudis après midi, il est sale et d'une tristesse à vous faire peur? Impassible le comte regarde la cuisinière.

Le comte abandonne l'enfant à la cuisinière. L'enfant et la cuisinière marchent en direction du château qui est devant eux.

La cuisinière

- que fais-tu ici, sale mioche?. J'aimerai que monsieur le comte s'intéresse à mon fils et pas à toi -.

Norbert regarde la cuisinière d'un air méprisant, il lui tire la langue.

Scène 4 - intérieur-jour -

Dans la cuisine du château, Norbert est assis à une grande table, il boit un bol de chocolat et mange un morceau de brioche.

La cuisinière

- mange proprement et prend ton temps. On dit au village que tu es un chapardeur, tu voles des légumes et des poules -.

Norbert

- j'ai beaucoup de frères et de sœurs, mon père ne gagne pas très bien sa vie avec son travail -.

La cuisinière

- jeudi prochain, je te confirai un grand secret. Si tu le dévoiles aux habitants du village, jamais plus tu ne viendras au château -.

Norbert sort de la cuisine.

Scène 5 - ext-jour -

Sur un chemin de terre Norbert, avec un lance pierre envoie des cailloux sur des oiseaux qui s'envolent devant lui.

Un bucheron grand et fort avec une hache sur l'épaule s'arrête devant Norbert.

Le bucheron

- petit Norbert, tu ne veux pas venir m'aider dans mon travail de bucheron? -.

Norbert

- je suis trop jeune pour ce travail !-.

Le bucheron

"tu reviendras me voir quand tu auras cinq ans de plus".

Norbert marche sur cent mètres, il entre dans une petite forêt. Il pénètre dans une cabane en bois de bucherons, il s'étend sur un lit de paille, il s'endort. Il rêve. II est dans la grande allée du château, il voit le comte qui vient vers lui, il lui tend les bras puis il disparaît.


Voix off - Le jeune Norbert vit le jour dans l'année 1944 quand les allemands quittèrent la France. Le comte de Monchavet aima sa mère qui le soigna suite à une dépression du à la mort de son épouse. Les huit premières années de sa vie il les passe dans la grande pauvreté et sans affection. Seul dans ses rêves il trouve un peu de réconfort, il rêve et s'imagine que le comte de Monchavet est son vrai père.

Scène 6 - int-jour -

Sur un chemin de terre, sur la gauche on voit un lavoir municipal. Norbert marche en gesticulant. Un gamin de huit ans se met devant lui et l'empêche de passer.

Le gamin

" Norbert que fais-tu tous les jeudis après midi chez monsieur le comte?'.

Norbert

" monsieur le comte m'a confié un petit travail et il me donne quelques sous".

Un homme petit, légèrement éméché sort du lavoir, il se précipite sur Norbert et le bouscule.

Le père

" où est cet argent gagné au château?".

Le père est violent, il ôte la ceinture de son pantalon, il administre trois coups de ceinture sur le derrière de l'enfant. Norbert ramasse une pierre, il la jette sur son père. Le père pousse un cri et se sauve en courant.

Norbert

" tu es un fainéant et un soulard, tu n'as qu'à travailler plus pour avoir de l'argent!".

Le père

"sale mioche, tu es une bouche de trop à nourrir!".

Le garde champêtre avec son képi sur la tête marche sur le chemin, il siffle, il s'arrête devant Norbert.

Le garde champêtre

" On dit au village que tu fais les quatre cent coups, tu tires les sonnettes, tu casses les ampoules des lampadaires, on dit même que tu es un voleur de poules".

Norbert

"c'est qui les on dit, monsieur le garde champêtre?".

Le garde champêtre

"tu es un sale petit voyou et un jour on t'enverra dans une maison de correction pour te mater".

Norbert tire la langue au garde champêtre. Il chante.

Norbert

"le garde champêtre qui pu qui pète, qui prend son derrière pour une trompette".

Une gamine de neuve ans marche sur un chemin, elle sourit et s'arrête devant Norbert.

Norbert

" gamine de la ferme, tu ne veux pas me faire un bisou sur la bouche?".

La gamine

" mon pauvre Norbert, je ne fais pas des bisous à des sales gamins comme toi. Va te laver la figure et les mains!".

Norbert chante

"elle est moche la gamine de la ferme, elle ne veut pas faire un bisou au beau Norbert".



Scène 7 - ext-jour -

Norbert est près de sa maison, une maison vétuste. Devant cette maison se dresse un petit jardin mal entretenu. Une femme, la quarantaine, petite est devant la porte d'entrée de la maison, ses cheveux sont mal peignés, elle se gratte la tête, elle regarde Norbert.

La mère

"Norbert va me chercher un sceau d'eau au lavoir et revient immédiatement!".

Norbert prend le sceau que lui tend sa mère, il marche sur un chemin vers le lavoir. Un curé en soutane marche vers lui, il fait des grimaces en regardant Norbert.

Le curé

"Norbert, tu n'es pas venu au catéchisme cet après midi, ce n'est pas bien!".

Norbert

"je n'aime pas votre bon dieu qui n'est pas gentil avec moi".

Le curé

"petit mécréant!".

Norbert marche, il se dirige vers le lavoir, il jette son sceau sur les poules et les canards qui picorent sur le chemin. Un passant marche vers Norbert, il s'arrête devant lui.

Le passant

"tu as le diable dans le ventre, sale gamin, elles ne t'ont rien fait ces poules!".

Norbert

"t'occupe toi le soulard qui picole avec mon père!"

Le passant tente de gifler Norbert qui lui donne des coups de sceau.

La mère crie.

La mère

"alors ça vient ce sceau d'eau!".

Scène 8 int-soir -

Dans la maison. Dans la pièce principale de la maison, il y a une cuisinière à charbon, un vieux buffet, huit enfants de deux à seize ans, mal vêtus sont assis à la table en bois. Le père et la mère sont assis à chaque extrémité. Enfants et parents mangent la soupe aux pommes de terre et en silence. On entend que le bruit des cuillères qui frottent sur le bord des assiettes.

Le père se lève brutalement et crie.

Le père (en colère)

" que fait le Norbert tous les jeudis au château avec monsieur le comte?".

La mère (furieuse)

" cela ne te regardes pas, fainéant! . Si je t'ai épousé, c'était uniquement pour faire plaisir à monsieur le baron de Tilly. Son fils est le père de ma mère ".

Le père (en colère)

"madame est une bâtarde de la noblesse, on l'a confié à moi le gueux, l'ancien berger du château!".

La mère jette son verre de vin sur le mur de la pièce.

La mère regarde Norbert (en colère)

La mère

"toi, sale mioche, sais-tu ce que s'est qu'un bâtard de la noblesse?. Peut être que monsieur le comte te le dira un jour".

Le père se lève de sa chaise, il donne un coup de poing sur la table.

Le père

"combien de ces enfants sont de moi, n'y aurait-il pas des bâtards de la noblesse, la dedans?"

Les enfants quittent la table.

Scène 9 - ext-jour -

Sur une petite route goudronnée, Norbert, sa sœur de onze ans et son frère de six ans marchent, ils tiennent un cartable à la main. Norbert joue avec un lance pierre, il jette des pierres sur des moineaux. Il sonne à toutes les portes, des chiens aboient. Des enfants en tablier gris et cartable à la main, crient, ils sont seuls et très indisciplinés.

Scène 10 - ext-jour -

Sous le préau de l'école du village des garçons un peu plus âgés que Norbert tentent de lui dérober son lance pierre. Norbert se bat avec eux.

Le maître d'école intervient, il tire Norbert par les cheveux.

Le maître

"nous avons un cancre et un petit voyou dans cette école, il sera puni et restera les mains sur la tête sous le préau et jusqu'à midi".

Les enfants rient et se moquent de Norbert.


Le maître

"vous allez entrer en silence dans la classe, celui qui fera du bruit sera puni comme Norbert".

Les enfants se mettent en rang par deux et pénètrent dans une des classes de l'école.

Scène 11 - ex-jour -

Sous le préau de l'école, Norbert baille et rêve. Dans son rêve, il marche dans l'allée du château, le comte vient vers lui, il le prend dans ses bras, il l'embrasse tendrement. Sa mère apparait belle et bien vêtue comme une princesse, elle embrasse le comte. Des colombes s'envolent sur le chemin conduisant au château. Un bruit d'orage éclate, le ciel s'assombrit, des corbeaux s'envolent sur le chemin.

Le maître d'école gifle Norbert pour le réveiller.

Le maître

"met ce bonnet d'âne sur ta tête et vient dans la classe pour te présenter à tes petits camarades.

Scène 12 - ext-jour -

Dans la classe, un grand tableau noir est fixé sur le mur en face des élèves, sur la gauche une grande carte de France. Devant le tableau, un vieux bureau en bois. Deux rangées de sept bancs doubles d'écoliers en chêne massif, avec des encriers d'ancre rouge et noire. Les élèves, garçons et filles, vêtus d'une bouse grise, les mieux vêtus sont devant, et les autres au fond de la classe.

Le maître pénètre dans la classe en poussant Norbert devant lui, il le dirige vers son bureau. Il prend une règle en bois sur son bureau. Norbert joint les doigts de sa main droite. Devant les élèves qui se retiennent pour ne pas ricaner, le maître administre six coups de règle sur les doigts de Norbert.

Norbert sourit, il souffle sur ses doigts. Tous les enfants se mettent à rire.

Le maître

"Norbert, tu es un cancre et en plus monsieur joue les comiques. Monsieur le comique va nous écrire cent lignes à l'encre rouge et noir de "je suis un cancre et un comique". Cela l'occupera jusqu'à midi".

Norbert fait le pitre et va s'installer à son banc au fond de la classe.

Le maître

"maintenant je vais vous parler du bon roi Henri IV et pour ce faire, je réclame le silence. Ceux qui oseront perturber la classe, il leur sera infligé douze coups de règle sur les doigts de chaque main.

Scène 13 - ext - jour -

Une vingtaine d'enfants sortent de l'école, ils crient, ils se battent, ils marchent dans la grande rue. Ils arrivent sur la grande place, des personnes entrent et sortent des commerces, épiceries, boulangerie, tabac, restaurant.

Norbert se précipite vers un enfant bien vêtu, il lui jette des pierres.

Norbert

"sale gosse de riche!".

Une fillette de onze ans tient un enfant de six ans par la main. Elle s'approche de Norbert, lui donne deux gifles.

Tina

"quand cesseras-tu d'insulter le fils du maire?".

Norbert

" ma petite soeur, c'est un sale gosse de riche qu'il faut corriger".

Norbert tape avec un bâton sur les grilles des habitations, les chiens aboient. Un habitant sort de sa maison, il court dans la rue pour attraper Norbert.

L'habitant (en colère)

" sale mioche si je t'attrape, tu auras une bonne correction!".

Norbert lui tire la langue

Scène 14 - int-jour -

Dans la salle à manger de la maison, Tina une enfant de onze ans dépose une casserole sur la cuisinière à charbon. Les trois enfants sont seuls dans la maison. Norbert est assis à côté de son petit frère Gino.

Norbert

"encore du ragout à manger, cela fait trois jours que l'on en mange!".

Tina

"Maman n'a plus d'argent pour acheter à l'épicerie. Monsieur le comte a donné du travail dans la forêt à papa, il coupe des arbres. Les autres frères et sœurs sont avec lui. Maman fait du ménage chez le baron de Tilly, elle a emmené les deux petits frères pour qu'ils puissent manger au château".

Norbert

"pourquoi nous sommes les plus pauvres dans ce village? Pourquoi monsieur le comte me fait venir tous les jeudis après midi dans son château, il devrait nous donner de l'argent?".

Tina

"monsieur le comte est un homme bon, il est malheureux car la comtesse est morte".

Norbert

"il faudra bien que je sache pourquoi le comte me donne la main tous les jeudis après midi pour nous promener ensemble sur les terres de son château".

Tina

" Norbert, monsieur le comte est un homme mystérieux et il doit cacher un grand secret que tu connaîtra peut-être un jour".

Norbert

" la cuisinière du château a dit qu'elle allait me confier un grand secret. Jeudi, je connaitrai ce secret".

Tina

" Norbert ce sera un bon secret s'il peut seulement nous offrir un peu de bonheur dans cette maison. Papa et maman ne s'aiment pas, ils ne nous aiment pas non plus. Que faisons-nous dans cette vie?"

Le petit Gino tend les bras vers sa sœur.

Gino

" pourquoi papa et maman ne nous aiment pas?"

Tina

" Papa et maman sont très malheureux, ils aimeraient nous aimer mais ils ne peuvent pas".

Norbert

" je n'irai pas à l'école cet après midi, le maître est trop méchant avec moi. Tina, tu lui diras que je suis malade".

Tina

"ce n'est pas bien de toujours manquer l'école, tu es un cancre et tu le resteras toute ta vie".

Norbert

"je m'en fout!".

Scène 15 -ext-jour -

Norbert marche sur un chemin de terre, il crie.

Norbert

" jeudi, je connaîtrai enfin ce grand secret et il changera peut-être ma vie!".

Un chien berger allemand vient vers Norbert, il saute sur lui. Le chien fait la fête à Norbert. IIs se roulent dans l'herbe du chemin.

Norbert

" Bob, tu es mon seul et grand ami, que ferais-je sans toi?".

Le chien aboie trois fois, il regarde Norbert, il court en direction du lavoir. Le chien et l'enfant passent en courant devant une belle propriété qui est un petit château du 19 ème siècle, ils passent devant le cimetière. Ils marchent dans un sentier entouré de petits arbustes.

Scène 16 - ext-jour -

Norbert et le chien courent dans une petite forêt. Ils s'arrêtent dans une clairière. Norbert hurle comme un loup. Le chien aboie.

Norbert

" tu sais Bob, nous devons hurler comme les loups quand ils sont malheureux. Moi mes parents ne m'aiment pas et toi tes maîtres ne t'aiment pas non plus. Nous sommes les seuls qui nous aimons dans ce village".

Bob aboie et lèche tendrement le visage de Norbert qui le couvre de caresses.

Norbert

"Bob nous allons maintenant relever les collets que j'ai posé pour attraper des lapins".

Bob aboie trois fois, il renifle le sol.

Bob s'éloigne, il s'arrête devant un buisson, il aboie.

Norbert

" Bob on va pouvoir manger du lapin ce soir, tu sais j'en ai marre de bouffer du ragout et des patates".

Le chien renifle et cherche.

Scène 17 - ext-jour

Le garde chasse attend derrière la grille du château.

Le garde chasse

"Norbert tu es un peu en retard!".

Le comte attend dans l'allée du château, Norbert court. Le comte prend la main de Norbert. Le comte et l'enfant marchent en direction de la tombe de la comtesse. Le comte dépose un bouquet de fleurs, il s'agenouille quelques minutes. Norbert s'agenouille, le comte le regarde, il sourit.

Le comte et Norbert marchent dans une grande allée face au château, la cuisinière vient vers eux.

La cuisinière

"Norbert, tu n'as pas oublié ce que je t'ai dis jeudi dernier!".

Norbert

"non madame!".


La voix off - Norbert va enfin apprendre ce que ses rêves tentent de lui dévoiler depuis qu'il est en âge de comprendre les choses de la vie.

Scène 18 - int-jour -

Dans la cuisine du château, Norbert est assis à la table de la cuisine, il boit son chocolat et mange la brioche.

La cuisinière

" Norbert, tu sais que je n'aime pas le gamin sournois que tu es. Je voudrai que monsieur le comte s'intéresse à mon fils plus qu'à toi. J'ai voulu savoir pourquoi monsieur le comte t'invitait tous les jeudis après midi au château pour t'offrir un peu d'affection. Monsieur le curé m'a confié un grand secret que je ne devrais pas te dévoiler. Norbert, tu es le fils de monsieur le comte".

Norbert fait tomber le bol qu'il a entre ses mains, il s'enfuit en courant.

Scène 19 - int-jour -

Norbert est devant le presbytère, le curé arrose des fleurs, il le voit.

Le curé

"Norbert que viens-tu faire ici?"

Norbert

" J'ai appris monsieur le curé que j'étais le fils de monsieur le comte".

Le curé

" je l'ai dit à la cuisinière en sachant qu'elle ne garderait pas bien longtemps ce secret. Tu es bien le fils de monsieur le comte. Ta maman qui était aide soignante au château pendant la guerre et monsieur le comte se sont aimés, de cet amour interdit un enfant est né. Cet enfant, c'est bien toi, petit Norbert".

Norbert

" il m'est arrivé souvent de rêver que je devais être le fils de monsieur le comte, mais maintenant ce n'est plus un rêve".

Le curé

"Norbert, ce secret, tu dois le garder pour toi seul, si ton père venait à savoir, cela deviendrait un drame. Ton père était un brave homme avant qu'il n'épouse ta mère. Ta mère est aussi une membre de la noblesse, une bâtarde née hors mariage. C'est une enfant du pêché, comme toi".

Norbert

"monsieur le curé, mon père me déteste parce que je suis un enfant du pêché!".

Le curé

"ton père m'a dit qu'il soupçonnait ta mère de l'avoir trompé, mais il n'a pas de preuve. Si un jour il apprend que tu es le fils du comte, comme c'est un homme très violent quand il boit, il risque de tuer ta mère et toi aussi".

Norbert

"A monsieur le comte, je dois lui dire que je sais qu'il est mon vrai père?"

Le curé

" Norbert, tu dois attendre que monsieur le comte te le dise lui-même. Monsieur le comte devine un peu que tu sais qu'il est ton père, il le sent chaque fois qu'il te prend la main pour t'emmener promener avec lui tous les jeudis après-midi".

Norbert se met en colère, il hurle, il donne des coups de poings sur le bureau du curé.

Norbert

"je dois continuer à vivre avec un père qui ne m'aime pas. Monsieur le comte m'aime, mais il ne veut pas me le dire qu'il est mon vrai père. Je vous déteste les grandes personnes, vous êtes tous méchants".

Norbert s'enfuit en donnant des coups de pieds dans les portes.

- Scène 20 - ext-jour -

Norbert marche dans la forêt du château, il hurle comme un jeune loup. Il crie.

Norbert

" je vous déteste tous, je veux mourir!".

Il s'arrache les cheveux, il se cogne la tête contre les arbres, il s'endort dans la cabane. Le soleil se couche trois fois. Le garde chasse entre dans la cabane, Norbert est dans un semi coma, il le prend dans ses bras, il l'emporte au château.

La voix off - Norbert connait maintenant ce grand secret, mais rien ne peut changer sa vie et le comte continuera à se murer dans son silence. Les années passent et la jeune vie de Norbert ne connait aucun changement, il entre dans sa quatorzième année.

Scène 21 - 1958 - int-jour - Norbert à 14 ans.-

Dans la cuisine du château, la cuisinière dépose un gâteau d'anniversaire sur la grande table en bois de la cuisine. Un gâteau au chocolat avec quatorze bougies.

La cuisinière

"Norbert allume les quatorze bougies de ton gâteau d'anniversaire!".

Norbert allume les bougies.

Norbert

"pourquoi monsieur le comte n'est pas avec nous pour fêter mes quatorze ans?".

La cuisinière

" C'est la première fois que monsieur le comte t'offre un gâteau d'anniversaire, tu devrais être content!".

Norbert

" monsieur le comte ne souhaite pas être avec moi pour manger ensemble ce bon gâteau. Maintenant je ne viendrai plus le voir tous les jeudis après-midi".

La cuisinière

"Norbert, tu ne peux pas abandonner monsieur le comte, ce n'est pas bien!".

Norbert

" je reviendrai voir monsieur le comte seulement quand il voudra bien me dire qu'il est mon vrai père!".

Norbert quitte la cuisine, il donne des coups de pieds dans la porte en sortant.

Scène 22 - ext-jour

Dans l'allée du château, une femme forte et petite court pour rejoindre Norbert qui s'enfuit à grands pas.

La cuisinière

" Norbert, tu n'as pas le droit d'abandonner monsieur le comte, il est souffrant et il a besoin de ta présence tous les jeudis après midi. Tu ne peux pas l'abandonner, reviens! ".

Norbert

" monsieur le comte est mon vrai père, s'il m'aime vraiment alors qu'il me le dise".

La cuisinière en pleure

"Norbert, reviens, reviens!".

Norbert s'en va s'en se retourner.


La voix off - Les semaines et les mois passent sans que Norbert daigne se rendre au château pour la promenade hebdomadaire avec le comte.

Scène 23 - int-jour -

Dans la maison, Norbert est seul avec sa mère dans la salle à manger, sa mère le regarde tristement, elle tient un verre de vin à la main.

La mère

"Maintenant nous sommes seul tous les deux, tes frères et sœurs sont placés dans des familles d'accueil, ton père est à l'hôpital et les médecins disent qu'il est au plus mal".

Norbert

" je vous déteste toi et papa, vous avez toujours été incapable d'aimer vos enfants!".

La mère

" je suis une bâtarde de la noblesse comme toi Norbert. Mes parents à moi ils m'ont beaucoup aimé, je ne suis pas capable d'aimer mes enfants, je suis devenue une mauvaise femme".

Norbert

"maman, tu as aimé mon père monsieur le comte et quand je suis né, tu n'as rien voulu de lui. Tu étais marié au père de mes frères et sœurs, et pour toi je n'étais qu'un enfant du pêché, un enfant perdu. Tu aimes toujours monsieur le comte et tu as abandonné tes enfants dans l'espoir de pouvoir vivre avec lui".

Sa mère

"j'aime ton vrai père et j'irai vivre avec lui quand le père qui t'a élevé sera mort. Norbert, tu vas bientôt quitter cette maison pour aller travailler chez ton oncle le mari de ma sœur, je lui dois de l'argent".

Norbert

"monsieur le comte lui aussi il est malade, je ne pense pas qu'il veuille de toi pour vivre avec lui".

La mère (en colère)

"Norbert, monsieur le comte ton père ne te reconnaitra jamais, tu ne vivras jamais avec lui au château. Le comte il est pour moi toute seule, quand mon poison de mari sera mort, il me suppliera de venir vivre avec lui".

Norbert

"comment peux-tu me détester, moi l'enfant que tu as eu avec le comte. Tu es mauvaise et dieu te punira un jour. Tu n'a jamais cessé de noyer ton chagrin dans l'alcool, tu es devenue une femme aigrie et pleine de haine envers tes enfants".

Sa mère

"je te déteste car je ne voulais pas de toi dans ma vie. Le comte devait livré aux allemands mon mari qui était un résistant".

Norbert

" je ne comprend pas pourquoi tu ne m'a pas laissé au comte pour qu'il m'adopte!.

Sa mère

" il n'y avait aucune raison que le comte puisse avoir près de lui son enfant et pas sa mère libérée de son mari. Tu vas venir avec moi à l'hôpital pour voir ton père, tu lui diras que tu n'es pas son fils".


La voix off - un grand vent de désespoir souffle dans la jeune vie de Norbert.

Scène 24 - int-jour

A l'hôpital. Au bord de la seine, des baraques en bois ont été aménagées pour recevoir des personnes atteintes du cancer des poumons.

Norbert est devant le lit de son père, il ne montre aucun signe de tristesse. Le père est allongé sur un lit d'hôpital, le visage blême.

Le père

"te voilà toi, petit morveux, ta mère n'est pas avec toi?".

Norbert

"maman m'a obligé à venir te voir. Je suis là pour te dire que je suis le fils de monsieur le comte".

Le père parle difficilement.

Le père

"je sais car le curé est venu me voir. Je sais que je vais mourir et je suis bien content de le savoir".

Norbert

"je te déteste, jamais je n'aurais du vivre dans ta maison".

Le père

"Norbert, tu peux me détester tant que tu veux, si ta mère avait bien voulu m'aimer, je t'aurais aimé en sachant que tu n'étais pas mon fils. Elle a voulu que le comte me livre aux allemands quand j'étais dans la résistance. Ta mère aime le comte, elle s'imagine qu'il voudra bien d'elle quand je serai mort".

Norbert

"j'ai vécu quatorze ans dans ta maison, sans affection".

Le père

"Norbert, je te demande de m'embrasser avant de mourir, tu pourras me détester tout le restant de ta vie. Je me suis obstiné à vouloir aimer ta mère qui ne voulait pas de moi. Prend bien soi de toi Norbert et ne reste pas avec ta mère".

Norbert embrasse son père et il s'en va.

Scène 25 - int-jour -

Dans la maison, on frappe à la porte. Norbert et sa mère sont assis à la grande table en bois.

La mère

"entrez docteur!".

Le docteur entre dans la maison, il est triste.

Le docteur

"je viens vous informer de la mort de votre mari!".

La mère de Norbert reste impassible, elle ne dit rien et ne montre aucun signe de douleur. Le docteur la regarde.

La mère

"mon mari est mort, cela fait quatorze ans qu'il devrait être mort".

Norbert

" maman c'est de ta faute si ton mari est mort, il ne demandait qu'à t'aimer, tu n'as fait que le rejeter durant toutes ces années".

La mère

"jamais je n'ai voulu de ce mari que l'on m'a obligé à épouser, ma mère était la fille du jeune baron de Tilly. Le père du jeune baron n'a pas voulu que ma mère l'épouse. Moi je suis une noble et je ne voulais pas épouser un gueux".

Le docteur quitte la maison sans dire un mot.

Norbert

" maman, toi et moi nous sommes des bâtards de la noblesse, nous sommes des enfants du pêché comme dit le curé. Nous sommes maudits".

La cuisinière du château pénètre dans la maison sans avoir frappé.

La cuisinière

"Norbert, tu dois venir de toute urgence au château, ton père ne va pas bien et il veut te voir.

La mère

"je veux venir avec Norbert!".

La cuisinière

" monsieur le comte ne veut pas vous voir pour l'instant et il vous fera demander quand il se sentira mieux".

La cuisinière s'en va.

Scène - 26 - int-jour -

Au château dans la chambre du comte. Le docteur est assis près du lit du comte.

Le docteur

"Norbert, tu peux t'approcher pour venir parler à ton père. Monsieur le comte sait que le père qui t'a élevé est mort".

Le comte est assis dans son lit et il ne semble pas très bien.

Le comte

"Norbert approche toi, viens embrasser ton père".

Norbert embrasse son père, il pleure.

Le comte

"ne pleure pas mon garçon, tu es venu vers moi, maintenant je vais aller mieux et ensemble nous pourrons faire de longues promenades dans le parc du château".

Norbert

" père, pourquoi avoir attendu si longtemps pour me dire que j'étais votre fils?".

Le comte

"mon garçon, ta mère ma fait jurer de garder le secret. Quand tu es né je voulais te garder avec moi, je voulais que tu portes mon nom, mais ta mère n'a pas voulu. Elle a exigé de moi que je dénonce son mari aux allemands pour se débarrasser de lui. Jamais je n'aurais pu faire une chose pareille".

Norbert

" j'ai parlé à mon père avant qu'il meurt, il m'a dit qu'il aimait beaucoup ma mère, mais qu'elle ne voulait pas de lui. Il m'a dit qu'il m'aurais aimé, même en sachant qu'il n'était pas mon vrai père".

Le comte

"Norbert, je me suis toujours senti responsable de ta souffrance que je ressentais en toi en te donnant la main chaque jeudi après midi. Ta mère et moi, nous nous sommes beaucoup aimés, mais quand tu es né elle avait déjà beaucoup d'enfants de cet homme qu'elle n'aimait pas. Je ne pouvais rien faire".

Norbert

"maintenant qu'allons nous faire?".

Le comte

"je vais faire venir le notaire, je vais aussi te reconnaitre comme étant mon unique enfant. Tu vas rester avec moi au château, tu vas m'aider à guérir".

Le docteur

"Norbert, tu dois rester avec monsieur le comte car il a besoin de toi pour retrouver une bonne santé".

Norbert

"que vont devenir ma mère et mes frères et sœurs?"

Le docteur

"Norbert, ton père s'occupera d'eux quand il sera rétabli. Maintenant embrasse ton père et laisse le se reposer".

Norbert embrasse son père et il quitte sa chambre.

Scène 27 - int-jour -

Dans la grande salle de réception du château, une femme de cinquante ans, petite au visage agréable vient vers Norbert.

La gouvernante

"Norbert, je suis la gouvernante du château, nous ne nous sommes jamais rencontré mais je vous ai vu plusieurs fois dans le parc avec monsieur le comte".

Norbert sert la main de la gouvernante.

Norbert

"dans le château, je ne connais que la cuisine, la cuisinière et le garde chasse qui vient m'ouvrir la grille tous les jeudis après midi".

La gouvernante

"Norbert, je vais vous montrer votre chambre et vous faire visiter les pièces du château qui sont habitables".

La gouvernante lui fait visiter sa chambre. C'est une grande pièce, haute d'un château du 18 ème siècle, meublée de meubles Louis XV et Louis XVI.

Norbert

"Comment vais-je faire pour vivre dans un si grand château avec de si beaux meubles, j'ai toujours vécu dans notre maison dont les gens du village disaient que c'était un taudis?".

La gouvernante

"Norbert, vous vous habituerez très vite à cette nouvelle vite. Dans quelques semaines vous ressemblerez à un jeune comte".

La gouvernante fait visiter quelques pièces du château à Norbert.

Norbert

" j'ai bien le temps de visiter toutes les pièces du château, je vais aller à la cuisine car j'ai faim".

Scène - 28- int-jour -

Dans la cuisine du château, la cuisinière présente à Norbert un plat de poulet, des frites et de la salade. Elle sourit.

La cuisinière

"pendant des années j'ai accueilli dans cette cuisine un petit gueux, sale et sournois, me voilà maintenant en présence du fils de monsieur le comte. Comment dois-je vous appeler?".

Norbert

"appelez-moi, Norbert tout simplement".

Norbert mange lentement.

Un homme de très grand taille et bien vêtu pénètre dans la cuisine.

La cuisinière

" bonjour monsieur le régisseur".

Le régisseur

"monsieur le comte m'a demandé de faire connaissance avec son fils le jeune comte".

Norbert

"nous nous connaissons bien monsieur le régisseur. Combien de fois vous m'avez surpris en train de chaparder des poules dans les fermes du château?".

Le régisseur

" j'avais des ordres de faire semblant de vous attraper. Monsieur le comte me disait que vous étiez un garçon bien débrouillard, cela le faisait sourire un peu".

La cuisinière

"monsieur le comte ne souriait pas souvent, il pense souvent à sa pauvre femme qui n'est plus de ce monde. Le voilà maintenant avec un fils, j'espère qu'il va retrouver la joie de vivre ".

Le régisseur

" dans cette cuisine, je ne vois qu'un beau jeune homme bien vêtu, et il n'a rien du petit voleur de poules que j'ai connu".

Norbert

"maintenant me voilà plongé dans une autre vie, je me demande si elle va bien vouloir de moi".

Le régisseur

" Norbert, demain matin nous irons nous promener à cheval pour visiter les cinq fermes du château, nous passerons dans les rues du village pour que les habitants admirent le fils de monsieur le comte".

Norbert

"je connais les chevaux, la fille de la ferme qui est près de ma maison m'a apprit à monter à cheval. Ce sont des gros chevaux pour labourer la terre".

Le régisseur

" les chevaux du château ne labourent pas la terre, ils sont fait pour la promenade sur les terres de monsieur le comte. Tu verras Norbert, tu les aimeras car ce sont de très bons compagnons".

Scène 29 - int-jour -

Dans la chambre de Norbert. Norbert se réveille, il se frotte les yeux, il se pince le bras.

Norbert

"je ne rêve pas je suis bien dans le château de mon vrai père".

La gouvernante tire les rideaux des grandes fenêtres, le soleil illumine la chambre.

La gouvernante

" bonjour monsieur Norbert, avez vous bien dormi?".

Norbert

"bonjour madame, je ne me souviens pas avoir rêvé cette nuit, toutes les nuits je rêve que je vis dans un château, et cette nuit je l'ai passé dans un château. C'est magique!".

La gouvernante

"Monsieur Norbert, vous n'oublierez pas d'aller embrasser votre père avant d'aller dans la cuisine pour prendre votre petit déjeuné. N'oubliez pas que le régisseur vous attend pour une grande promenade à cheval".

La gouvernante présente de nouveaux vêtements à Norbert, pantalons, chemises, vestes, chaussures. Norbert essaye un pantalon et une veste bleue marine.

La gouvernante

"monsieur le comte m'a demandé d'aller à la ville pour vous acheter d'autres vêtements neufs et des chaussures. Ce costume bleu marine vous va très bien ".

Norbert se choisit une belle chemise bleue claire et une cravate bleue foncée. Il met des chaussures noires. Norbert se regarde dans la glace de la grand armoire Louis XV qui est près de son lit.

La gouvernante

" Monsieur Norbert, vous voilà devenu un beau jeune homme".

Scène 30 - int-jour -

Norbert entre dans la chambre du comte, le docteur est assis près du grand lit. Le comte est assis dans son lit.

Le docteur

" Monsieur Norbert, votre père va beaucoup mieux aujourd'hui, vous pouvez venir l'embrasser".

Le comte regard Norbert, il sourit.

Le comte

"bonjour mon garçon, ta présence au château m'a redonné le goût de vivre. Le docteur m'a ausculté, il m'a dit que je pourrai marcher un peu dans le parc et dans la forêt avec toi. Le docteur nous accompagnera".

Norbert embrasse tendrement son père.

Norbert

"père, je suis très content de pouvoir vivre près de vous, j'ai l'impression de m'être engagé dans une autre vie".

Le docteur

"monsieur Norbert votre père a beaucoup souffert de la mort de son épouse, il n'a pas pu vous garder près de lui pour vous aimer comme il l'aurait voulu. Son cœur a beaucoup souffert, il est devenu fragile".

Norbert

" père le régisseur veut me faire visiter vos terres et vos fermes à cheval. Quand pensez-vous?".

Le comte

" mon garçon, ce château est maintenant le tiens, un jour tu seras le nouveau comte et maître de ce château. Tu dois te montrer partout dans ton domaine et sur tes terres, tu peux crier partout, je suis le fils de monsieur le comte. Fais toi aimer de tous les habitants du village".

Le docteur

" monsieur Norbert, n'oubliez pas que votre père a besoin de vous pour se rétablir".

Norbert

" père, je vous aime et je veux vous garder très longtemps près de moi".

Scène 31- ext-jour -

Devant l'écurie du château, un homme grand attend -

Le régisseur

"bonjour monsieur Norbert, maintenant je dois vous appeler monsieur car vous êtes l'héritier de ce château".

Norbert sert la main du régisseur. Le garçon d'écurie sort deux beaux chevaux, un blanc et un noir, ils sont scellés.

Le régisseur

"garçon, aidez monsieur Norbert à monter le cheval noir".

Norbert n'a pas besoin du garçon d'écurie, il enfourche rapidement le cheval qu'il parvient à maîtriser parfaitement.

Norbert

"comment il s'appelle ce cheval? "

Le garçon

" lui c'est "éclair", il est très fougueux, s'il ne vous aime pas il vous jettera à terre".

Norbert

" il va m'aimer, car il sent déjà que je suis son jeune maître. Hop hop, éclair, emmène moi me promener sur mes terres!".

Le régisseur

" monsieur Norbert, éclair vous a adopté. Les cavaliers qu'il n'aime pas il leur fait comprendre qu'ils doivent abandonner, sinon il les jette à terre".

Norbert est très à l'aise sur le cheval, il fait le tour du château et il revient à l'écurie.

Norbert

" monsieur le régisseur emmenez-moi visiter mon domaine".

Le régisseur engage son cheval dans une allée sur la gauche du château et Norbert le suit.

Scène 32 - ext-jour

Norbert et le régisseur s'engagent à cheval dans un chemin de terre. Ils entrent par la grande porte d'une ferme qui est entourée d'une haute muraille de pierre. C'est une ferme du dix neuvième siècle. La maison de la ferme est une grande longère en bonne état. Sur la gauche, un grand bâtiment, deux tracteurs, année 1950, une moissonneuse batteuse, des charrues en très bonnes état. Sur la droite, une grande étable et une écurie.

Le métayer sort de la longère et vient vers les deux cavaliers.

Le métayer s'adressant au régisseur.

"monsieur Jean, je vous attendais!".

Le métayer aide Norbert à descendre de cheval.

Le métayer

"soyez le bienvenu chez vous monsieur Norbert!".

Le métayer, Norbert et le régisseur entrent dans la longère. C'est une grande pièce de plus de soixante mètres carrè, meublée "années cinquante.

Le métayer

" monsieur Norbert, au village tous les habitants parlent de vous en ce moment. La cuisinière du château nous a informé officiellement que le comte avait un fils".

Le régisseur

" vous savez monsieur Norbert, tout le monde le savait que monsieur le comte avait un fils, personne n'osait en parler par respect pour monsieur le comte".

Norbert

" tous les habitants du village me déteste, pour eux je ne suis qu'un sale gamin de pauvre. Mon père buvait parce qu'il aimait ma mère qui ne voulait pas de lui. Maintenant il est mort. Personne au village n'est venu à son enterrement".

Le métayer

" monsieur Norbert, les habitants du village se sont montrés méchant envers ta famille, on disait des choses fausses sur ton père et ta mère, et tout le monde le croyait. Quand je te voyais venir voler une poule à la ferme, j'avais honte de moi, j'aurais du t'offrir des légumes pour nourrir tes frères et sœurs".

Norbert

"maintenant je suis le fils de monsieur le comte, j'ai peur pour mon avenir. Le docteur m'a dit que mon père était malade et que son cœur était fragile. Ma mère me déteste, et si mon vrai père venait à disparaître ma vie redeviendrait un enfer".

Le régisseur

" monsieur Norbert, vous êtes mineur, et si monsieur le comte venait à disparaître, votre mère serait responsable de vous jusqu'à votre majorité".

Norbert

" je ne veux pas que mon père disparaisse, je vais l'aimer très fort pour qu'il guérisse, et il guérira".

Le régisseur

"monsieur Norbert vous avez fait entrer la lumière dans le château, monsieur le comte renaît grâce à vous".

Le métayer dépose une bouteille de cidre sur la grande table et trois grands verres.

Le métayer

"nous allons boire à la santé de monsieur le comte et à son fils".

Scène 33 - ext-jour -

Norbert se promène seul à cheval dans la grande rue du village, il passe devant son école, il interpelle le maître d'école.

Norbert

"je suis le fils de monsieur le comte, monsieur le maître d'école, je vous déteste!".

Tous les enfants sortent des classes et se dirigent vers Norbert.

Les enfants disent

"comme tu es beau et bien habillé Norbert. Tu nous invitera à venir te voir au château?".

Norbert se dirige vers la place du village, les gens du village sortent de leurs maisons et des commerces.

Les gens disent

" regardez, c'est le fils de monsieur le comte!".

Norbert crie

" vous autres gens du village, je vous déteste, je vous maudis. Un jour dieu vous punira!".

Norbert s'engage dans toutes les rues du village pour se faire voir, il nargue les habitants.

Scène 34 - ext-jour -

Dans la cuisine du château, la cuisinière est occupée à faire le repas du midi. Norbert est assis à la table de la cuisine. La gouvernante entre dans la cuisine.

La gouvernante

"monsieur Norbert, des gens du village m'ont téléphoné pour me dire que vous êtes apparu à cheval sur la place, vous les avez agressés. Votre comportement n'est pas convenable!".

La cuisinière

" si votre père venait à savoir ce que vous avez fait, cela pourrait avoir des conséquences sur sa santé qui est si fragile".

Norbert

" les gens du village m'ont fait beaucoup de mal à moi et à ma famille, je devais leur faire savoir".

La gouvernante

"monsieur Norbert, si vous le voulez je peux vous aider à organiser vos journées, j'aimerais que ce genre de chose ne se reproduise plus. Vous devez penser à la santé fragile de votre père".

Norbert

"je devais faire ce que j'ai fait et je ne regrette rien. Si les gens du village venaient à me faire du mal, ils auront à faire à moi".

La gouvernante

"monsieur Norbert votre père va beaucoup mieux, il vous attendra à 15 heures avec le docteur devant l'entrée du château. il souhaite marcher un peu avec vous dans le parc".

La cuisinière

" monsieur Norbert, vous devez apprendre à pardonner".

Norbert donne un petit coup de poing sur la table.

Norbert

"je n'ai rien à pardonner à ceux qui m'ont fait du mal!".

La gouvernante

"monsieur Norbert, vous devez apprendre à vous faire aimer des gens du village, ce n'est pas en les menaçant que vous y parviendrez".

Norbert

"je pourrai peut-être leur pardonner un jour, mais il faudra qu'ils me regardent autrement".

La cuisinière

"ils vous aimeront si vous savez vous faire aimer d'eux monsieur Norbert".

Norbert déguste en silence le repas que lui a servi la cuisinière.

Scène 35 - ext-jour -

Dans sa chambre Norbert est allongé sur son lit, il rêve profondément. Il voit sa mère sur la place du village, elle est toute de noir vêtue, elle crie, les habitants du village apparaissent, eux aussi vêtus d'habits noirs.

La mère

" gens du village mon mari est mort, j'ai aimé monsieur le comte et nous avons eu un enfant. Mon Norbert est le fils du comte!".

Norbert apparaît dans son rêve chevauchant le cheval noir, il est tout de noir vêtu.

Norbert crie

"maman, tu as tué ton mari à ne pas vouloir l'aimer, mon vrai père ne voudra pas de toi dans son château!".

Sa mère lui jette des pierres et tente de le faire tomber de cheval. Les habitants du village lui jettent des pierres. Le curé du village intervient et tente de protéger la mère.

La gouvernante entre dans la chambre de Norbert. Elle crie.

" monsieur Norbert, réveillez-vous, votre père vous attend pour une promenade dans le parc".

Scène 36 - ext-jour

Le docteur et le comte attendent Norbert devant l'entrée principale du château.

Le docteur

"monsieur Norbert vous avez l'air triste!".

Norbert

"j'ai fais un très mauvais rêve, je ne peux pas le raconter".

Norbert embrasse son père, il lui prend la main. Le comte, Norbert et le docteur marchent lentement dans la grande allée qui se dresse derrière le château. Le ciel est bleu et les arbres sont en fleur.

Norbert

"père combien de jeudis après midi avons nous marché ensemble dans votre parc?"

Le comte

"mon garçon, chaque jeudi après midi représentait du bonheur pour moi et une très grande souffrance. Je voulais te prendre dans mes bras, je ne le pouvais pas et mon cœur se serrait violemment dans ma poitrine. La mort de la comtesse et cette grande frustration de ne pouvoir t'aimer, cela a ruiné ma santé".

Le docteur

" nos corps d'humain ne sont pas fait pour endurer ce genre de souffrance".

Le comte

" mon garçon, il a fallu que ton père, le mari de ta mère quitte ce monde pour que je puisse enfin obtenir le droit de t'aimer pleinement".

Le docteur

" monsieur le comte, la maladie de votre épouse à fait qu'elle n'a pas pu vous offrir un ou des enfants".

Norbert

"père, si madame la comtesse avait eu des enfants, moi je ne serais pas avec vous aujourd'hui".

Le docteur

"monsieur Norbert, vous savez la vie nous offre à chacun souvent un curieux destin, nous devons l'accepter sans chercher à comprendre".

Le comte

"la vie m'a offert un beau garçon comme toi Norbert, elle m'a fait un beau cadeau".

Norbert

"merci père!"

Scène 37 - ext-jour -

Dans sa chambre Norbert est brusquement réveillé, dehors le chien Bob hurle à la mort. Norbert se précipite dans la chambre de son père. Le curé est près du comte, il lui ferme les yeux. Le docteur se précipite vers Norbert, il le prend dans ses bras.

Le docteur

"ton père n'a pas souffert, je l'ai veillé toute la nuit et il vient de s'éteindre. Son cœur était si fragile".

Norbert embrasse une dernière fois son père et il quitte le château avec le chien Bob, le berger allemand.

La voix off - Norbert effondré par la mort de son père sent son corps plonger dans le néant.

Scène 38 - ext-jour -

Dans la forêt du château Norbert hurle à la mort comme un jeune loup, le chien l'accompagne. Il arrache son beau costume, il se barbouille le visage de terre. Le garde chasse intervient.

Le garde chasse

"Norbert, tu ne peux pas rester ici, va voir ta mère qui elle aussi a beaucoup de chagrin".

Norbert

"mon père m'a avoué que j'étais son fils, je commençais à me mettre dans la peau d'un jeune comte. Monsieur le garde chasse, ce n'est pas juste ce qui m'arrive!".

Le garde chasse

"mon pauvre garçon, te voilà de nouveau seul et face à ton destin. Tu vas devoir affronter la vie telle qu'elle se présente à toi, tu deviendras un homme et il te faudra accepter les épreuves qui se présenteront à toi".

Norbert

"je ne veux plus souffrir, je veux mourir!".

Le garde chasse

"tu es un beau jeune homme, tu dois poursuivre ton destin, la vie t'offrira encore de belles choses, tu connaîtras l'amour".

Le garde chasse prend Norbert dans ses bras pour le réconforter. Norbert pleure et le chien aboie.

Scène 39 - int-jour

Dans la maison, la mère de Norbert est vêtue de vêtements noirs. Elle pleure.

La mère

"mon mari est mort, ton père lui aussi s'en est allé s'en que je puisse le revoir".

Norbert

" le bon dieu semble t'avoir puni".

La mère

" il n'y a pas de bon dieu sur cette terre, il n'y a que le diable qui nous inflige de la souffrance".

Norbert

"maintenant nous sommes seul, nous n'avons plus personne à aimer".

La mère

"mon pauvre gamin, je suis incapable de pouvoir t'aimer car tu ressemble tellement à ton père. C'est ton père que j'aimais et pas toi".

Norbert

" à l'hôpital, j'ai embrasser ton mari, je lui ai pardonné sa méchanceté qui tu lui avais mis dans le corps".

La mère

"je ne pourrais jamais t'aimer Norbert, tu vas devoir partir chez ton oncle pour travailler pour payer ma dette"

Norbert

"et mon héritage?".

La mère

"quel héritage! Le comte a donné un testament au notaire, mais toi tu n'auras rien. Norbert tu es mineur, je suis responsable de toi jusqu'à ta majorité".

Norbert

"je préfère partir de cette barque que de rester avec toi!".

La mère

"c'est ça, fiche le camp, sale mioche!".

Norbert

"je ne pourrais pas me rendre à l'enterrement de père, j'ai trop de chagrin. J'irai me recueillir sur sa tombe".

La mère

" ne vas pas essayer de vivre au château car le frère de monsieur le comte ne voudra pas de toi. La cuisinière me l'a dit".

Norbert

" je suis le nouveau comte de Monchavet et partout où j'irai je dirai que l'on m'a volé le droit de vivre heureux avec mon vrai père. Je te déteste!".

La mère

"nous ne sommes que des bâtards de la noblesse, gamin n'oublie pas ça!".

Norbert prend une chaise, il la jette en direction de sa mère.

Norbert

"je ne suis pas un bâtard, je suis le nouveau comte de Monchavet et je le serai jusqu'à la fin de ma vie".

Norbert va dans sa chambre, il prend des vêtements, les mets dans un sac de voyage, il se rend dans la petite grange, il prend son vélo.


La voix off - Norbert contraint et forcé, s'engage dans une nouvelle vie.

- Scène 40 - ext-jour -

Devant la maison, Norbert met son sac de voyage sur le porte bagage, il enfourche sa bicyclette. Il passe devant la ferme du voisin, le chien Bob veut le suivre. Norbert s'arrête, il caresse le chien.

Norbert

"mon pauvre Bob, nous n'allons plus nous voir pendant un certain temps. je ne peux pas t'emmener avec moi".

Le chien aboie, lui lèche le visage, il s'en va.

En chemin, Norbert ne cesse de crier

"chienne de vie, me voilà redevenu un misérable gueux sans personne à aimer".

Il s'arrête devant un champ où un troupeau de vaches ruminent paisiblement.

Norbert

"les vaches vous êtes sur mon domaine, je suis le jeune comte de Monchavet, vous avez intérêt à me faire du bon lait sans quoi je viendrai vous corriger avec mon lance pierre".

Une gamine de douze ans sur une bicyclette, elle s'arrête près de Norbert, elle sourit.

La gamine

"tu parles aux vaches maintenant!".

Norbert

"je leur dit que je suis le nouveau patron du domaine de mon père".

La gamine

"monsieur le comte est mort et toi tu n'es rien dans ce village. Même ta mère elle ne veut plus de toi!".

Norbert

"un jour je reviendrai et tout ce qui appartenait à mon père sera à moi!".

La gamine ricane.

La gamine

"tu peux toujours attendre car maintenant le château il est au frère de monsieur le comte et toi tu n'auras rien".

Norbert se met en colère, il tente de gifler la gamine, elle se sauve.

La gamine

"tu n'es qu'un sale petit bâtard le Norbert!".

Norbert lui jette des pierres, il remonte sur sa bicyclette.

Il entre dans un tout petit village, il passe sur la petite place, il s'engage dans un grand chemin de terre, il arrive à la ferme. La ferme est petite, une pancarte indique "producteur de fraises et de framboises".

Scène 41 - ext-jour -

Norbert entre dans une petite ferme.

Norbert (crie)

" votre neveu est arrivé pour travailler dans votre saloperie de ferme comme esclave pour payer la dette de sa mère!".

Un homme grand vêtu comme un employé de ferme surgit derrière lui.

L'oncle

" te voilà toi, petit crétin. Entre dans la maison pour embrasser ta tante! ".

Norbert entre dans la maison de la ferme, c'est une maison qui date de 1850, c'est écrit sur le haut de la porte. Une petite femme aux cheveux châtains est occupée dans la petite cuisine qui est près de la salle à manger qui fait trente mètres carré.

La tante

"bonjour Norbert, j'ai appris que ton père monsieur le comte était décédé!".

Norbert embrasse sa tante.

Norbert

"mon père ne m'a pas laissé le temps de l'aimer et de profiter de son château, il venait de m'apprendre que j'étais son fils".

Son oncle entre dans la salle à manger.

L'oncle

"le comte était très malade et son cœur a lâché."

La tante

"ta mère, ma pauvre sœur doit avoir beaucoup de chagrin, elle n'a jamais revu le comte depuis que tu es né".

Norbert

"maman ne m'a jamais aimé, maintenant que mon père est mort, elle me déteste encore plus".

La tante

" ta mère t'aime beaucoup Norbert, autant qu'elle a aimé le comte, mais jamais elle n'osera te prendre dans ses bras".

L'oncle

"Norbert tu es venu ici pour travailler, tu dois me rembourser la dette de ta mère car elle me doit beaucoup d'argent. Tu passeras tes journées à biner les fraisiers, j'en ai cinq hectares. Tu te lèveras tous les matins à sept heures, à huit tu devras avoir la binette entre les mains et il te faudra biner jusqu'à cinq heures le soir. Tu reviendras ici pour le diner, de midi à une heure".

L'oncle le conduit dans une des trois chambres de la maison, la plus petite.

L'oncle

" il y a une douche dans la maison, tu devras te laver tous les soirs en revenant du travail. Dans ta maison vous ne deviez pas vous laver souvent car ça sentait toujours mauvais".

La tante

" ton neveu viens à peine d'arriver et déjà tu l'agresses!".

Norbert se met en colère.

Norbert

" mon oncle, je suis venu ici pour ne pas rester avec ma mère, je travaillerai ici le temps que je l'aurais décidé, je partirais si je suis mal traité".

L'oncle

" bon, bon ça va, je ne suis pas un monstre. Va te promener, va voir à la ferme des Morel qui est tout près d'ici, il y a une gentille gamine de ton âge, elle aime bien les blondinets comme toi".

Norbert marche en direction d'une ferme.


La voix off - Norbert rencontre son première amour. La ferme est à cinq cent mètres de celle de son oncle. Autour des petites fermes il y a quelques hectares de fraisiers et de framboisiers. La ferme des Morel est toute aussi petite que celle de son oncle.

Scène 42 - ext-jour -

Près d'une petite ferme, une gamine de quatorze ans, vêtue d'une robe rose et verte passe sur la route à bicyclette et s'arrête à dix mètres devant Norbert.

La gamine

"je suis Françoise la fille de la ferme des Morel. Je viens de l'épicerie de ta tante, et on m'a dit qu'un blondinet était arrivé chez son oncle".

Norbert

"oui, c'est bien moi le neveu. Je suis Norbert le fils du comte de Monchavet. Vous êtes bien mignonne mademoiselle Françoise!".

Françoise

" Vous aussi vous êtes mignon Norbert. Si vous êtes le fils du comte je peux vous appeler monsieur le comte".

Norbert

" non, je suis seulement Norbert et je suis ici pour travailler".

Françoise

" Norbert vous pouvez m'embrasser sur la joue, jamais le fils d'un comte ne m'a embrassé".

Norbert embrasse Françoise sur la joue.

Françoise

" je peux te tutoyer, tu sais on pourra se fréquenter si tu restes ici, tu seras le premier garçon que je pourrai embrasser sur la bouche".

Norbert

" tu peux me tutoyer, je n'ai jamais embrassé de fille sur la bouche, dans mon village les filles se moquaient de moi parce que je suis d'une famille très pauvre".

Françoise prend la main de Norbert, elle le conduit vers les parcelles de fraisiers de son père.

Françoise

" regarde Norbert, mon père possède plusieurs hectares de fraisiers. Bientôt elles seront mûres et il faudra les cueillir. Il faut les biner trois fois dans l'année, tu sais j'aide mon père à ce travail et c'est très dur".

Norbert

"c'est ce travail que je suis venu faire ici, car ma mère doit de l'argent à mon oncle".

Françoise

"mais le comte ton père est mort, c'était un homme riche. Si tu es son seul fils, tu dois hériter de sa fortune".

Norbert

" le comte a un frère, il m'a dit qu'il allait rencontrer le notaire pour lui remettre un testament. Je ne sais pas s'il a eu le temps de le faire".

Françoise

"Je viendrai te chercher samedi après midi, nous irons à la fête au village d'à côté et tu pourras m'embrasser sur la bouche".

Norbert embrasse Françoise sur la joue et il rentre à la ferme de son oncle.

Scène 43 - ext-jour -

Dans la cour de la ferme l'oncle regarde Norbert qui vient vers lui.

L'oncle

" tu as fait connaissance avec la gamine des Morel, elle n'est pas farouche et elle est très mignonne!".

Norbert

" elle m'a montré une parcelle de fraisiers de son père".

L'oncle

"tu vois ce qui t'attend comme travail, biner du matin au soir des rangs de fraisiers qui font plus de cent mètres de long. Tu commenceras à biner seulement quelques heures, sinon ton dos de jeunot ne le supporterait pas. Tu aideras un peu ta tante à l'épicerie du village et au bar".

Norbert

"ma mère te dois combien d'argent?".

L'oncle

"cela ne te regarde pas!. Ici tu travailleras et je te donnerai un peu d'argent de poche tous les samedis. Tu dois apprendre à devenir un homme. Nous dans notre monde on travail pour vivre. Ton père le comte, lui, il ne travaillait pas".

L'oncle donne à manger aux poules qui picorent dans la cour de la ferme.

L'oncle

" tous les matins et le soir tu donneras à manger aux poules, il y a des sacs de blé dans la grange". Norbert jette des poignées de blé aux poules.

La tante sort de la maison

" à la soupe les hommes!".

Dans la salle à manger Norbert, l'oncle et sa tante mangent la soupe en silence. Le repas terminé Norbert débarrasse la table, il fait la vaisselle dans la cuisine. L'oncle allume la télévision, il s'installe dans un grand fauteuil.

L'oncle

"Norbert quand tu auras fini la vaisselle, tu prendras une douche et tu iras te coucher car demain il y a du boulot!".

Norbert est à l'évier, il lave les assiettes et les couverts, il essuies, il range. Il va se doucher.

Scène 44 - ext-jour -

Norbert sort de la maison, son oncle l'attend assis sur son tracteur, il monte sur le tracteur. Le tracteur roule en direction d'une ferme, il tourne à gauche, il s'engage dans un chemin de terre où l'on voit une grande parcelle de fraisiers.

Norbert prend une binette dans la remorque du tracteur. Son oncle lui fait une démonstration de binage de fraisiers. Norbert s'exécute, il ôte les mauvaises herbes et tire la terre vers les pieds des fraisiers.

L'oncle

" c'est parfait, tu apprends vite. Tu bines jusqu'à dix heures puis tu iras au bar du village pour aider ta tante. Moi je vais biner sur d'autres parcelles de fraisiers".

Norbert bine les fraisiers, il s'arrête, il se passe les mains sur les reins, il grimasse.

Norbert

"quel sale boulot de merde qui me déchire les muscles de mon dos".

Un vieil homme trapu marche vers lui, c'est un homme d'un cinquantaine d'années.

Le père Morel

"alors gamin, c'est dur la culture!".

Norbert

" j'étais un peu au paradis au château de mon père, maintenant me voilà de nouveau en enfer".

Le père Morel

"j'ai bien connu le comte, c'était un brave homme. Tu n'as point de chance mon garçon. Ma fille a le béguin pour toi, mais il te faudra bien la respecter ma gamine!".

Norbert

"oui monsieur Morel".

Dix heures sonnent au clocher du village. Norbert quitte les rangs de fraisiers, il marche sur un long chemin de terre.

Scène 45 - ext-jour -

Au bar du village, une femme sert des clients. Cinq clients sont dans le bar, assis à de petites tables en bois, ils boivent du vin rouge.

La tante

" alors comment s'est passé cette première séance de binage?".

Norbert

"c'est pas un travail pour un gamin de quatorze ans".

Un client intervient

" moi j'ai commencé à douze ans à biner les fraisiers. Tu serais point une mauviette mon garçon?".

Un autre client

"ce gamin là, c'est le fils du comte de Monchavet, je l'ai vu dans son village, grimpé sur un cheval noir, il braillait et il engueulait les gens".

Un autre client

"ton pauvre père est mort et ça bavache dans ton village, on dit que ta mère s'intéresse à ton héritage, elle discute avec le frère du comte".

Un homme grand entre dans le bar, son physique est imposant.

Le maire

"laissez ce gamin tranquille, il souffre de la mort de son père".

Norbert derrière le comptoir lave les verres, il regarde sa tante qui tire des verres de bière.

La tante

"Norbert, tu vas te faire des amis ici, ce sont tous des gens qui travaillent la terre".

Norbert

"la terre ce n'est pas un travail pour moi, ma tante!".

Un client

"monsieur Norbert est le fils d'un châtelain, mais un petit bâtard de la noblesse est rarement admis dans ce milieu".

Norbert furieux regarde dans les yeux le client.

Le maire

"c'est vrais que des bâtards de la noblesse il y en a plein dans notre région. Les jeunes nobles et même les vieux savent bien engrosser leurs domestiques. Norbert il a eut la chance d'être reconnu par son père".

La tante

"ma mère est une bâtarde de la noblesse, ma sœur, la mère de Norbert est la fille du jeune baron de Tilly. Le père du jeune baron n'a pas voulu que son fils épouse ma mère. On a demandé au gardien du château d'épouser ma mère". Ma sœur a été aimé par mon père comme étant sa propre fille".

Un client

" ces gens là se croyaient tous permis, ils pratiquaient le droit de cuissage qui était un truc bien dégueulasse".

Norbert

"mon père était un homme bon, c'était un noble différent des autres".

Un client un peu éméché

"la révolution est passée par là, les nobles sont devenus moins dégueulasses, ils se sont adaptés par peur d'avoir la tête tranchée par une nouvelle révolution. Levons notre verre à la révolution, vive la révolution!".

Le bar s'emplit de clients.

- scène 46 - ext-jour -

Une jeune fille toute belle vêtue entre avec sa bicyclette dans la ferme.

Françoise crie

"Norbert amène toi, nous allons à la fête au bourg!" .

Norbert vêtu d'un beau costume sort de la maison, il embrasse Françoise sur la joue.

Norbert

"que tu es jolie Françoise!".

Françoise le regarde tendrement.

Norbert et Françoise sont à bicyclette sur une petite route, sur la gauche devant une maison une pancarte indique "grande fête au bourg à trois kilomètres". Ils pédalent sur un kilomètre, ils s'arrête et jettent leur vélo dans l'herbe sur le côté droit de la route. Françoise se précipite vers Norbert, elle le prend par la taille, l'embrasse sur la bouche.

Françoise

"Norbert, tu penses que c'est bien que nous nous embrassions sur la bouche?".

Norbert

"moi je pense que c'est bien et que nous avons l'âge pour nous embrasser sur la bouche".

Françoise

" nous allons devoir apprendre à nous embrasser comme les grandes personnes!".

Norbert et Françoise repartent à bicyclette, ils s'arrêtent tous les cinq cent mètres pour s'embrasser.

Scène 47 - ext-jour -

Norbert et Françoise entrent dans la fête du bourg, main dans la main, ils s'embrassent fréquemment. Sur cette petite fête, il y a un manège, un stand de tir, des balançoires et une baraque de confiserie.

Ils s'arrêtent devant le stand de tir.

Norbert

"je vais voir si je suis un bon tireur, avec mon lance pierre au village, je dégommais des ampoules électriques".

Le patron du stand

"vous voulez faire un carton, jeune homme?".

Norbert

"donnez-moi cinq balles et je vais en mettre une en plein dans le mille".

Norbert se concentre, il tire quatre balles qui se logent près du centre et la cinquième va doit au but.

Françoise

"tu es un champion, mon Norbert!".

Françoise l'embrasse. Le patron du stand lui offre une poupée qu'il offre à Françoise.

Norbert

"allons nous amuser sur le manège, il y a des beaux chevaux de bois qui montent et qui descendent".

Norbert et Françoise passent beaucoup de temps sur le manège, ils se jettent des confettis.

Françoise

"nous nous sommes bien amusés Norbert, nous allons rentrer doucement et nous discuterons en route".

Norbert et Françoise enfourchent leur bicyclette et s'engagent sur le chemin du retour.

Scène 48 ext-jour -

Norbert et Françoise sont allongés dans un champ de fleurs, ils s'embrassent.

Norbert

"demain nous irons au château de mon père, j'irai me recueillir sur sa tombe qui est dans le parc".

Françoise

"nous nous connaissons à peine et déjà j'ai l'impression que nous nous connaissons depuis toujours".

Norbert

"tu es mon premier amour, mais je dois te dire que je ne resterai pas à la ferme de mon oncle, je vais aller à la ville qui est tout près d'ici, je viendrai te voir souvent".

Françoise

"nous venons seulement de nous rencontrer et déjà tu veux t'en aller".

Norbert

"je dois savoir ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie, je dois apprendre un métier pour vivre".

Françoise

"va à la ville si tu veux mais ne m'oublie pas".

Scène 49 - ext-jour -

Norbert et Françoise se présentent à la grille du château avec leur bicyclette. Norbert fait des signes au gardien du château. Le gardien ouvre la grille.

Le gardien

" bonjour monsieur Norbert, monsieur le frère du comte ne veut pas que vous veniez au château. Il n'est pas là et exceptionnellement je vous laisse entrer pour que vous puissiez vous rendre sur la tombe de votre père".

Françoise et Norbert déposent leur bicyclette à la maison du gardien, ils marchent vers le château qui est devant eux.

Françoise

" qu'il est beau le château de ton père, c'est bien dommage que tu ne puisses pas y habiter. Tu sais, Norbert j'aurais bien aimer devenir la femme d'un comte comme toi".

Norbert

"tu sais Françoise, mon père m'a reconnu verbalement, mais je ne sais pas si c'est écrit sur des papiers chez le notaire. Le frère du comte doit avoir une grande part dans l'héritage".

Françoise

"pour moi maintenant, tu seras toujours le nouveau comte de Monchavet, tu seras mon prince et mon premier amour pour l'éternité".

Norbert et Françoise sont devant la tombe du comte et de la comtesse. Norbert s'agenouille devant la tombe, il pleure. Françoise le regarde, elle lui caresse tendrement ses cheveux.

Norbert

"je n'ai pas pu recevoir beaucoup d'affection de mon père, j'ai l'impression que je n'étais pas autorisé à vivre près de lui dans son château".

Norbert prend la main de Françoise, ils marchent lentement vers la forêt qui est devant eux. Ils s'arrêtent devant une cabane de bucheron.

Norbert

"Françoise, j'ai failli mourir dans cette cabane, je suis venu hurler comme un jeune loup ici, j'avais mal, je voulais que mon père me dise que j'étais son fils. Maintenant il s'en est allé rejoindre son épouse qu'il adorait et qu'il ne pouvait plus aimer normalement car elle était très malade".

Françoise

"moi aussi j'ai envie de hurler, je veux partager avec toi ta souffrance".

Norbert hurle comme un jeune loup, Françoise l'accompagne.

Scène 50 - ext-jour -

Sur la place du village Norbert et Françoise sont à bicyclette, ils passent devant le curé, ils s'arrêtent.

Le curé

"Norbert pourquoi n'est tu pas venu à l'enterrement de ton père? ".

Norbert

"je ne pouvais pas monsieur le curé, c'était trop dur pour moi".

Le curé

"ta mère est venue me voir, elle a parlé avec le frère de monsieur le comte, il lui a proposé beaucoup d'argent. Ta mère va aller vivre en suisse avec tes jeunes frères et sœurs, elle ne veut pas de toi. Je lui ai demandé si le comte avait laissé un testament pour toi, elle n'a rien voulu me dire".

Norbert

"ma mère ne veut pas m'aimer, elle me juge responsable de la mort de mon père. J'apprendrai à me débrouiller tout seul, j'ai seulement quatorze ans mais je me sens beaucoup plus vieux".

Le curé

"prend bien soin de toi Norbert, et que dieu te garde mon garçon, je ferai beaucoup de prières pour toi et ton père".

Norbert et Françoise marchent main dans la main dans la grande rue du village.

Norbert

"Françoise, tu es devant mon école où j'y ai passé huit années, jusqu'au certificat d'étude que je n'ai pas voulu passer pour embêter mon maître d'école qui me prenait pour un cancre".

Françoise

"moi, je l'ai eu mon certificat, je vais aller un peu plus loin dans les études pour devenir institutrice".

Scène 51 - ext-jour -

La voix off - Plusieurs semaines passent et profitant de l'absence de son oncle et de sa tante, le jeune Norbert décide de se rendre à la ville. Pour lui la terre ce n'est pas un métier qui lui convient. Il rêve d'aventure et de vivre dans une ville.


Norbert met son sac de voyage sur le porte bagage de son vélo, il pédale sur une petite route, un passant lui fait des signes de la main.

L'habitant

" Norbert où va tu de si bonne heure?".

Norbert accélère la vitesse de son vélo, il ne répond pas.

Sur la route il ne cesse de chanter

"le Norbert il s'en va à la ville car la terre ce n'est pas fait pour lui. Adieu mon amour, ma petite Françoise, je ne sais si je te reverrai ma petite princesse bien aimé".

La voix off - la ville se présente à Norbert qui semble un peu déçu. Il y était venu quelques fois mais à la fin des années cinquante les immeubles poussent comme des champignons et cela gâche la beauté de la petite ville.

Scène - 52 - ext-jour -

Dans une ville, Norbert descend de son vélo. Sur le trottoir un habitant s'arrête près de lui.

L'habitant

" Oh gamin, j'ai bien l'impression que tu viens chercher quelque chose dans cette ville?".

Norbert

"je viens chercher du boulot".

L'habitant

" eh bien va à la boulangerie Duparre au début de la grande rue qui va à la cathédrale. Il recherche un apprenti boulanger et un livreur de pain".

Norbert

"merci monsieur!".

Norbert entre dans une boulangerie. Une femme forte sert les clients et une jeune apprentie le regarde en souriant.

La patronne

"hé gamine, tu n'as rien d'autre à faire que de regarder les garçons de ton âge?".

L'apprentie baisse la tête et sert un client.

Norbert

"bonjour madame, je m'appelle Norbert, je sais que vous rechercher un apprenti boulanger ou un livreur de pain".

La patronne

"tu n'es pas fainéant au moins, car il nous vient que des bons à rien!".

L'apprentie se met à ricaner.

L'apprentie

"celui là madame il a l'air bien vaillant, et il est mignon en plus".

La patronne

"la gamine emmène ce garçon vaillant dans la chambre où il dormira. Montre lui où il va mettre son vélo!".

L'apprentie lui fait visiter son lieu de travail. La chambre est toute petite, c'est un local où des sacs de farine sont abandonnés. Il y a une paillasse parterre avec une couverture, puis une petite table avec une chaise.

L'apprentie

" mon pauvre Norbert, personne ne veut rester dans cette baraque car les patrons sont chiants et radins".

Norbert

" je viens d'arriver dans cette ville et je dois travailler pour vivre".

L'apprentie

" j'ai des copains dans cette ville, si tu veux changer de boulot ils t'aideront".

L'apprentie conduit Norbert au patron dans le fournil.

Le patron

"nous voilà un nouvel apprenti qui doit nous venir de la cambrousse".

Norbert

" je viens de la campagne".

Le patron

"ici tu devras travailler six jour sur sept. Lever à deux heures du matin pour aider au fournil, puis après direction les livraisons de pains et de croissants. T'as intérêt à avoir une bonnes mémoires pour les livraisons. Tu ne gagneras pas grand chose car tu es en apprentissage mon garçon".

Un apprenti boulanger

"et aussi les coups de pieds au cul sont gratuits!".

Le patron

"ta gueule toi petit con!. Donne un tablier au nouveau et met le au travail".

Norbert s'active à nettoyer et à ranger les ustensiles du pâtissier et des ouvriers boulanger, il lave dans un grand bac tout ce qu'on lui donne.

L'apprenti

" toi le nouveau, je sens bien que tu ne resteras pas bien longtemps ici, tu as un regard de quelqu'un qui n'aime pas être commandé".

L'apprentie de la boutique vient le voir.

L'apprentie

" il est midi et tu vas manger avec moi dans la cuisine des patrons. Demain c'est mardi et on ne travaille pas ici, tu viendras chez moi dans la cité qui est près d'ici et où j'habite, je te présenterai à mes potes, ce sont des petits blousons noirs".

Norbert

"c'est quoi des blousons noirs?"

L'apprentie

"t'es de la cambrousse toi, les blousons noirs sont des voyous à la ville. C'est ce que les gens disent d'eux en les voyants".

Scène 53 - ext-jour -

Norbert attend devant la boulangerie, son vélo à la main. L'apprentie arrive à bicyclette.

L'apprentie

"bonjour Norbert, je m'appelle Josiane Lepetit, tu vas me suivre, je t'emmène dans ma cité.

Josiane et Norbert roulent à bicyclette dans la ville.

Josiane

" regarde Norbert cette grande tour de quinze étages et ces quelques petits immeubles, ce sont des cages à poules pour nous parquer nous-autres les gens de la cambrousse. Moi aussi je viens de la campagne".

Norbert

"tu sais moi j'ai toujours habité dans un taudis à la campagne, ici pour moi cela me semble être plus confortable pour y vivre".

Josiane

" tu verras quand tu seras chez moi au huitième étage de la tour".

Scène 54 - ext-jour -

Norbert et Josiane entrent dans le local à vélo d'une tour HLM et déposent leur bicyclette. Ils empruntent l'ascenseur qui les déposent au huitième étage. L'appartement de Josiane est sur le côté droit du palier, elle ouvre la porte et entre en tirant Norbert par la main. Il est très intimidé. Une femme grande et brune, la quarantaine, se dirige vers eux.

Scène 55 - int-jour -

La voix off - Norbert découvre de nouveau l'amour avec la très jeune Josiane qui est très possessive.


Norbert et Josiane entre dans le salon de l'appartement, il est spacieux et bien meublé.

Josiane

"je te présente ma maman Pauline, tu peux lui faire la bise".

Norbert embrasse la maman.

Pauline

"il me semble que je vous ai vu à l'hôpital dans le baraquement des cancéreux du poumon, je suis infirmière. On ne peut pas oublier votre beau visage et vos beaux yeux bleus".

Josiane

"méfie-toi Norbert, ma maman aime les blondinets aux yeux bleus".

Josiane prend Norbert dans ses bras et l'embrasse fougueusement.

Josiane

" maman, Norbert est mon nouveau copain, il travaille à la boulangerie comme livreur de pains".

Pauline

"ton Norbert est le fils du comte de Monchavet, je discutais un peu avec le mari de sa mère à l'hôpital".

Josiane

"merde alors me voilà amoureuse d'un jeune comte!".

Norbert

"je me sens plus être un bâtard de la noblesse qu'un jeune comte".

Josiane

"tu as du sang de ton père qui coule dans tes veines, donc pour moi tu es toi aussi un comte".

Josiane prend la main de Norbert et lui fait visiter l'appartement, une salle à manger, et trois chambres. Elle lui montre sa chambre qui fait douze mètres carré.

Norbert

"elle est très mignonne ta chambre et bien meublée!".

Josiane

"ce sera aussi la tienne, mon fiancé est en Algérie, et toi tu deviens mon nouveau fiancé".

Norbert dévore des yeux Josiane qui est très jolie".

Norbert

" j'ai une petite amie à la campagne où habite mon oncle".

Josiane

" ici tu es à la ville, et ta petite amie, c'est moi!".

Josiane pousse Norbert sur son lit, elle l'embrasse fougueusement, elle lui caresse tendrement les cheveux. Norbert se laisse faire.

Josiane

" je sais que tu n'as jamais fait l'amour et je t'apprendrai".

Dans la salle à manger.

Pauline

"ma fille est très amoureuse de vous, méfiez-vous car elle change souvent de fiancé!".

Norbert est assis dans le grand canapé près de Josiane qui le dévore des yeux, il est très pensif.

Josiane

"oui mais Norbert est le seul qui me plaise vraiment".

Pauline

" je suis une fille mère et j'ai eu ma fille à quinze ans avec un beau militaire qui m'a quitté quand il a apprit que j'allais avoir un enfant".

Josiane

" moi je ne serai pas fille mère car les garçons avec qui je couche doivent se protéger".

Pauline

" vous voyez Norbert, ma fille n'a que quatorze ans et parle comme une grande personne".

Josiane, Pauline et Norbert éclatent de rire.

Josiane

" maman, j'emmène Norbert visiter la ville, nous serons seulement de retour ce soir pour le diner".

Pauline

"amusez-vous bien les enfants!

Scène 56 - ext-jour

La voix off - Le bonheur intervient dans la vie de Norbert, la jeune Françoise n'a été qu'une petite amourette. La belle Josiane est une femme enfant qui mord à vie à pleine dent. Norbert se laisse entrainer dans le tourbillon de sa nouvelle vie.


Dans la ville, Norbert et Josiane marchent main dans la main, ils sont ivres de bonheur. Tous les cinquante mètres ils s'embrassent fougueusement.

Dans un square, Josiane monte sur un banc.

Josiane

" gens de la ville, je vous présente le jeune comte de Monchavet mon fiancé, regardez comme il est beau!".

Les passants la regarde en souriant.

Une passante

"oui, il est très beau ton fiancé".

Scène - 57 - int-nuit -

Dans le fournil, Norbert se frotte les yeux. Le chef boulanger le regarde.

Le chef boulanger

" Norbert réveille toi, il y a du boulot, tu vas peser la pâte à pain".

Le chef boulanger lui montre comment peser la pâte pour en faire des baguettes de différente taille.

Le pâtissier

"Norbert quand tu auras fini de peser la pâte, tu m'aideras à faire de la pâte à tarte et pour faire les croissants.

Quatre personnes s'activent à faire du pain et de la pâtisserie dans un espace qui n'est pas très grand. Norbert ôte sa veste blanche.

Norbert

" il faut chaud là dedans!".

Le chef boulanger

" tu t'habitueras à la chaleur".

Le temps s'écoule dans le calme, le pain et la viennoiserie sont enfournés par le chef boulanger.

Le patron intervient

"salut les gars, je vois que vous avez bien travaillé!".

Le chef boulanger

"je suis très satisfait de Norbert, il fera un bon ouvrier boulanger, patron!".

Le patron

"le Norbert il est là pour faire des livraisons de pain le matin et pas pour être apprenti boulanger".

Norbert

"oui patron, c'est bien pour ça que vous m'avez embauché".

Le patron

"Norbert, tu vas aller à la cuisine pour prendre ton petit déjeuner et ensuite on chargera le fourgon pour partir livrer le pain et les croissants aux clients".

Norbert entre dans la cuisine, il y a un bol de café et des croissants sur une petite table. Norbert tente d'embrasser Josiane, elle le repousse.

Josiane

"Norbert, non pas dans le travail, nous nous aimerons à la maison".

La patronne voit la scène.

La patronne

"Norbert, je ne veux pas de ça chez moi, si je te revois c'est la porte mon garçon".

Norbert

"je suis désolé madame, je ne recommencerai pas".

Norbert et le patron charge le fourgon citroen des sacs de pains et de croissants. La voiture s'en va.

Scène 58 - ext-jour -

La voix off - Norbert semble être en grande difficulté dans ce nouveau travail.

Un fourgon citroen chargé de pains et de croissants s'arrête devant plusieurs maisons de la ville. Norbert en descend par la porte latérale, avec un sac à la main, il le dépose devant la porte d'une maison, il sonne.

Norbert

"c'est le livreur de pain!".

Il remonte dans le fourgon.

Le patron

"gamin, tu dois apprendre par cœur les quantités de pain et de croissants que tu dois livrer aux clients, tu dois te souvenir de leur noms et de la rue où on livre".

Les maisons se succèdent les une aux autres, Norbert, monte et descend du fourgon sous les cris du patron.

Le patron

"non gamin, ici c'est deux baguettes seulement!".

Norbert grogne, il donne des coups de pieds dans les roues du fourgon.

Norbert

"comment je vais faire moi pour me souvenir de toutes ces livraisons, il y en a qui ont un pain, d'autres plus, je n'ai pas une mémoire d'éléphant".

Le patron

" merde alors, me voilà encore avec un fainéant!".

Scène 59 - int-jour -

Dans la cuisine, Norbert est avec Josiane, il mange une assiette de viande et de légumes. Il donne un coup de poing sur la table.

Norbert

"c'est quoi encore cette nourriture dégueulasse, ce matin le café était infecte et les croissants dur comme du caillou".

Josiane

" la nourriture vient du restaurant à côté, le patron achète les restes avec du pain".

Norbert

"je ne vais pas faire de vieux os dans cette baraque!".

Josiane

"j'ai un copain qui vient ce soir à la maison, il travail sur un chantier comme aide maçon, son patron cherche de la main d'œuvre".

Norbert

" je vais aller le voir son patron pour qu'il m'embauche, car mon tôlier me gueule après toute la durée de la livraison".

Scène 60 - int-jour -

Dans la salle à manger, chez Josiane, un jeune homme d'environ dix huit ans est assis dans un fauteuil près de la fenêtre. Le jeune homme est vêtu d'un blouson noir, il est grand, il a les cheveux longs.

Le jeune homme

"tu es Norbert, moi je suis Francis l'ancien fiancé de Josiane".

Norbert

"tu es un blouson noir?".

Francis

"oui, j'en suis un vrai de vrai, j'ai failli aller en tôle pour vole de voitures".

Norbert

"Josiane m'a dit que ton patron cherchait de la main d'œuvre".

Francis

" je suis aide maçon dans son entreprise, on construit des pavillons à l'entrée de la ville, c'est un bon boulot, c'est peu payé mais c'est du boulot".

Norbert

"mon boulot de livreur de pain ne me convient pas, si je reste je devrai casser la gueule au patron pour lui faire comprendre qu'il me fait chier".

Francis

"ben ça alors, et tu n'as que quatorze ans toi. Tu fais plus vieux!".

Josiane

"Norbert est devenu un homme hier soir".

Tous les trois se mettent à éclater de rire.

Francis

"Norbert, je te présenterai à ma bande de loubards, c'est moi le chef".

Norbert

"dans mon village, les habitants disaient que j'étais un petit voyou, il m'arrivait de voler une poule de temps en temps dans les fermes, je volais un peu de légumes dans les jardins pour que mes frères et sœurs puissent manger quand ma mère n'avait plus de sous".

Josiane

"il n'y a pas de solidarité à la campagne, c'est du chacun pour soi, j'y ai vécu".

Francis

"il n'y a de solidarité nulle part dans ce monde, si tu ne veux pas crever, tu dois te battre".

Scène 61 - ext-jour -

Sur un chantier d'une maison en construction, Norbert se présente au patron dans une cabane en bois qui sert de bureau. Le patron est assis à son bureau.

Le patron

" tu es un camarade de Francis, je t'embauche, tu gagneras trois cent francs par mois et plus si tu fais des heures supplémentaires.

Norbert

"je n'ai jamais fait le travail de maçon".

Le patron

" ne t'inquiète pas, tu apprendras le métier avec les compagnons. Tu viens quand tu veux!".

Norbert

"je vais dire au patron de la boulange que son boulot de livreur de pain ne m'intéresse plus".

Le patron

" je connais le père Duparre, il exploite les apprentis et il les nourrit très mal. Ici, tu seras bien avec nous!"

Norbert

"à bientôt patron".

Norbert entre dans la maison qui est à moitié construite en pierre de taille.

Un maçon

"alors gamin, tu veux apprendre le métier!".

Norbert

"je vais essayer, monsieur".

Un autre maçon

" méfie toi du Francis, c'est un loubard".

le patron intervient.

Le patron

" le Francis est un bon ouvrier, ce qu'il fait en dehors du travail cela ne me regarde pas, c'est son affaire".

Scène 62 - int-jour -

Dans la boulangerie, Norbert est avec le patron. Francis est prêt à intervenir. 

Norbert 

"patron, je cesse de travailler chez vous, vous me devez trois jours de travail".

 Le patron 

" tu es un petit con et un fainéant incapable de faire un bon livreur de pains, tu vas me foutre le camp!".

Francis intervient et se met en colère.

Francis

"vous allez payer les trois jours que vous devez à Norbert, sinon!". 

Le patron 

"sinon quoi?".

La patronne intervient.

La patronne

"paye le gamin, je ne veux pas d'ennuis avec les loubards!".

Francis 

"les loubards n'aiment pas les exploiteurs d'ouvriers!".

La patronne donne trente francs à Norbert. 

La patronne

"c'est trop payé pour le travail que tu as fait en trois jours".

Francis passe dans la boutique, il prend deux pains sans les payer. 

Francis

 "ça c'est pour la nourriture dégueulasse que vous donner aux apprentis".

Un client 

"notre ville est infestée de voyous, de blousons noirs aux cheveux longs". 

Francis

 "nous autres on ne peut pas nous écraser, nous sommes la nouvelle jeunesse". 

Une cliente

 "elle est belle la nouvelle jeunesse!".

Josiane éclate de rire.

 La patronne 

"Josiane, vous voulez que je vous mette à la porte!". 

Josiane 

"non madame!".

Norbert

 "nous autres les jeunes, un jour on se révoltera contre les patrons qui nous exploitent".

Le patron se met en colère, il chasse Norbert et Francis de la boutique. 

Le patron

 " ça alors, les apprentis veulent se révolter maintenant!".

Beaucoup de personnes sont arrêtées devant la boutique.

Un curieux

"Oui, yen a marre des patrons qui exploitent les apprentis".

Les autres curieux crient ensemble la même chose.


La voix off - Les années passent, le jeune Norbert devient un grand et beau jeune homme, mais un blouson noir, un jeune voyou. Il s'enhardit, il prend la place de Francis le chef d'une bande de loubards, il va de patron en patron, changeant constamment de métier. Les samedis on le voit avec sa bande et la belle Josiane, il déclenche des bagarres dans les bals des villages, il lui arrive de participer à des vols de voitures.

Scène 63 - int-jour - dans le commissariat de la ville. Norbert à 19 ans "1965".

Dans un bureau du commissariat, Norbert attend devant le bureau du commissaire. Un agent de police fait signe à Norbert d'entrer dans le bureau. Norbert est devant le commissaire, un homme d'une cinquantaine d'années, les cheveux grisonnants.

Le commissaire

" assieds toi Norbert, je sais que tu es le fils du comte de Monchavet, j'ai habité dans ton village. Mon fils Henry a le même âge que toi, vous avez fréquenté la même école jusqu'à dix ans puis il est parti au collège dans cette ville.

Norbert

"je me souviens bien de votre fils, nous nous sommes souvent battu ensemble".

Le commissaire

" Norbert, je pourrai te faire arrêter pour te faire mettre en prison, ta fiancée Josiane sera présentée au juge pour mineur, elle est accusée d'avoir participer à des vols de voitures. Elle dit que tu n'as jamais participé à aucun vol.".

Norbert

"Josiane veut me protéger, vous savez très bien que je suis le chef d'une bande de loubards, la police nous a arrêté plusieurs fois dans les villages où je déclenchais des bagarres".

Le commissaire

"Norbert, ta mère t'a abandonné, maintenant elle vit en suisse, elle a confié tes frères et sœurs à des familles d'accueil. On l'a retrouvé ivre morte dans sa maison".

Norbert

"ma mère ne voulait pas m'aimer, je ne pouvais pas rester avec elle".

Le commissaire

"Je ne peux pas te confier au juge des mineurs, tu vas venir vivre chez moi avec mon fils quelque temps. Mon épouse est morte l'année dernière".

Norbert

" et si je refusais?".

Le commissaire

"tu n'as rien à me refuser, je te tend la main pour te mettre dans une bonne voie, tu ne peux pas me refuser cette main tendue".

Norbert

" pourquoi la vie est si dur avec moi, je ne trouve pas ma place dans la société, j'ai l'impression qu'elle me dit qu'elle ne veut pas de moi le petit bâtard que je suis".

Le commissaire

"tu as besoin qu'une personne comme moi te donne la main pour te guider dans la vie, tu n'as pas rencontré les bonnes personnes pour t'engager dans la vie".

Norbert

"donnez-moi votre adresse, je viendrai chez vous".

Le commissaire

"si tu viens habiter chez moi, je ne veux plus te voir habiller avec ces vêtements de voyous".

Norbert

"je ne les aurai plus, je vous le promet".


La voix off - Norbert sent bien qu'il doit s'engager dans une autre voie, ce commissaire de police qui avait été un grand ami de son père veut l'aider à pénétrer dans une autre vie, il ne peut pas le décevoir.

Scène 64 - int-jour -

Dans un beau pavillon à la sortie de la ville - dans le salon - Norbert et le fils du commissaire sont assis chacun dans un fauteuil en cuir noir. Norbert est bien vêtu.

Henry

" comme tu as changé Norbert, si je t'avais rencontré dans la rue jamais je ne t'aurais reconnu. Maintenant tu es grand et fort".

Norbert

"quand tu es entré au collège, tes parents sont venus habiter à la ville, je ne t'ai plus revu depuis".

Henry

"moi non plus je ne t'ai plus revu, mais j'entendais souvent parler de toi au village. De la mort de tes deux pères qui est survenue dans la même année, on en a beaucoup parlé".

Norbert

"j'ai eu deux pères, un qui aurait voulu m'aimer si ma mère ne l'avait pas rejeté et l'autre qui attendait le bon moment pour me prendre dans ses bras".

Henry

" moi mon père il m'a toujours beaucoup aimé, et crois moi que pour un enfant cela a beaucoup d'importance dans la vie".

Norbert

"c'est bien pour ça que je n'arrive pas à vivre normalement, je me sens profondément frustré de ce grand manque d'affection qui m'a tant manqué dans mon enfance".

Le commissaire entre dans le salon.

Le commissaire

"alors les jeunes on papote. J'ai un peu entendu votre conversation".

Henry

"Norbert est un écorché vif et sa souffrance il ne parvient pas à la maîtriser".

Le commissaire

"que ferions nous si nous étions à sa place?".

Norbert

"Henry ne cherche pas à te mettre à ma place, ton destin sera meilleur que le mien car tu es sur une belle voie que ton père t'a tracé avec son affection qu'il n'a pas oublié de t'offrir. Moi mon vrai père il m'a offert qu'un peu d'affection et la mort l'a emporté comme pour lui dire qu'il n'aurait pas du".

Le commissaire

"Norbert j'ai contacté ton oncle, le frère de ton père, il m'a dit que dans le testament laissé par ton père, lui il héritait du château et de tous les biens de son frère. Dans le testament, il est écrit que le frère du comte devait financièrement prendre bien soin de ta mère, de toi et de tes frères et sœurs. Il m'a donné un peu d'argent pour que je t'aide à démarrer une vie meilleure".

Henry

" on dit au village que le testament le notaire l'aurait trafiqué en faveur du frère du comte, la cuisinière et la gouvernante disent que Norbert devait hériter de la fortune de son père, le château devait lui revenir aussi.

Norbert

"le frère de mon père ne m'a jamais aimé et il m'a toujours regardé de travers".

Le commissaire

"Norbert, je contacterai un avocat, je lui demanderai qu'il fasse ordonner une enquête. Le notaire a déjà eu des petits problèmes avec la justice".

Norbert

" mon oncle tire les ficelles et il profite bien de mon héritage, à ma mère il lui donne des miettes alors que je devrais mener une belle vie au château".

Le commissaire

" Norbert, tu passeras des tests pour entrer dans un centre d'apprentissage pour adultes. Ton oncle a promis de t'aider financièrement si tu faisais des efforts pour apprendre un métier convenable".

Norbert

"comme je ne peux pas faire des études, je dois me résigner à devenir un bon travailleur manuel".

Scène 65 - ext-jour - Compiègne dans un centre d'apprentissage pour adultes -

La voix off - Norbert devenu adulte doit choisir ce que peut devenir sa vie, il choisit d'entrer dans un centre d'apprentissage pour adultes, il veut devenir électricien, mais la note des tests ne lui accorde que la possibilité de devenir plombier.


Un taxi s'arrête devant le centre d'apprentissage de Compiègne. On peut lire sur la façade de l'immeuble du centre qui héberge les stagiaires "Centre de formation professionnelle pour adultes". Le chauffeur dépose deux grandes valises devant l'entrée de l'immeuble.

Norbert se présente à l'accueil, une jeune femme vient vers lui.

La jeune femme

" je suis chargé d'accueillir les stagiaires, de quelle section êtes-vous?".

Norbert

" je suis de la section plomberie".

La jeune femme

" vous êtes le quinzième stagiaire, cela fait le compte, suivez moi je vous conduis à votre chambre".

La jeune femme présente la chambre à Norbert.

La jeune femme

" voilà votre chambre que vous devez partager avec un autre stagiaire, je vous laisse".

La pièce est petite, un lit de chaque côté, deux armoires et deux petites tables. Le stagiaire sert la main à Norbert -

Le stagiaire

" salut, j'ai dix neuf ans, je suis Enriqué Gomez, moi je viens de Montluçon".

Norbert

" moi je suis Norbert Legrand, j'ai dix neuf ans aussi, je viens de Mantes en seine et Oise".

Scène 66 - int-jour-

Dans le réfectoire du centre d'apprentissage, Norbert est accompagné de son nouvel ami Enriqué Gomez qui est aussi grand que lui.

Un homme petit d'une quarantaine d'années se présente à eux.

Le moniteur

"bonjour, je suis le moniteur de la section plomberie, je vous invite à faire connaissance avec les autres stagiaires" .

Norbert est son ami se joignent aux autres qui sont assis devant une grande table du réfectoire.

Le moniteur est au bout de la table

Le moniteur

"je vais vous appeler par votre prénom et vous vous lèverez de votre chaise pour vous présenter à vos camarades.

"Joseph" " je viens de Paris, j'ai quarante cinq ans".

"André" "j'ai vingt cinq ans je viens de Paris".

"Raymond" "j'ai trente ans et je viens de Bordeaux".

"Jean" j'ai vingt huit ans, je suis de Compiègne".

"Charles" j'ai vingt deux ans et je suis de Soissons".

"Norbert" "j'ai dix neuf ans et je viens de Mantes près de Paris".

"Julien" " j'ai vingt quatre en et je suis de Compiègne".

"Denis" " J'ai trente ans et je suis de Paris".

"Antoine" " j'ai trente ans et je suis de Chartres".

"Enriqué" "j'ai dix neuf ans et je suis de Montluçon".

"Armand" "j'ai trente huit ans et je suis de Soissons".

"Raoul" "j'ai vingt deux ans et je viens de Beauvais".

"Mohamed" "J'ai vingt ans et je viens de Paris".

"Gustave" "j'ai quarante ans et je viens de Compiègne".

"Sébastien" " J'ai vingt quatre ans et je viens de Rouen".

Le moniteur

" le stage commencera demain matin à huit heures à la section plomberie, nous aurons à passer six mois ensemble pour ce stage, j'espère que vous vous entendrez bien tous. je vous souhaite un bon stage".

Les stagiaires

"merci monsieur!".

Norbert et Enriqué sont au bar du centre d'apprentissage.

Norbert

" je t'offre une bière. Il y a beaucoup de stagiaire qui ne me plaisent pas, ils nous regardent bizarrement, quelque un sont âgés pour faire un stage".

Enriqué

" c'est la FPA , nous nous sommes des jeunes adultes et eux des vieux".

Scène 67 - int-jour -

Le moniteur et quinze stagiaires sont réunis dans le local de la section plomberie. Il y a quinze petites cabines.

Le moniteur

"voici l'espace où vous allez apprendre à devenir des plombiers pendant six mois. Regardez dans chaque cabine il y a l'épreuve finale des stagiaires qui ont pu obtenir le certificat d'aptitude à exercer ce métier. Il y en a qui n'ont pas réussi".

Norbert découvre dans sa cabine qui est près du bureau du moniteur, un lavabo, une douche, un bidet et un chauffe eau qui sont raccordés de tube de cuivre et de plomb.

Norbert

"monsieur, ce stagiaire a t-il obtenu son diplôme?".

Le moniteur

" celui là a été classé deuxième de l'épreuve".

Joseph

"moi je suis un vieux stagiaire et j'espère pouvoir faire aussi bien".

Le moniteur

" si vous regardez bien ce que je vais vous enseigner, vous devez réussir à obtenir le diplôme".

Enriqué

"monsieur, vous pensez qu'en six mois on peut devenir un bon plombier?".

Le moniteur

" certainement vous y parviendrez, mais seulement si ce métier vous plait".

Jean

"si ce métier ne me plait pas, j'aurais perdu six mois".

Tous les stagiaires éclate de rire.

La voix off - Norbert s'applique à faire ce stage de plomberie pour faire plaisir au commissaire qui veut l'aider à trouver une place dans la société, il termine à la onzième place. Ce métier ne lui plait pas, il voulait devenir électricien. Le diplôme en main Norbert choisi de s'installer à Paris pour devenir un très bon plombier.

Scène 68 - ext-jour -

A Paris, rue Parmentier dans une chambre de bonne. Norbert est allongé sur un petit lit. La chambre qui est petite et mansardée, il y a une vieille armoire, une petite table avec une chaise, un évier avec un petit chauffe eau à gaz, une petite cuisinière à gaz et un petit frigidaire. Un chat noir lui tient compagnie.

Norbert

"me voilà maintenant à Paris, le chat, je vais devoir me trouver du boulot. Toi, je dois te nourrir et tu ne vas pas travailler, fainéant".

Le chat le regarde dans les yeux, il miaule, Norbert lui offre un bol de lait.

Norbert

"le chat, je dois te quitter pour aller chercher du boulot".

Norbert descend rapidement les quatre étages, l'immeuble n'est pas très moderne mais propre. Norbert croise la concierge qui balaye les escaliers.

La concierge

"t'es nouveau toi, je ne t'ai encore jamais vu!".

Norbert

" je suis plombier et je viens de m'installer dans la chambre de bonne".

La concierge

"tu es un très beau garçon, tu plairas probablement à ma fille qui doit avoir le même âge que toi".

Norbert

" je passerai vous voir ce soir, pour l'instant le plombier va chercher du boulot".

La concierge

"va voir le plombier au 42 de l'avenue Parmentier, il cherche un dépanneur plombier"

Scène 69 - ext-jour

Norbert marche dans l'avenue Parmentier et s'arrête au 42, il entre dans une petite boutique de plomberie. Une jeune femme est assise à un bureau lisant un magasine.

La jeune femme

" c'est pour quoi monsieur?"

Norbert

" je suis plombier et je cherche du travail".

La jeune femme

" mon mari a besoin d'un dépanneur plombier, je vous embauche pour trois francs de l'heure, venez demain à huit heures avec votre sac de plombier".

Norbert

"je sors d'un stage à Compiègne et je n'ai pas d'outils".

La jeune femme

" mon mari vous prêtera un sac à outil, il vous faudra en acheter, vous toucherez une prime d'outillage chaque fin de mois".

Norbert

"merci madame et à demain matin huit heures".

Norbert marche dans l'avenue Parmentier, il s'arrête à toutes les vitrines des magasins. Il entre dans la rue Parmentier, entre dans une épicerie pour acheter son repas du soir, il repars avec un sac de provisions. Il entre dans son immeuble, la fille de la concierge l'attend. Elle est petite et jolie, blonde aux yeux bleus.

La fille

"ma mère m'a dit qu'il y avait un beau garçon dans la chambre de bonne. Toi, tu es plus que beau".

Norbert

" toi tu me plait bien aussi!".

La fille pousse Norbert dans la conciergerie. Elle l'embrasse sur la joue.

La fille

"je pense que tu n'as pas de petite amie ici à Paris?".

Norbert

"non, je n'ai plus de petite amie depuis plus de six mois, je pense que toi tu vas devenir ma nouvelle petite amie".

La fille

"tu sais, tu n'es pas le premier garçon qui me plait, j'ai dix huit ans et j'ai déjà fait l'amour".

Norbert

" je me doute bien qu'une jolie fille comme toi ne peux pas rester sans un petit ami. Moi j'ai fréquenté une belle Josiane dans la ville où j'habitais avant".

La fille

" je m'appelle Elodie".

Norbert

"moi c'est Norbert!".

Elodie

" ma mère va arriver, je viendrai te voir dans ta chambre après le souper".

Scène 70 - int-jour -

Dans la chambre, Norbert discute avec le chat.

Norbert

" le chat, je vais te présenter une belle demoiselle, elle s'appelle Elodie, c'est la fille de la concierge".

Le chat miaule et Norbert le caresse. Norbert se fait cuir des pâtes et un bifteck.

Norbert

"le chat, le Norbert a besoin de force pour demain, car il va devenir plombier pour gagner des sous".

Elodie frappe à sa porte, Norbert ouvre. Elodie se jette dans ses bras, elle l'embrasse fougueusement.

Norbert la déshabille très lentement, il la couvre de caresses, ils se couchent sur le lit et se font l'amour. Repus de caresses et d'amour, ils s'assoient dans le petit lit.

Norbert

"cela fait longtemps que je n'avais pas fait l'amour".

Elodie

" moi aussi, Toi tu es trop beau et je ne pouvais pas attendre".

Norbert

" tu sais, tu ne devras pas t'attacher à moi, je ne sais pas ce que je vais faire à Paris ni combien de temps je vais y rester".

Elodie

"tu sais, nous sommes maintenant des amis et nous ferons l'amour autant de fois que nous en aurons envie. Quand tu voudras partir, tu partiras et moi je me retrouverai un autre garçon".

Scène 71 - int-jour

Norbert discute dans la boutique du plombier avec un homme jeune, de taille moyenne, vingt cinq ans.

Le patron

"ma femme t'a engagé pour faire du dépannage, je t'ai préparé un sac en cuir avec des outils nécessaires pour le dépannage, je te donne un petit sac avec des joints et des clapets pour réparer les robinets, tu feras de la réparation de robinets chez mes clients qui sont dans le quartier.

Norbert

"je n'ai pas de permis de conduire".

Le patron

"tu prendras le vélo pour les petits dépannages, quand tu feras des petits chantiers, je t'y conduirais en voiture, tu pourras aussi prendre le métro car Paris, c'est grand".

La patronne

" je te donne la liste des clients à visiter, ceux qui ne sont pas là laissent la clé chez la concierge, je te donne un plan du onzième arrondissement".

Norbert marche dans les rues du onzième arrondissement, il va de client en client.

La voix off - Norbert fait connaissance avec son nouveau métier qu'il semble aimer. Pour lui la grande ville de Paris est à découvrir et il doit s'y faire beaucoup d'amis

Scène 72 - int-jour -

Norbert s'engage dans l'escalier de son immeuble, un jeune homme de plus de vingt cinq ans l'interpelle.

Le jeune homme

" je m'appelle Émile, je suis métreur, j'habite au deuxième étage, porte droite, je vis avec ma mère Rose. Elodie m'a parlé de toi. Je t'invite à prendre l'apéritif".

Norbert

"oui je veux bien, je monte dans ma chambre et je viens chez toi Émile".

Norbert dépose ses affaires dans sa chambre, il caresse et donne du lait à son chat qui ronronne.

Norbert

" le chat j'ai passé une bonne journée, tu sais, les clients m'ont donné des pourboires".

Le chat se dresse sur ses pattes de derrière, il fait un gros miaou.

Norbert

"toi aussi, tu es content car Elodie a du venir jouer avec toi".

Norbert change de vêtements et se rend à l'appartement d'Émile.

Scène 73 - int-jour -

Norbert se présente à la porte d'un appartement. Il sonne. La porte s'ouvre.

Une femme pas très grande, la cinquantaine, sort de l'appartement.

La femme

"Je suis Rose, la maman d'Émile, veuillez entrer Norbert".

Norbert aperçoit Émile dans le salon, il le rejoint. L'appartement est confortable, meublé style années cinquante.

Émile

"ta première journée de plombier c'est bien passé?".

Norbert

" je suis content de cette journée, les clients sont sympa et généreux".

Émile

" Je travaille un peu pour ton patron, monsieur André qui a besoin de mes services de métreur".

Rose intervient.

Rose

" Elodie m'a parlé de vous, elle m'a dit que vous lui aviez parlé de votre jeune passé. Elle fréquente l'université pour devenir prof de lettres. Je suis prof et je fréquente le milieu des étudiants".

Norbert

" Elodie ne m'a pas dit qu'elle faisait des études pour devenir prof".

Émile

" Elodie fait partie de notre cercle d'amis, des étudiants de tous bord viennent chez nous, il y a des anarchistes, des royalistes, des révolutionnaires".

Rose

" vous aussi Norbert, vous allez devenir membre de notre cercle, vous êtes en quelque sorte "docteur en plomberie".

Ils éclatent de rire. Émile ouvre une bouteille de champagne. Sa mère sort des verres du buffet et les met sur la table. Emile emplit les verres.

Rose

"Servez-vous, nous allons boire à l'amitié et à la fraternité".

Émile

" Norbert nous te présenterons des amis royalistes, Elodie m'a dit que tu étais le fils d'un comte".

Norbert

"je suis le fils du comte de Monchavet, mon vrai père est décédé l'année de mes quatorze ans, tout comme le mari de ma mère".

Émile

"moi mon père est mort à la fin de la guerre".

Rose

"mon fils et moi, nous sommes heureux et entouré de plein d'amis qui nous aiment".

Norbert

"levons nos verres à l'amitié".

Norbert va s'assoir dans le canapé, son visage devient pale.

Rose

"ce n'est rien Norbert, vous ne devez pas avoir l'habitude de boire du champagne".

Norbert

"je bois très peu d'alcool et je n'ai jamais bu de champagne".

Émile

" dans notre cercle d'amis, nous buvons, nous fumons et nous aimons faire la fête".

Norbert prend congé de ses nouveaux amis.

Scène 74 - int-jour -

Dans sa chambre Norbert parle au chat.

Norbert

"tu sais le chat, je me suis fait de nouveau amis et ce ne sont pas des loubards avec des blousons noirs. Mes nouveaux amis ne volent pas de voitures, je vais téléphoner au commissaire pour lui dire que je m'engage dans une bonne voie".

Elodie frappe à sa porte, elle entre. Elle regarde Norbert.

Elodie

" tu es pale!".

Norbert

"j'ai bu seulement deux verres de champagne, et hop!".

Elodie

" tu a fais la connaissance d'Émile et de sa mère. Ce sont aussi mes amis, mais je fais attention avec eux, ils fréquentent des anarchistes et des révolutionnaires. Quand ils commencent à boire et à fumer des trucs bizarres, je m'en vais".

Norbert

" Elodie, j'ai besoin de me lier à une famille, la maman d'Émile pourrait être ma mère, j'ai besoin de l'affection d'une mère".

Elodie prend Norbert dans ses bras, elle l'embrasse tendrement et lui caresse les cheveux.

Elodie

"mais moi, je pourrai devenir une mère pour toi".

Norbert

"non, avec toi je fais l'amour et on ne fait pas l'amour avec sa mère".

Elodie

"tu as raison, je ne pourrai pas être ta mère".

Norbert

"je m'engage dans une nouvelle vie, je veux t'aimer pleinement, je veux une maman qui me caresse les cheveux et qui m'embrasse sur le front, je veux tout ça Elodie".

Elodie

" tu auras tout ça car tu le mérites, tu es fais pour vivre dans le bonheur".

Elodie pousse Norbert sur le petit lit, elle le sert fortement dans ses bras".

Elodie

"tu veux de l'amour, ton Elodie va t'en offrir jusqu'à l'épuisement".


La voix off - Norbert voulait de l'amour et l'affection d'une maman, à Paris il trouve ce qu'il cherche. Les semaines passent et les mois, il se met à boire et à fumer, il participe à des réunions d'anarchistes et de royalistes, il devient l'idole de bandes de jeunes étudiants, ils l'appellent Norbert le bâtard de la noblesse, Norbert l'écorché vif qui en veut à la terre entière car le paradis de son père le comte de Monchavet lui a échappé.

Scène 75 - int-jour -

Dans une chambre d'hôpital, Norbert est seul allongé dans un lit et dans un état semi comateux.

Elodie entre dans la chambre avec un bouquet de fleur et des friandises, elle tente de l'embrasser, Norbert ne réagit pas.

Elodie

"Norbert, c'est moi ton amour, regarde moi, embrasse moi".

Elodie le secoue fortement, le gifle, elle crie.

Une infirmière pénètre dans la chambre.

L'infirmière

"le pauvre garçon, il a abusé d'alcool et probablement de drogue. Nous le soignons et il lui faudra un peu de temps pour s'en remettre".

Dans la tête de Norbert des flashs défilent, des images du château de son père, ses grands moments d'amour avec Elodie et Josiane. Tout se mélange dans sa tête.


Ma voix off - Norbert s'est gavé d'amour et d'amitié qu'il n'a pas su gérer. Son passé d'enfant privé d'affection brise tout espoir de vivre une vie équilibrée. Son esprit n'est plus à Paris, il veut encore plus d'amour. Dans sa chambre d'hôpital il voit des images de la mer, des bateaux, le soleil. Il se voit dans le château de son père vivant avec une belle princesse, elle a les cheveux noire, elle est jolie et semble venir d'une autre planète. A sa sortie de l'hôpital, Norbert prend ses affaires dans sa chambre de bonne, il prend de l'argent à la caisse d'épargne.

Scène 76 - int-jour -

A la gare de Lyon sur le quai de la gare, Norbert marche, le train en partance vers San Remo est près de lui, il a un grand sac de voyage à la main, il monte dans le train. Dans un compartiment il est seul, une jeune femme entre et s'installe devant lui.

Norbert

"bonjour mademoiselle, vous partez en voyage?".

La jeune femme

"je vais voir ma mère à Nice".

Norbert

"il y a la mer à Nice et la ville doit être jolie?.

La jeune femme

" Nice est une très belle ville, de Nice à la frontière italienne il y a trente kilomètres et de belles petites villes. J'aime aller à Monaco et à Menton la ville des citrons".

Norbert

"racontez-moi la ville des citrons!".

La jeune femme

"Menton est une petite ville près de la frontière, j'aime beaucoup cette ville et elle me fait rêver".

Norbert

" c'est dans cette ville que j'ai vais m'arrêter, j'ai pris un billet pour San Remo".

La jeune femme

"il y a la fête des citrons en ce moment et la ville est magnifique, vous verrez".

Norbert

"je pense que dans cette ville, je rencontrai une belle princesse, je la vois dans mes rêves".

La jeune femme

" je vous trouve très bizarre comme garçon, vous avez un regard de drogué".

Norbert

"j'ai fais un petit séjour à l'hôpital à Paris, je fréquentais de jeunes étudiants et nous faisions souvent la fête".

La jeune femme

"votre regard est très étrange, vous avez l'air d'un garçon très tourmenté, mais je vous trouve très beau".

Norbert

" vous savez je n'ai pas encore vingt ans et j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs vies".

La jeune femme

"vous êtes un garçon que l'on a envie de prendre dans ses bras pour l'embrasser et le protéger".

La jeune femme s'assoit près de Norbert, elle tente de lui caresser les cheveux. Norbert lui enlève sa main.

Norbert

"non, ne faites pas ça, je viens de quitter Paris et mon Elodie que j'aimais, elle est encore dans mon cœur".

La jeune femme

"excusez-moi, je vais à Nice chez ma mère car je sors d'un chagrin d'amour, je pensais pouvoir me consoler avec vous, je lis dans vos yeux que vous avez besoin d'affection".

Norbert

" je suis un garçon malade et paumé, je suis très fortement attiré pas la mer et le soleil, je n'ai jamais vu la mer".

La jeune femme

"j'aimerais tellement vous prendre dans mes bras pour vous couvrir d'affection, mais votre vie semble être ailleurs".

Norbert

"cette ville de Menton sera peut-être la fin de ma ou le commencement d'une autre belle histoire d'amour".

La jeune femme

"cette ville est magique et j'espère que vous rencontrerez votre princesse".

Norbert s'endort la tête sur les épaules de la jeune femme, elle lui a prit la main et elle le dévore des yeux.

La jeune femme murmure

"pauvre garçon, j'aurai tant aimé le garder avec moi".

Le train arrive en gare de Nice. La jeune femme réveille Norbert.

La jeune femme

"C'est ici que je descends Norbert".

La jeune femme l'embrasse sur la joue.

Norbert

"c'est encore loin Menton?".

La jeune femme

" trente kilomètres. Bonne chance!".

La jeune femme descend du train avec sa valise à la main, Norbert la regarde s'éloigner et lui fait un signe de la main. La jeune femme lui envoie des baisers avec sa main qu'elle embrasse et dirige vers lui.

Le train s'éloigne et les paysages défilent, le ciel est bleu et le soleil brille, la mer apparait. Norbert ouvre la vitre de la fenêtre, il pousse un crie de joie. Le train entre en gare de Menton.

Le haut parleur annonce

"Menton dernier arrêt en France"

Scène 77 - ext-jour -

Norbert marche dans la grande allée devant le casino, il admire les parterres et les décors qui sont couverts de citrons et d'oranges. Il y a beaucoup de monde qui marche dans cette grande allée. Norbert s'assoie sur un banc pour contempler la beauté de cette ville. Il sert sur ses genoux son grand sac de voyage, il s'endort.

Des flashs lui parcourent la tête. Il est dans le château de son père, la silhouette d'une belle jeune femme brune lui apparaît, il tente de s'approcher d'elle, mais soudain la porte de la chambre de son père s'ouvre, il est sur son lit, il est mort. Norbert crie. Une vieille dame est assise près de lui.

La vieille dame

"vous vous êtes endormi, je veillais sur vous jeune homme, vous avez du rêver car je vous entendais marmonner quelques mots".

Norbert

"je me suis endormi, le voyage de Paris à ici m'a fatigué".

La vieille dame

"vous venez vous reposer ici dans notre belle ville?".

Norbert

"je pense, je sors de l'hôpital et j'ai rêvé que je devais venir voir la mer".

La vielle dame

"vous verrez ici les beaux jeunes hommes comme vous peuvent rencontrer de belles jeunes filles. je vous souhaite un bon séjour"".

La dame s'en va. Norbert se marche vers la mer qu'il voit derrière le casino.

Scène 78 - ext-jour -

Devant la mer, Norbert lève ses mains vers le ciel, il ôte ses chaussures et chaussettes, il marche dans l'eau qui fait des petites vagues. Une gamine de douze ans s'approche de lui.

La gamine

" t'as jamais vu la mer toi, on dirais un fada qui l'a découvre".

Norbert

"c'est ça, je découvre la mer, c'est grandiose".

La gamine

"j'aimerai bien que tu deviennes mon fiancé, tu es très beau, tu es très blond aux yeux bleus, ici les garçons sont presque tous brun".

Norbert

"j'aimerai bien t'avoir comme fiancé, mais tu es trop jeune pour moi".

La gamine

"les garçons qui me plaisent sont toujours trop vieux pour moi".

La gamine jette de l'eau avec ses mains sur Norbert et elle s'en va.

Norbert marche sur la plage, il va, il vient, il voit le soleil se coucher dans la mer. Il s'assoit sur la plage avec son sac de voyage sur les genoux, il s'endort. Un officier de police le secoue.

Le policier

"eh, jeune homme, vous avez du vous endormir, il est sept heures du matin".

Norbert ne peut pas se lever, il ne peut pas parler. Le policier va chercher un autre policier qui l'attend dans une voiture sur le bord de la route.

Un policier téléphone

"allo l'hôpital, envoyez nous une ambulance, nous avons un jeune homme en difficulté sur la place, ce doit être un drogué".

L'ambulance arrive et emporte Norbert à l'hôpital.

Scène 79 - int-jour -

A l'hôpital, Norbert est allongé sur un lit dans une chambre, il est seul. Un infirmier entre dans la chambre.

L'infirmier

" Bonjour, Norbert, vous voilà réveillé, un policier vous a retrouvé inanimé sur la plage. Voilà deux jours que vous êtes dans un léger coma".

"Norbert

" je me souviens m'être promené sur la plage un certain temps, puis après plus rien".

L'infirmier

" Nous avons trouvé des adresses dans votre veste. Il y a l'adresse d'un commissaire de police, un docteur l'a contacté pour savoir qui vous étiez".

Norbert

" je pense qu'il a dit au docteur que je m'étais mis à boire et à me droguer à Paris".

L'infirmier

" vous n'êtes pas un grand drogué car les drogués consomment régulièrement de la drogue et ils se piquent".

Norbert

" je ne me suis jamais piqué, je snifais de temps en temps un peu de poudre blanche que mes amis me donnaient quand j'avais trop bu. Ils me disaient que cela remettait l'esprit en place qu'en on avait un peu trop bu".

L'infirmier

" on a retrouvé des cachets pour dormir dans votre poche, des cachets très fort. Vous n'aviez pas l'intention de vous suicider".

Norbert

" je ne sais pas, je me suis enfui de Paris, j'y était heureux avec mon Elodie, mais mon ami Emile m'a embarqué dans ses réunions d'étudiants anarchistes, royalistes et révolutionnaires, je n'ai pas su refuser leur amitié".

L'infirmier

" vous avez écris votre vie sur des cahiers d'écoliers, j'ai pu voir qu'elle était très mouvementée".

Norbert

" tous les soirs j'écris un peu l'histoire de ma vie".

Le docteur pénètre dans la chambre.

Le docteur

" bonjour, jeune homme, vous nous avez fait peur, nous vous avons fait un petit lavage d'estomac, car nous avons pensé qu'il s'agissait d'une tentative de suicide".

Norbert

"je ne pense pas que j'ai voulu me suicider".

Le docteur

"c'est écrit dans les dernières pages de l'histoire de votre vie. Vous dites que vous quittez Paris, vous aviez promis au commissaire de police de devenir un homme équilibré, vous avez échoué, et il ne vous restait plus peut être qu'à en finir avec la vie".

Norbert

"je n'ai pas encore écris que je partais voir la mer dans l'espoir de recommencer une autre vie".

Le docteur

" je ne vais pas pouvoir vous laisser partir, je vais vous confier à l'hôpital psychiatrique de Nice.

Norbert

"il vont faire quoi pour moi dans cet hôpital?".

Le docteur

"il vont vous soigner".

Le docteur s'en va. Une jeune aide soignante apporte un plateau repas, elle pousse une table qui s'engage dans le lit.

L'aide soignante

"Je t'ai entendu parler et crier, tu appelais une Elodie".

Norbert

"le docteur m'a dit que je devais aller à l'hôpital psychiatrique de Nice".

L'aide soignante

"ils te soigneront bien là-bas!"

Norbert

" quand je sortirai de l'hôpital je reviendrai à Menton".

L'aide soignante

"j'espère que je te reverrai, tu es un beau garçon!".


La voix off - Norbert ne sait pas ce qui l'attend dans cet hôpital psychiatrique. Il y passe deux mois, mais il en ressort avec sa belle princesse. Tonia, fille du prince russe Alexandre Anatolièvna Antipova.

Scène 80 - int-jour -

A l'hôpital psychiatrique, Norbert est conduit par un infirmier dans un grand dortoir, il y plus d'une dizaine de lits, ce dortoir est lugubre, il y a des barreaux aux fenêtres. Un infirmier lui montre le lit où il doit s'installer.

L'infirmier

" met toi là à côté de cet enseignant drogué!".

Vêtu d'un pyjama bleu de l'hôpital, Norbert s'assoit sur le lit. Son voisin le regarde.

François

" Je m'appelle François Rambert, et toi?".

Norbert

" moi c'est Norbert Legrand".

François

" je suis prof de français, et j'ai échoué ici, j'ai trop abusé de drogues diverses et ma pauvre tête n'a pas supporté".

Norbert fouille dans son sac de voyage, il en sort un cahier d'écolier, il tire la table à roulette qui sert aux malades pour manger, il commence à écrire".

Norbert

"je dois mettre mon cahier à jour".

François

"tu écris quoi sur ce cahier?

Norbert

" l'histoire de ma vie".

Un infirmier s'arrête devant Norbert.

L'infirmier

" Norbert tu vas venir avec moi, un psychiatre veut discuter avec toi".

Scène 81 - int-jour -

Dans le bureau du psychiatre. Le psychiatre est debout devant son bureau.

Le psychiatre

"tu t'appelles Norbert Legrand, j'ai des renseignements sur toi, je sais que tu es un drogué qui nous vient de Paris. L'hôpital de Menton pense que tu avais l'intention de te suicider".

Norbert

"j'avais des comprimés sur moi, mais je ne me souviens pas avoir eu vraiment l'intention de me suicider".

Le psychiatre

" Avant de venir à Paris, tu as été un voyou, tu es devenu un agitateur d'étudiants. Ici je vais t'apprendre à respecter ta vie".

Norbert

"mais je vais bien maintenant". Deux infirmiers qui attendaient à la porte du bureau se précipitent sur Norbert.

Le psychiatre

"mettez-moi ça sous calmant!".

Norbert s'agite, il frappe l'un des infirmiers, l'autre lui plante l'aiguille d'une piqure dans le bras.

Le psychiatre

"en cellule avec camisole de force!".

Scène 82 - int-jour -

Deux infirmiers trainent Norbert dans un couloir, il entre dans une cellule d'isolement. Les infirmiers le couchent, ils l'attachent avec des lanières sur le torse et les deux jambes.

Un infirmier

" cela t'apprendra à vouloir frapper un infirmier".

Norbert commence un peu à s'endormir".

Norbert

"pourquoi vous m'avez attaché?".

Un infirmier

" tu es un drogué, et le docteur n'aime pas les jeunes drogués".

Norbert s'endort profondément.

Au petit matin une infirmière pénètre dans la cellule. Norbert est réveillé.

L'infirmière

"mon pauvre garçon, tu n'aurais pas du t'agiter hier dans le bureau du psychiatre".

Norbert

"détachez moi s'il vous plait".

L'infirmière

"je viens pour te détacher, mais si tu ne veux pas revenir ici tu devras être très calme avec les infirmiers".

L'infirmière lui ôte les liens.

L'infirmière

"que fais ici un beau garçon comme toi?".

Un infirmier lui apporte à manger.

L'infirmier

"maintenant tu manges et après tu iras à ton lit dans le dortoir.

Scène 83 - int-jour -

Dans le dortoir, Norbert retrouve son voisin de lit -

François

"tu as eu le droit à la cellule d'isolement. Il me l'on fait à moi aussi".

Norbert

"je n'aurais pas du m'agiter dans le bureau du docteur".

François

" j'ai lu tes cahiers d'écoliers où tu racontes l'histoire de ta vie. Tu es si jeune et on dirait que tu as vécu plusieurs vies".

Norbert

"moi aussi j'ai cette impression, parfois je me sens vieux".

François

"ici, tu es dans une prison et tu ne peux pas savoir quand le docteur va se décider à te laisser sortir".

Norbert

"je ne sais pas pourquoi je suis ici".

François

"ne t'inquiète pas, j'ai un protecteur qui vient me voir tous les jeudis après midi avec sa fille Tonia. C'est le prince russe Alexandre Anatolièvna Antipova".

Norbert

"tu connais un prince?".

François

"c'est un authentique prince russe, il a été colonel dans l'armée rouge. Il est président d'une association qui aide les drogués et les paumés".

Norbert

"tu penses qu'il va pouvoir m'aider à sortir d'ici".

François

" quand sa fille Tonia te verras, je pense bien qu'il t'aidera".

Norbert

" si cet Alexandre est prince, sa fille doit être une princesse!".

François

"oh que oui c'est une princesse, elle est d'une beauté à tomber parterre. Ses yeux sont légèrement bridés, elle est magnifique".

Norbert s'allonge sur son lit, il ferme les yeux.


La voix off - Norbert avait rêvé à Menton qu'il rencontrerait une princesse en venant au bord de la mer - son rêve allait-il se concrétiser ici dans ce sordide hôpital où on y soignait des drogués et des paumés comme lui?.


Des flashs parcours l'esprit de Norbert, il est dans le château de son père dans la grande pièce des réceptions, une belle jeune fille brune vêtu d'un longue robe blanche se dirige vers lui, il ne peut distinguer les traits de son visage, la jeune fille apparaît et disparait.

Norbert crie

"reviens que je vois ton visage".

François

"tu as rêvé, je pense que tu dois rêver à la princesse qui tu rencontreras. Tonia est celle que tu recherches, Norbert".

Norbert

"si cette Tonia est celle que je recherche, elle me regardera et elle s'arrêtera devant moi".

François

"tu le sauras demain car elle vient avec son père pour me voir".

Scène 84- int-jour -

Dans le dortoir, Norbert est assis sur son lit, il écrit sur un cahier d'écolier. Son voisin s'approche de lui.

François

"regarde Norbert qui vient vers nous".

Un homme de grande taille, brun les yeux très légèrement bridés, de type un peu mongole se dirige vers François en souriant. Une belle jeune fille d'à peine vingt ans le suit, elle est vêtue d'une robe rose exotique, elle est grande, ses yeux sont noirs comme ses cheveux. Elle s'approche du lit de Norbert, elle s'arrête devant lui. Norbert et Tonia se regardent intensément comme attirés l'un vers l'autre. Tonia l'abandonne pour aller embrasser son ami François.

Alexandre ne le regarde pas. Alexandre et Tonia embrassent François. Norbert s'en va, Tonia le regarde partir.

Scène 85 - int-jour -

La voix off - dans cet hôpital les hommes peuvent discuter avec les femmes, leur dortoir est à côté. Norbert y rencontre Jill une journaliste américaine qui a elle aussi des problèmes avec la drogue. Cette femme devient une grande amie de Norbert.


Une jeune femme blonde attend Norbert devant le dortoir des femmes. Norbert l'embrasse sur la joue.

Jill

"tu vas bien aujourd'hui Norbert?".

Norbert

"je me sens comme sur un nuage, je viens de rencontrer la fille d'un prince".

Jill

" je le connais le prince Alexandre, tu sais que je suis une journaliste américaine, j'ai fais un reportage sur sa vie".

Norbert

"Jill, tu penses que ce prince va s'intéresser à moi, le pauvre petit paumé que je suis devenu?".

Jill

" certainement, il s'occupe des drogués et des paumés. Pourquoi tu ne vas pas le voir pour lui demander qu'il t'aide?".

Norbert

"c'est encore trop tôt pour ça. Je préfère encore attendre".

Une jeune femme prend la main de Jill, elle l'engage dans le dortoir des femmes. Norbert revient vers le dortoir des hommes, il se cache derrière un mur.

Une infirmière crie

"les visites sont terminées".

Norbert caché derrière le mur regarde s'en aller Tonia et son père.

Scène 86 - int-jour -

Dans son dortoir, Norbert retrouve François.

François

"pourquoi es-tu parti?. Tonia m'a demandé qui était ce beau garçon".

Norbert

"le regard de cette fille m'a paralysé et intimidé. Je suis parti voir mon amie Jill".

François

"Tonia m'a posé plein de questions sur toi, je lui ai donné à lire tes cahiers. Elle est resté tout le temps de la visite à lire, puis elle m'a dit qu'elle voulait te connaître".

Norbert

"tu penses que son père voudra bien m'aider à sortir d'ici?".

François

" je pense que oui, j'ai discuté avec Alexandre, je lui ai dit que tu étais le fils d'un comte et que ton père était mort. Il m'a dit, si ce garçon plait à Tonia elle fera tout pour que je l'aide".

Norbert

"ils habitent où ces gens-là?".

François

"dans une grande villa sur la route qui mène à Sospel".

Norbert s'allonge sur son lit, il s'endort. De nouveaux flashs parcourent l'esprit de Norbert, il est de nouveau dans le château de son père dans la grande salle des réunions, une jeune femme aux cheveux noirs et aux yeux bridés apparaît au milieu de la salle, elle s'avance lentement vers Norbert, elle lui tend les bras.

Norbert crie

"c'est bien elle".

François

"c'est qui, c'est bien elle?".

Norbert

"c'est Tonia, la fille d'Alexandre, elle était dans le château de mon père, elle me tendait les bras".

François

"j'ai bien vu comme elle te regardait, moi aucune femme ne m'a jamais regardé comme ça".

Norbert

"tu as été marié et ta femme ne te regardait pas dans les yeux".

François

"si mais pas comme Tonia te regardait".

Scène 87 - int-jour -

Dans le dortoir, Norbert et François sont assis dans leur lit.

Tonia vient vers eux, elle est vêtue d'une belle robe bleu clair. Elle se précipite vers le lit de Norbert, elle sourit.

Tonia

"pourquoi êtes vous parti jeudi dernier, j'aurai bien voulu discuter avec vous pour vous connaître?".

Norbert

"votre beau regard m'a intimidé, il m'a paralysé et j'ai eu peur de vous, je suis parti".

Tonia se penche sur Norbert, elle l'embrasse sur les deux joues. Alexandre regarde sa fille.

Alexandre

"Tonia n'a pas cessé de parlé de vous toute la semaine, elle a lu vos cahiers d'écoliers, des larmes lui coulaient sur le visage".

François

"ce Norbert est un garçon hors du commun, on l'aime tout de suite et on veut l'aider".

Alexandre prend la main de Norbert.

Alexandre

"je m'occupe de garçons comme vous, ma fille m'a demandé de vous accueillir à la maison, la semaine prochaine je viendrai avec mon épouse Antoinette qui désirent elle aussi vous connaître".

Tonia ne cesse de dévorer des yeux Norbert, elle lui prend la main.

Tonia

"Norbert, je veux que vous veniez à la maison, je n'ai pas de frère et j'aimerai que l'on devienne de bon ami".

Alexandre

"ma fille vous a adopté, vous ne pouvez pas refuser son invitation car elle serait très malheureuse".

Norbert

"j'accepte son invitation".

Tonia est folle de joie, elle prend Norbert dans ses bras, elle l'embrasse sur la joue.

François

"comme tu en as de la chance!".

Norbert

"je devais échouer dans cet hôpital pour pouvoir m'engager dans cette nouvelle vie".

Tonia

" tu seras heureux à la villa avec papa et maman, tu sais maman Toinette aurait aimer avoir un garçon comme toi, elle est normande elle aussi".

Alexandre

"un garçon, cela nous manque à la maison. Mais nous aimons beaucoup Tonia, c'est une gentille fille et facile à vivre".

Une infirmière crie

"la visite est terminée! -

Tonia

"nous allons venir avec maman, jeudi prochain".

Tonia et son père embrassent Norbert et François. Norbert et François les regardent partir, ils se dirigent vers la grande fenêtre qui a de gros barreaux noirs, ils aperçoivent Tonia et Alexandre qui se dirigent vers la sortie de l'hôpital.

Scène 88 - int-jour -

Les malades rangent les cadeaux. Norbert regarde une photo que lui a laissé Tonia.

François

"comme elle est jolie Tonia, tu lui plais beaucoup et cela m'étonnerait qu'elle veuille de toi comme frère, de la façon qu'elle te regarde".

Norbert

"j'ai aimé une Josiane et une Elodie, mais cette Tonia, elle est exceptionnelle et c'est une vraie princesse".

François

"c'est une belle princesse qui n'a jamais eu d'amoureux. Son père veille sur elle. Deux ou trois gardes du corps la suivent dans ses déplacements".

Norbert

" pourquoi a t'elle besoin de garde du corps?"

François

"Alexandre est un homme très protégé, il fait des affaires avec la maffia".

Norbert s'en va vers le dortoir des femmes.

Scène 89 - int-jour -

Près du dortoir des femmes, Norbert aperçoit Jill. Il lui fait signe de venir. Jill vient vers Norbert et elle l'embrasse.

Jill

" tu as vu Tonia et son père?".

Norbert

" je suis très surpris du comportement de Tonia, elle est venue m'embrasser comme si nous nous connaissions depuis toujours".

Jill

"tu es un garçon très attachant, tes beaux yeux bleus attirent le regard des filles et l'on a envie de t'embrasser".

Norbert

"j'ai fréquenté trois filles, une Françoise, une Josiane et une Elodie, nous nous sommes plus tout de suite".

Jill

"moi aussi tu me plais beaucoup, mais tu ne sembles pas t'intéresser à moi".

Norbert

"si tu me plait, mais mon esprit est orienté vers une femme exceptionnelle que je dois rencontrer".

Jill

"tu l'as rencontré et ne la laisse pas t'échapper. Cette fille n'a jamais eu de garçon dans sa vie. Elle voit en toi son prince charmant".

Norbert

"j'ai peur de la nouvelle vie qui se présente à moi".

Jill

"n'est pas peur, tu ne peux pas échapper à ton destin".

Norbert

" je ne suis qu'un paumé".

Jill

"nous sommes tous un peu paumé un moment dans notre vie. Va vivre chez Alexandre, sa femme et sa fille sont adorables, elles te couvriront d'affection que tu as besoin".

Norbert

"je ne connais pas ces gens".

Jill

" Alexandre fréquente des personnes de la maffia, mais c'est un homme honnête, il le fait pour se protéger lui et sa famille. Tonia t'expliqueras qui est son père".

Un infirmière vient vers Norbert.

L'infirmière

"Norbert allez à votre lit, un infirmier va venir vous apporter vos médicaments".

Norbert embrasse Jill et s'en va.

Scène 90 - int-jour -

Dans le dortoir, deux infirmiers donnent des médicaments aux malades. Norbert avale ses médicaments, il boit un verre d'eau et tire la langue. Il s'allonge sur son lit, il s'endort et rêve. Il voit sa mère dans une belle maison au bord d'un lac, elle le nargue, elle a un verre à la main.

Sa mère

" regarde comme je profite bien de ton héritage et avec l'argent de monsieur le comte, ton père".

Des flashs se mélangent dans sa tête. Il voit son père sur son lit de mort et sa mère qui tente de l'approcher, le docteur l'en empêche. Elle crie et disparaît. Il se voit dans le champ de fraisiers de son oncle, son premier amour Françoise vient vers lui, elle pleure et elle disparaît. Josiane et Elodie apparaissent dans le dortoir, Tonia apparaît devant elles. Josiane et Elodie frappent Norbert.

Norbert crie

" non, non je vous aime, ne me faites pas de mal!".

François

"tu passes beaucoup de temps à rêver en plein jour, tu marmonnes, tu gesticules. Moi je ne rêve plus depuis longtemps".

Norbert

"depuis que je suis enfant je fais des rêves horribles, et je rêve fréquemment à des choses qui arrivent".

Scène - 91 - int-jour -

Dans le bureau du psychiatre, Norbert est devant le psychiatre qui est assis à son bureau.

Le docteur

"Norbert, asseyez-vous, je vous ai convoqué pour vous dire que vous allez bientôt sortir. Monsieur Alexandre m'a dit qu'il vous invitait chez lui pour vous aider. Ce monsieur s'occupe de drogués et de paumés comme vous. Son épouse va venir vous voir, elle nous dira si vous pouvez quitter notre établissement".

Norbert

"merci docteur".

Le docteur

"ne me remercier pas, je n'aime pas les jeunes comme vous qui gâchent leur vie, vous êtes jeune et beau, vous avez tout pour réussir dans la vie, et vous gâcher tout".

Norbert

"je ne parviens pas à gérer ma vie, elle m'échappe s'en cesse".

Le docteur

"eh bien apprenez mon garçon, sinon vous allez beaucoup souffrir".

Scène 92 - int-jour -

Dans le dortoir, Norbert est devant la grande fenêtre, il regarde dehors, il pense. Il marche dans le dortoir. Il s'allonge sur son lit, il ferme les yeux.

Une main se pose sur sa tête, il ouvre les yeux. Il voit une belle femme d'une cinquantaine d'années, elle est blonde au yeux bleus, elle est belle.

François

"réveille toi Norbert, c'est la maman de Tonia!".

Il se laisse embrasser.

La maman de Tonia

" vous êtes Norbert, ma fille ne fait que parler de vous. Vous êtes un très beau garçon!".

Norbert

"votre fille et votre mari ne sont pas avec vous?".

La maman de Tonia

"appelle moi Toinette. Je suis venue seule, j'ai rendez-vous avec le docteur pour lui dire si nous pouvons t'inviter à la maison".

Norbert

" Vous avez décidé quoi?".

Toinette

" maintenant que je te vois, je peux te dire que tu peux venir habiter avec nous".

Norbert tend ses bras vers Toinette, il l'embrasse".

Norbert

"vous êtes la maman que j'aurais aimer avoir, vous savez!".

Toinette

"toi, tu es le fils que j'aurais bien aimer avoir".

François regarde Norbert et Toinette, il sourit.

François

"Norbert a trouvé une maman pour l'aimer. Comme c'est curieux, vous ne vous connaissez que depuis cinq minutes et on dirait que c'est depuis très longtemps".

Toinette

" ma fille ne cesse de me parler de ce Norbert, elle me dit qu'il pourrait devenir un frère pour elle, mais je lis dans ses yeux que ce garçon est son premier amour".

Norbert

"j'aime votre fille".

Toinette

"ma fille n'est plus la même depuis quelques jours, elle est très agitée. En vous voyant, je comprend bien pourquoi".

Norbert

"je pense que vais êtes très heureux chez vous ".

Toinette

"nous ferons tout pour te rendre heureux mon garçon. Je vais te laisser pour aller dire au docteur que tu vas venir vivre avec nous, nous viendrons te chercher s'il te laisse partir".

Toinette embrasse Norbert et s'en va...

François

" tu as vraiment de la chance toi, j'aimerais tellement que ma vie soit comme la tienne, tu vas d'aventure en aventure. Moi il ne se passe pas grand chose dans ma vie".

Norbert

"tu sais j'ai été très malheureux dans mon enfance, j'ai seulement connu quelques moments de bonheur en rencontrant trois filles que j'ai beaucoup aimé. Ma vie me fait peur, j'ai souvent envie de fermer les yeux et de ne plus me réveiller".

François

" chez Tonia, tes yeux, tu devras les garder bien ouvert, car cette fille elle va t'aimer de toutes ses forces".

Norbert

" j'espère que ma vie va se stabiliser, et que je pourrai la gérer plus facilement".

François

"tu y parviendras".

Norbert

' je vais m'allonger, j'aime bien voir défiler dans ma tête des flashs qui m'annoncent souvent mon avenir".

Norbert s'allonge et s'endort.

Norbert voit une magnifique villa perchée sur une petite colline dans la montagne près de la mer. Il voit des terrasses où sont plantés des oliviers et d'autres des citronniers et des orangers sauvages. Devant la villa, une jolie jeune fille brune. Alexandre et son épouse sortent de la maison, ils disparaissent et réapparaissent plusieurs fois.

Le château de son père apparaît, son père est dans la grande allée, il le voit avec Tonia qui donne la main à son père, sa mère apparaît derrière. Norbert apparaît dans le décors de rêve, il donne la main à sa mère qui tente de le prendre dans ses bras. Les flash disparaissent. Toinette la maman de Tonia apparaît seul dans la grande allée, Norbert apparaît et il l'a prend dans ses bras pour l'embrasser.


La voix off - un nouveau et grand moment de bonheur attend Norbert - il voulait une maman pour l'aimer. Toinette et Alexandre vont l'aimer comme étant leur enfant. Il va s'enivrer d'affection et d'amour.

Le psychiatre vient vers Norbert.

Le psychiatre

" Norbert, j'ai décidé de te laisser partir, tu iras vivre chez monsieur Alexandre. Il viendra te chercher demain. Je te souhaite bonne chance".

Norbert regarde le docteur, il semble très pensif et ailleurs.

Scène 93 - int-jour -

Dans le dortoir, Norbert range ses affaires dans son sac de voyage. Il embrasse François.

François

"nous allons bientôt nous revoir, je donne des cours de littérature à Tonia de temps en temps".

Norbert se dirige vers le dortoir des femmes où l'attend Jill. Jill l'embrasse.

Jill

"nous allons bientôt nous revoir, je viendrai chez Alexandre ".

Un taxi attend devant l'entrée de l'hôpital, un homme très blond, de type allemand en descend. Il sert la main à Norbert, il prend son sac et le met dans le coffre.

L'homme

"je suis Otto, l'un des gardes du corps de monsieur Alexandre, il m'a chargé de vous accompagner jusqu'à la villa.

Scène 94 - ext-jour -

Un taxi roule sur une route au bord de la mer. Dans le taxi Norbert et Otto discutent.

Otto

"mademoiselle Tonia m'a beaucoup parler de vous, je la connais depuis qu'elle est toute petite".

Norbert

"vous êtes chargé de protéger Alexandre?".

Otto

"oui, je protège monsieur Alexandre et sa famille et je travaille un peu dans la propriété".

Norbert

"pourquoi monsieur Alexandre a t-il besoin d'être protégé?"

Otto

"il habite ici depuis le depuis le début des années cinquante, il a déserté à Berlin à la fin de la guerre. Il était colonel dans l'armée rouge. Staline l'a longtemps fait rechercher pour le faire revenir en union Soviétique".

Norbert

"Jill une amie à l'hôpital m'a un peu parlé de lui".

Otto

" Monsieur Alexandre a du se faire protéger par la mafia, maintenant il a une grosse dette envers elle, il s'occupe des affaires honnêtes d'un parrain de la mafia, il habite à Turin".

Norbert

"je ne sais pas ce que je vais faire à la villa"

Otto

"vous trouverez bien à vous occuper. Tonia fait des études de droits, des professeurs viennent à la villa, mais il lui reste du temps de libre, elle pourra s'occuper de vous".

Norbert

" à Paris j'étais plombier dépanneur".

Otto

"monsieur Alexandre vous proposera probablement de faire des études pour devenir avocat d'affaire, comme sa fille. Il ne vous laissera pas aller travailler dans une entreprise. S'il vous accepte à vivre chez lui, il vous fera protéger dans vos déplacements".

Norbert

"chauffeur pouvez vous vous arrêter".

Otto et Norbert descendent de la voiture. Norbert contemple le paysage, le soleil brille et la mer est très bleue.

Otto

"ici, vous verrez, c'est très beau partout de Nice à Menton et à l'intérieur des terres où nous allons à l'est de Sospel, un peu en retrait de la ville".

Le taxi entre dans Monaco et MonteCarlo, les arrêts sont fréquents. Le taxi traverse Menton et roule vers le nord de la ville en direction de Sospel.

Scène 95 - ext-jour -

Un taxi s'engage dans un chemin de terre, Norbert voit des terrasses avec des oliviers, des citronniers et des orangers sauvages.

Norbert

"c'est curieux, j'ai reçu des flashs de ces terrasses".

Otto

"il m'arrive moi aussi d'avoir des flashs, je vois des choses que je n'ai jamais vu et elles existent vraiment car je les rencontre".

Le taxi s'arrête devant la villa, c'est une grande maison du pays, elle est entourée d'arbres de la région et de terrasses, grandes et petites.

Tonia se précipite pour ouvrir la porte du taxi, Otto et Norbert descendent. Otto paye le chauffeur du taxi. Tonia embrasse Norbert".

Tonia

"soi le bienvenue à la maison. Mes parents seront là pour le souper".

Tonia entraine Norbert dans la maison qui est de plein pied, il y a plus d'une dizaine de chambres, trois salles de bains, un grand salon, une salle à manger et une grande cuisine, très moderne, une grande salle de sport, deux garages. L'intérieur de la maison est meublée en meubles très bourgeois et d'époque.

Tonia entre dans une chambre.

Tonia

"ici ce sera ta chambre, elle est petite et très confortable, il y a un beau bureau où tu pourras continuer à écrire l'histoire ta vie, je t'aiderai, car maintenant tu es aussi dans ma vie".

Norbert dépose son sac de voyage sur une petite table moderne. Tonia lui prend la main et lui donne un baiser sur la joue. Elle l'entraine vers sa chambre. La chambre est un peu plus grande que celle de Norbert, très confortable et bien meublée en meubles d'époques et de style bourgeois.

Scène - 96 - int-jour -

Norbert et Tonia sont assis dans la cuisine, buvant un verre d'orangina.

Tonia

"tu vois, Norbert, ici je suis heureuse avec mes parents, des professeurs viennent souvent m'aider à étudier le droit, mais je m'ennuie souvent, mes parents s'absentent fréquemment pour leurs affaires. Maman rend visite à des amis à elle, papa lui il va souvent en Italie pour ses affaires".

Norbert

"maintenant je suis chez toi, nous allons être souvent ensemble, on pourra se promener, aller au cinéma et voir la mer à Menton".

Tonia

"on sera toujours accompagné par Otto ou d'autres gardes du corps. Mon père a peur que je me fasse enlever parce qu'il travail avec un parrain de la mafia, il gère ses affaires".

Norbert

"on pourra bien s'amuser, même avec des gardes du corps pour nous protéger".

Scène 97 - ext-jour -

Norbert et Tonia main dans la main se promènent sur les terrasses, ils s'embrassent sur la joue.

Tonia

"je n'ai jamais embrassé de garçon, tu peux m'embrasser sur la bouche".

Norbert est timide, il est distant, Tonia le tire vers elle et l'embrasse fougueusement".

Tonia

"pour une première fois, je trouve ça bien".

Norbert

"je vais devoir me trouver un travail pour vivre".

Tonia

"ne t'inquiète pas, tu trouveras bien à t'occuper pour gagner de l'argent sans trop te fatiguer".

Norbert et Tonia main dans la main font le tour de la maison et des terrasses.

Norbert

"comme c'est magnifique et grandiose ici. Au château de mon père c'est très beau mais chez toi c'est tellement différent!".

Tonia

"moi je ne me rend pas compte car j'ai toujours vécue ici".

Norbert

"je sens que je vais me plaire ici, j'ai rencontrer ma princesse qui venait me voir dans mes rêves".

Tonia

"moi aussi dans mes rêves j'attendais un garçon comme toi".

Norbert

" j'aime beaucoup tes parents, j'espère qu'ils vont m'aimer?".

Tonia

" ils vont t'aimer, ils t'aiment déjà beaucoup. Papa voit en toi un fils qu'il aurait aimé avoir et maman aussi".

Scène 98 - int-jour -

Norbert et Tonia en tenu de sport s'amusent dans la salle de sport.

Tonia

"je viens ici presque tous les jours pour me muscler, ici il y a tout ce qu'il faut pour ça".

Norbert

" quand j'étais à la ville dans la période ou on disait de moi que j'étais un voyou, je faisais de l'haltérophilie pour me muscler".

Tonia tâte les biceps de Norbert.

Tonia

"c'est vrai que tu es bien musclé, des bras et des abdominaux".

Norbert

" toi aussi tu as de jolis muscles de femmes et cela te va très bien".

Norbert et Tonia utilisent un peu tous les engins de musculation. Otto apporte des serviettes et du savon pour la douche. Il y a deux douches au fond de la salle de sport. Norbert se douche en maillot de bain et Tonia le regarde.

Tonia

"tu es bien musclé de partout. Moi aussi, je vais me doucher".

Scène 99 - int-jour -

Dans la salle à manger, Norbert et sa nouvelle famille sont assis à une grande table en bois de chêne. La table est mise et une domestique sert la nourriture.

Alexandre

"nous voilà maintenant réuni tous les quatre pour ce premier repas avec Norbert. Norbert, tu as eu le temps de faire connaissance avec Tonia".

Toinette

" ils ont du avoir le temps de s'embrasser".

Tonia

"maman!"

Alexandre

"Tonia, tu as dix huit ans et l'âge d'embrasser un garçon. Norbert est très beau et il peut être plus qu'un frère pour toi".

Toinette

"Norbert est jeune et il a surement connu plusieurs filles".

Norbert

" j'ai connu trois filles, elles étaient toutes jolies et je les ai beaucoup aimés".

Tonia

"moi je veux que Norbert m'aime aussi".

Alexandre

" Norbert peut t'aimer tant qu'il le voudra, mais je ne veux pas qu'il te fasse du mal".

Toinette

"on ne peut pas faire du mal à notre fille".

Tonia

"Norbert ne me fera jamais du mal, je peux le lire dans ses yeux qui sont aussi bleu que le ciel de la mer".

Alexandre

"qu'as tu envie de faire maintenant que tu habites chez nous?".

Norbert

"Tonia m'a dit que je trouverai une ou des occupations qui me permettront de gagner de l'argent honnêtement".

Alexandre

"tu pourras étudier le droit avec Tonia".

Norbert

"oui monsieur, j'aimerai devenir autre chose qu'un travailleur manuel".

Toinette

"c'est bien mon garçon".

Scène 100 - int-jour -

Dans le salon, Norbert est assis dans un fauteuil près de Tonia. Alexandre et Toinette sont dans un autre fauteuil, regardant les images de la télévision.

Tonia

"regarde Norbert, mes parents on dirait qu'ils sont fiancés depuis seulement quelques jours.

Alexandre

"ta mère et moi nous nous connaissons depuis la fin de la guerre et nous nous aimons comme au premier jour de notre rencontre".

Toinette

" j'ai rencontré un grand et bel homme à Rouen à la fin de la guerre, nous nous sommes plu tout de suite".

Tonia

"papa te racontera l'histoire de sa vie, de sa naissance près de la Mongolie, jusqu'à son arrivée à Rouen quand il rencontra maman. Je te raconterai l'histoire de la vie de maman, elle est toute aussi merveilleuse à écouter".

Toinette

"tu sais Norbert, j'ai presque cinquante ans, mon mari est plus âgé que moi, nous avons eu une belle vie".

Alexandre

"cette maison est devenue notre petit paradis à tous les trois. Toinette et moi nous allons devoir mettre un peu en veilleuse nos affaires pour nous occuper de toi Norbert. Je suis un homme d'affaire, ce qui me prend beaucoup de temps. Toinette a son atelier de haute couture à Zurich et beaucoup d'amis et de clientes à visiter tous les jours".

Norbert

" je vais me plaire chez vous".

Tonia

"papa et maman vont t'aimer comme ils m'aiment moi".

Alexandre

"nous n'avons pas eu de fils. Quand Toinette t'a rencontré, elle m'a dit qu'elle avait rencontré un fils que nous pourrions aimer".

Toinette

"oui, Norbert, tu es un fils que nous pouvons aimer, je peux lire dans ton regard que tu as eu une enfance très difficile".

Tonia

"j'ai raconté à maman ce que j'ai lu dans tes cahiers d'écoliers ou tu racontes l'histoire de ta vie".

Alexandre

"Norbert, tu peux nous appeler papa et maman si tu veux".

Norbert se lève et va embrasser Toinette et Alexandre".

Norbert

"dans mon enfance je n'ai pu embrasser que mon père le comte de Monchavet, mais seulement que quelques jours avant qu'il meurt".

Toinette

"tu pourras venir nous embrasser chaque fois que tu le voudras, nous avons beaucoup d'affection à t'offrir".

Alexandre

"demain nous prendrons l'avion à Nice, nous irons à Genève et à Zurich pour voir des amis.

Tonia et Norbert embrassent leurs parents, ils vont se coucher.

Scène 101 - int-jour -

Dans la chambre de Norbert, il ouvre la grande armoire, il voit des vêtements, pantalons, vestes, chemises, chaussures.

Il entend gratter à la porte de la chambre, il ouvre. Tonia entre. Elle se dirige vers l'armoire.

Tonia

"maman t'a acheté plein de vêtements, elle a été couturière à Rouen. Avant qu'elle connaisse papa, elle travaillait dans une boutique de confection . Tonia pousse Norbert sur son lit.

Tonia

"je veux que tu me fasses l'amour, je n'ai jamais connu de garçon et je veux que tu sois le premier".

Norbert ôte la robe de chambre de Tonia, il la caresse lentement sur tout le corps, il l'embrasse tendrement. Tonia pousse de petits cris de plaisir et s'abandonne au plaisir que lui offre Norbert.

Scène 102 - ext-jour -

A l'aéroport de Nice, Otto, Norbert, Tonia et ses parents montent dans un avion. Ils s'installent confortablement en première classe, les sièges sont spacieux et très confortables. Norbert s'installe près du hublot.

Norbert

"je me met là pour pouvoir voir la suisse quand nous arriverons à Genève".

Toinette et Alexandre sont près de Norbert. Otto est un peu plus loin.

Alexandre

"Norbert, nous allons à Genève pour voir mon ami le docteur Dimitrov, c'est un réfugié comme moi, nous avons le même âge. Il possède une clinique, il a longtemps travaillé à Moscou dans les hôpitaux".

Toinette

"nous allons chez le docteur Dimitrov pour qu'il t'ausculte, nous voulons savoir si tu es en bonne santé".

Norbert

"vous avez raison, car quand j'ai quitté Paris, je n'allais pas très bien et c'est ce qui m'a conduit à l'hôpital de Nice".

Alexandre

" maintenant que nous t'avons accueilli pour t'aimer comme si tu étais notre propre fils, nous voulons te voir en bonne santé pour te garder longtemps avec nous".

Tonia

"tu sais Norbert, Papa et maman s'inquiètent beaucoup pour ma santé, je suis allée plusieurs fois à la clinique du docteur Dimitrov".

Toinette

"c'est très important de prendre soin de sa santé".

Toinette s'approche de Norbert, elle l'embrasse".

Alexandre

"Norbert, Toinette s'est déjà attaché à toi. A la maison il ne se passe pas un moment s'en que l'on puisse parler de toi".

Toinette

"notre vie ronronnait, maintenant nous avons un fils à aimer et à couvrir d'affection".

Alexandre

"nous nous sentons plus heureux avec un enfant de plus. Nous avons un fils et en plus un amoureux pour Tonia".

Tonia embrasse son père qui l'a regarde affectueusement. Tonia et son père lisent les trois cahiers d'écoliers de Norbert.

Alexandre

"Norbert, je pense que tu devras un jour donner un titre à ce roman, car tes cahiers sont une biographie".

Toinette

"moi aussi je vais me plonger dans l'histoire de la vie de Norbert, je dois connaitre ce fils que la providence nous a envoyé".

Alexandre, Tonia et Toinette sont plongés dans la lecture. Norbert s'assoupit, il s'endort. Il rêve. Dans la villa partout où il va, Tonia et ses parents l'embrassent. Tonia et sa maman chantent et dansent sur les terrasses avec Norbert. Il se revoit à huit ans, dans son village, son père devient Alexandre qui le prend dans ses bras pour l'embrasser au retour de l'école.

Tonia donne une petite gifle à Norbert pour le réveiller.

Tonia

"Norbert, on est arrivé à Genève, regarde le jet d'eau dans la ville".

Norbert

"que c'est beau Genève!".

L'avion se pose sur l'aéroport.

Scène 103 - ext-jour -

A Genève. Dans le hall de l'aéroport. Alexandre et Otto discutent.

Alexandre

"Otto, tu vas téléphoner pour que l'on nous amène un petit minibus pour que l'on puisse se rendre à la clinique du docteur Dimitrov. Tu nous retrouveras à la grande brasserie".

Otto se dirige vers une cabine téléphonique.

Alexandre conduit sa petite famille dans une brasserie de l'aéroport, ils s'installent à une grande table.

Otto

"monsieur Alexandre, un chauffeur est en route avec un minibus, il vient nous chercher".

Un homme en uniforme pénètre dans la brasserie. Otto va vers lui.

Alexandre

"c'est notre chauffeur, allons y suivons le!".

Le minibus roule dans la ville, il passe dans les grandes avenues.

Dans le minibus.

Norbert

"que c'est beau Genève".

Tonia

"c'est beau la suisse, demain nous irons à Zurich, à l'atelier de couture de maman".

Le minibus sort de la ville.

Alexandre

"nous sommes presque arrivé à l'hôpital du docteur Dimitrov".

Le minibus entre dans une grande propriété, il s'arrête devant la clinique. Deux infirmières attendent.

Scène 104 - ext-jour -

Dans le bureau du docteur. Le docteur embrasse Alexandre, Tonia et Toinette.

Le docteur

"Alexandre, c'est ce beau garçon que tu veux que j'ausculte?"

Toinette

"ce beau garçon est maintenant notre fils, nous l'avons sorti de l'hôpital de Nice où on l'avait enfermé".

Le docteur

"Alexandre, vous allez vous installer confortablement dans ma salle d'attente privée, j'emmène votre fils pour le confier à des médecins qui vous l'examiner, cela prendra deux heures".

Norbert passe de médecin en médecin, on l'examine des pieds à la tête.

Le docteur entre dans la salle d'attente.

Le docteur

"je vous rend votre fils, il me semble être en pleine forme, je vous communiquerai les résultats des examens dans une semaine".

Toinette se lève et va embrasser Norbert.

Toinette

" nous avons un fils en bonne santé, regardez comme ses joues sont bien roses, l'air de la suisse lui fera du bien".

Alexandre et Toinette se lèvent et embrasse Norbert.

Scène 105 - int-jour -

Norbert et Tonia sont assis sur un grand lit dans une grande chambre luxueuse.

Norbert

"quelle rude journée, nous venons de passer. Nous avons vu des amis de ton père qui étaient très sympathiques".

Tonia

"mon père a beaucoup d'amis en suisse, il y a beaucoup de russes exilés qui l'on aidé à la fin de la guerre et qui l'on protégé de Staline qui voulait qu'il revienne en union soviétique".

Norbert s'allonge sur le grand lit, il s'assoupit, il rêve. Des images de la journée défilent dans sa tête, lentement et rapidement. Il revoit l'hôpital du docteur Dimitrov, des images d'un grand ami d'Alexandre, une grande villa luxueuse, une belle femme de type sud américaine, des invités, un grand repas dans une grande salle. Norbert se réveille.

Norbert

"c'était qui ce monsieur Hans Fridman, l'homme chez qui nous avons passé la soirée?.

Tonia

"c'est un grand ami de mon père, il l'a aidé et protégé après la guerre, c'est un homme de main de la mafia. Il possède de nombreuses affaires en suisse. Il a un grand bureau de détective privé à Genève".

Norbert

"ton père a vraiment besoin de fréquenter ces gens-là?

Tonia

"il lui ont sauvé la vie plusieurs fois, mon père a une grande dette envers eux. Il les aide tout en restant honnête".

Tonia embrasse fougueusement Norbert, elle lui caresse les cheveux".

Tonia

" toi aussi tu as besoin que l'on te protège, tu ressembles à un petit oiseau tombé du nid".

Norbert

"c'était qui cette belle femme brune?".

Tonia

"Hans Fridman est mon parrain, c'est sa femme qu'il t'a présenté, elle t'a embrassé".

Norbert

"j'ai embrassé tellement de personnes que je ne me souviens plus, de qui était qui".

Tonia

"à la maison, je te montrerai des photos de tous nos grands amis".

Norbert

"demain nous allons à Zurich, je crois!".

Tonia

" oui, nous allons à Zurich pour te faire visiter l'atelier de couture de maman. Maintenant nous allons nous coucher et dormir".

Norbert

"tu dors avec moi, cette nuit?"

Tonia

"oui, maintenant je dormirai avec toi, j'ai demandé à maman la permission".

Norbert et Tonia s'embrassent et s'endorment.

Scène 106 - ext-jour -

Dans la ville de Zurich, un minibus traverse la ville. Dans le minibus Norbert a le nez collé à la vitre.

Norbert

"que c'est beau la suisse!".

Alexandre

"nous irons aussi en Italie, j'y ai beaucoup d'amis là-bas".

Le minibus entre dans une petite usine de confection.

Alexandre

"Norbert, cette usine est à moi et mon ami Hans. Toinette a son atelier de haute couture".

Tonia

"maman est une grande artiste, elle dessine de beaux modèles pour confectionner des vêtements pour les femmes".

Scène 107 - int-jour -

Dans un atelier de confection, cinquante femmes sont au travail, elles sont assises devant des machines à coudre très modernes. Une femme forte d'une cinquantaine d'années, vient vers Alexandre et sa petite famille.

Toinette

"Norbert, je te présente madame Ciferman, elle est directrice de cet atelier de haute couture, et c'est une très grande amie".

Madame Ciferman embrasse Norbert.

Madame Ciferman

"vous êtes un beau garçon!".

Norbert sourit.

Toinette

"c'est maintenant notre fils et le fiancé de Tonia".

Madame Ciferman

" c'est bien Tonia, ce garçon est fait pour toi".

Alexandre

"notre fille est en âge de fréquenter, nous avons découvert ce jeune homme à l'hôpital de Nice, il semblait perdu et nous l'avons accueillit dans notre maison".

Madame Ciferman

"vous êtes un homme bon et généreux monsieur Alexandre, ce jeune homme a de la chance de vous avoir rencontré".

Alexandre et Toinette sont avec madame Ciferman, ils vont dans son bureau.

Norbert et Tonia se promènent dans l'atelier, ils regardent les employés travailler.

Scène 108 - ext-jour -

Dans la cuisine de la villa, Alexandre et sa petite famille déjeunent.

Norbert

" j'ai bien aimé ce voyage en suisse où j'ai rencontré tant de personnes".

Alexandre

"j'ai remarqué que tu a beaucoup aimé ce voyage, mais il a du te fatiguer. La prochaine fois nous éviterons de te présenter trop de personnes que tu ne connais pas".

Toinette

"nous devons prendre notre temps pour lui présenter nos amis qui sont très nombreux".

Alexandre

"ce matin, je propose que nous allions tous les quatre nous promener à bicyclette, et nous marcherons un peu".

Toinette

"oui, allons respirer un peu d'air pur, après avoir visité deux grandes villes cela nous fera du bien".

Scène - 109 - ext-jour -

Otto a préparé cinq vélos - Alexandre et sa famille s'en vont sur la route en direction de Menton. Le ciel est bleu. Ils roulent sur trois kilomètres, les cyclistes s'arrêtent.

Alexandre

"comme la nature est jolie au coeur du printemps!".

Toinette

"nous avons de la chance de vivre dans cette région. En Normandie, les paysages ne sont pas si jolis qu'ici".

Tonia

"c'est bien en Normandie que vous vous êtes rencontrés papa et toi?".

Toinette

"je raconterai à Norbert comment j'ai connu ton père".

Alexandre

"Norbert, Tonia m'a fait savoir que tu avais l'intention de travailler pour gagner ta vie. Otto mon garde du corps a été prêtre en Allemagne avant la guerre. Je finance son association d'aide aux enfants malheureux, tu pourras l'aider si tu veux".

Norbert

"si Otto veut bien de moi, je suis disponible pour l'aider".

Otto ayant entendu Norbert parler de lui, s'approche.

Otto

"Norbert, je suis d'accord pour que tu travailles avec moi. Demain, je dois aller chercher un gamin en Italie près de Cunéo pour l'enlever à ses parents qui le maltraitent".

Tonia

"je viendrai avec vous, on prendra la deux chevaux".

Toinette

"il y a beaucoup d'enfants maltraités, cela représente beaucoup de travail pour les aider".

Tonia

"je viendrai avec vous".

Les cyclistes roulent en direction de Menton, ils s'arrêtent, ils admirent le paysage, ils reviennent à la villa.

Scène 110 - ext-jour -

Norbert, Otto, Tonia et son père courent sur la route.

Norbert

"Alexandre et toi Otto, vous avez plus de soixante ans et vous courrez bien sans être trop essoufflé".

Alexandre

"nous sommes entraînés".

Tonia montre quelques difficultés à suivre, Norbert l'attend. Tonia est essoufflée.

Tonia

" je manque d'entrainement, mais courir me plait bien et je vais m'y mettre".

Alexandre

"c'est bien de faire du sport dans la salle, mais vous devez courir dans la nature".

Les sportifs font une pose.......

Alexandre

"Norbert quand tu auras le temps, tu iras voir un ami, monsieur Contini à Milan, c'est un parrain de la mafia, je l'aide à faire des affaires honnêtes. Il a un fils de ton âge, il s'appelle Rénato".

Tonia

"c'est un ami très gentil, il aimerait me fréquenter, je ne veux pas de lui".

Otto

"c'est un bon garçon, mais Tonia n'a pas envie d'en faire son fiancé".

Tonia

"j'ai une amie qui s'appelle Françoise, son fiancé l'a quitté, je vais la faire venir à la villa, j'inviterai aussi Rénato pour lui présenter".

Alexandre

"Tonia, tu dois présenter tous tes amis à Norbert. Ensemble vous passerez du temps à vous amuser".

Scène 111 - ext-jour -

Dans une deux chevaux. Otto conduit la deux chevaux. Norbert et Tonia sont derrière. La route est pleine de virages, Norbert admire les beaux paysages dans la montagne. La voiture passe le tunnel du col de tende pour entrer en Italie.

Otto

"nous sommes encore à quelques kilomètres avant d'arriver à la ferme que possède un policier, il maltraite son fils depuis des mois parce que sa femme l'a quitté".

Norbert et Tonia sont occupés à s'embrasser et à papoter à l'arrière de la voiture.

La deux chevaux entre dans une ferme, s'arrête devant la maison. Otto entre dans la maison suivit de Norbert et de Tonia. Un homme est assis dans la salle à manger, il a une bouteille de vin devant lui et un verre plein.

L'homme

"vous venez chercher mon fils?"

Otto

"je viens chercher votre fils, vous devez me le donner pour que je le remette à sa mère".

L'homme

"si je ne veux pas, vous aller me frapper?".

Otto

"Non, je ne vais pas vous frapper pour récupérer l'enfant".

L'homme

"allez dans sa chambre pour prendre des affaires du gamin, il est enfermé dans le poulailler, libérez le et partez avec lui".

Norbert et Tonia entre dans la chambre du gamin. Tonia prend un grand sac et le charge d'affaires.

Otto libère l'enfant qui est enfermé dans le poulailler, il le conduit à la cuisine, lui donne à boire et à manger. Tonia prend l'enfant par la main.

Tonia

" le pauvre gamin, il semble bien maigre, vous ne devez pas lui donner souvent à manger".

L'homme semble légèrement soul.

L'homme

"sa mère n'avait qu'a pas m'abandonner".

Norbert

"ce n'est pas une raison pour maltraiter ce pauvre gamin qui ne vous a rien fait".

L'homme

"prenez le gamin et foutez moi le camp!".

Sur la route du retour, tous les occupants de la voiture chantent. L'enfant est content, il s'empiffre de gâteaux secs.

Norbert

"tu as quel âge gamin?".

Le gamin

"j'ai huit ans, monsieur!".

Norbert

"tu parles bien le français".

L'enfant

"ma maman est française".

Norbert

"ce gamin me rappelle moi quand j'avais son âge".

Tonia

"oui mais ce gamin n'est pas un petit voyou sournois comme toi, tu as écris ça dans tes cahiers".

Norbert

"tu as raison, ce gamin n'a pas la même enfance que moi. Mon père me maltraitait mais il n'allait jamais trop loin car je me rebiffais et il savait que je pouvais moi aussi lui faire mal".

Otto

"nous allons mettre cet enfant à l'abri et plus jamais son père ne lui fera de mal".

Norbert

"c'est lâche ce comportement de ce père, il est policier, je ne comprend pas".

Otto

"Il y a de la mal traitance partout, chez les riches et chez les pauvres".

Tonia

" Norbert, nous irons dans des maisons d'accueil pour enfants maltraités et tu verras jusqu'où va la violence envers des enfants".

Scène 112 - int-jour -

Dans le salon, Norbert et les membres de sa famille sont assis dans des canapés en cuir noir et rouge. Dans le grand canapé, Toinette caresse les cheveux de Norbert.

Toinette

"Norbert a de beaux cheveux blonds, c'est dommage qu'il soit grand maintenant. j'aurai tant aimé le prendre dans mes bras quand il était enfant".

Tonia

"maman, c'est moi qui peut le prendre dans mes bras".

Toinette se lève et elle prend Norbert dans ses bras puis elle l'embrasse.

Toinette

"moi aussi, je peux l'embrasser, je peux embrasser mon Norbert, c'est maintenant mon enfant".

Alexandre

"vous n'allez pas vous battre les filles. Norbert a maintenant une fiancée et une maman".

Tonia embrasse sa maman.

Tonia

"mais oui maman, tu peux embrasser Norbert tant que tu le voudras!".

Alexandre

"moi aussi de tant en temps Norbert il peut m'embrasser, s'il le veut".

Le gamin ramené d'Italie regarde.

Le gamin

"ma maman me fait beaucoup de câlins, mon papa lui il est méchant avec moi".

Toinette prend l'enfant sur ses genoux, elle lui caresse les cheveux.

Toinette

"comment tu t'appelles?"

L'enfant

"Roberto!".

Toinette

"ta maman va venir te chercher demain matin".

Norbert

"Otto nous a dit que des gamins comme Roberto il y en avait plein qui étaient maltraités".

Alexandre

"tu vois Norbert, tu vas avoir du travail avec ces enfants".

Tonia

"en attendant qu'il s'occupe des enfants maltraités, Norbert reste avec moi, demain ma copine Françoise vient me voir, son fiancé l'a abandonné".

Alexandre

"mes enfants, vous allez avoir la maison pour vous tout seul, Otto est là pour vous protéger. Demain, je pars avec Toinette pour quelques jours à Naples pour mes affaires".

Norbert et Tonia joue avec le petit Roberto. Norbert le met sur son dos et il fait le cheval. L'enfant lui tape doucement sur la tête.

L'enfant

" allez mon dada, plus vite, plus vite!".

Toinette

"Norbert aime les enfants, il fera un bon parrain pour les enfants maltraités".

Alexandre

"je vais créer d'autres centres d'accueil pour ces enfants et Norbert pourra les diriger s'il veut".

Norbert

" Je le ferai avec Tonia, ces enfants nous les aimerons, nous leur donnerons beaucoup d'affection".

Tonia

"je n'ai pas eu de petits frères et de soeurs, ces enfants seront des membres de ma famille".

Tonia marche à quatre pattes dans le salon, Roberto est sur son dos.

L'enfant

"Tonia est ma dame cheval".

Tout le monde éclate de rire.

Scène 113 - int-nuit -

Dans sa chambre Norbert est assis à son bureau, Tonia est près de lui. Il écrit sur un cahier d'écolier. Elle lui dicte ce qu'il doit écrire.

Tonia

" nous sommes dans l'enfance de papa, il vient de naître près de la frontière en Mongolie, son papa s'appelle Boris".

Norbert écrit et il rêve éveillé, il voit dans la campagne prés d'une rivière un homme grand aux yeux légèrement bridés, il plonge son fils qui vient de naitre dans l'eau, l'enfant crie, le père le soulève au dessus de sa tête et le tend vers le ciel. Il crie.

Le père

"regardez comme il est beau mon fils!".

La maman sort de la fermette, elle rejoint son mari, elle prend l'enfant, elle lui donne le sein.

Alexandre à huit ans, il commence son apprentissage de sculpteur sur bois.

Tonia

"il se fait tard Norbert, nous devons nous coucher. Norbert déshabille Tonia, il la prend dans ses bras et l'a dépose sur le lit, ils s'aiment et s'endorment.

Scène 114 - int-jour -

Norbert et Tonia déjeunent. Otto entre dans la cuisine.

Otto

"Tonia, j'ai été chercher ta copine Françoise à Menton, elle est dans la chambre bleue".

Une jeune femme brune et grande de vingt ans entre dans la cuisine, elle est triste, les cheveux mal peignés.

La jeune femme

"je suis Françoise!".

Tonia la regarde.

Tonia

"ma pauvre, je ne t'avais pas reconnu. Qu'est-ce qui t'arrive?".

Françoise se jette dans les bras de Tonia en pleurant.

Françoise

"mon fiancé m'a quitté".

Tonia

"viens boire un bon chocolat et manger des croissants".

Françoise regarde Norbert.

Françoise

"c'est ton fiancé".

Norbert

"oui, je suis son fiancé".

Françoise

"mon dieu comme il est beau!".

Tonia

"ma pauvre Françoise, dans quel état il t'a mis ton fiancé!".

Otto entre dans la cuisine.

Otto

"je vais à Menton pour conduire le petit Roberto à sa mère".

Le gamin embrasse Tonia et Norbert et il s'en va.

Tonia

"Otto n'oublie pas que l'ont doit aller à Nice avec Françoise pour la remettre en état".

Françoise

"tu veux me remettre en état de quoi?".

Tonia

"tu ne vois pas ta tête. Mon ami Rénato vient à la villa et je ne veux pas qu'il te voit dans cet état".

La cuisinière intervient.

La cuisinière

"mademoiselle, Tonia a raison, vous devez vous refaire une beauté".

Tonia

"Rosetta a raison".

Scène 115 - ext-jour -

Dans la ville de Nice. Une renault 8 s'arrête devant un grand salon de coiffure.

Dans la voiture.

Norbert

"les filles, vous allez passer un moment dans ce salon de coiffure et de beauté, nous les hommes ont va faire un tour sur la promenade des anglais".

Les filles descendent et la voiture repars.

Otto et Norbert marchent sur la promenade des anglais et de temps en temps ils s'assoient sur un banc pour bavarder.

Otto

"Norbert, tu as de la chance de vivre chez Alexandre. C'est le parrain, monsieur Contini qui m'a présenté à lui".

Norbert

"Tonia m'a dit que le parrain finançait ton association".

Otto

"je n'aime pas trop ces gens-là, mais ce parrain là semble vouloir se détacher lentement de la mafia".

Norbert

"Alexandre l'aide à entreprendre des affaires honnêtes".

Otto

"c'est difficile pour un parrain de devenir complètement honnête. Alexandre ne peut pas se défaire de ces gens-là. Ils le tiennent et ils l'utilisent pour s'enrichir".

Norbert

"le soir Tonia écrit la vie de son père, et je met sur mon cahier ce qu'elle me dicte".

Otto

"Alexandre a eu une vie très mouvementée. Avant la guerre il était fiancé avec une belle femme qui s'appelait Gena Antipova. Le père de Gena était prince, il accueillit Alexandre chez lui comme s'il fut son fils car il n'avait pas pu en avoir un. Alexandre devint le jeune prince Antipova. Les nobles vivaient cachés sous le régime de Staline".

Norbert assis sur un banc sur la promenade des Anglais rêve. Des images d'Alexandre et de sa fiancé Gena circulent dans sa tête, la princesse Gena est belle, il voit la ville de Moscou de cette époque. Alexandre se promène dans les jardins de la ville avec sa princesse.

Otto secoue Norbert.

Otto

"Réveille toi Norbert, nous devons aller chercher Tonia et Françoise".

Norbert entre dans le salon de coiffure et de beauté.

Tonia

"regarde Françoise, comme elle est devenue belle".

Norbert

"Françoise, tu es magnifique!".

Scène 116 - ext-jour -

Dans la voiture qui roule au bord de la mer, Norbert, Tonia et Françoise chantent.

Tonia

"Rénato doit être à la villa, il a prit un taxi".

Françoise

"il est beau ton ami Rénato".

Tonia

"il est moins beau que Norbert, mais il est beau quand même!".

Françoise

"tu penses que je vais lui plaire?".

Tonia

"certainement, tu vas lui plaire".

Norbert

"moi si je n'avais pas Tonia à aimer, tu me plairais Françoise".

Françoise

"comme tu es mignon Norbert! ".

Scène 117 - ext-jour -

Une R8 s'arrête devant la villa, un beau jeune homme grand et brun attend devant la porte. Tonia se dirige vers Rénato, elle l'embrasse. Norbert tend la main à Rénato qui le regarde froidement.

Rénato regarde Françoise, il sourit, il se précipite sur elle, il l'embrasse sur la joue.

Norbert

"tu vois Françoise, tu plais beaucoup à Rénato!".

Françoise

"Rénato est beau et il me plait".

Tonia

"tu sais Rénato, Françoise nous est arrivée dans un triste état, elle pleurait parce que son fiancé l'a quitté".

Rénato

"moi aussi ma petite amie m'a quitté et je n'ai pas pleuré".

Rénato prend la main de Françoise, il l'emmène visiter la propriété.

Tonia

"ils ne vont pas tarder à s'embrasser sur la bouche, ces deux là!".

Norbert

"je vais prendre une douche, tu viens avec moi Tonia?".

Scène 118 - int-jour -

Dans la douche, Norbert et Tonia se lavent, ils s'embrassent fougueusement.

Tonia

"tu penses qu'ils vont s'aimer, Rénato et Françoise?.

Norbert

"je te paris que oui, ce soir, ils dormiront dans la même chambre, comme nous".

Tonia

"tu viens d'arriver à la maison, j'ai l'impression que cela fait des mois que tu es là".

Norbert et Tonia s'amusent à s'asperger avec la pomme de douche, ils chahutent, ils s'embrassent.

Tonia

"nous devons aller rejoindre nos amis".

Scène 119 - int-jour -

Norbert et Tonia sont dans le salon. Françoise et Rénato sont installés dans un grand canapé, ils s'embrassent fougueusement.

Norbert

"tu vois Tonia, ils sont déjà très amoureux ces deux là".

La cuisinière entre dans le salon.

Rosetta

"les amoureux, je vous apporte des rafraichissements. Je vous apporterai un bon repas dans la salle à manger".

Norbert et Tonia, s'installent dans un grand fauteuil.

Tonia

"nous allons faire comme nos invités, embrassons nous".

Le téléphone sonne, Tonia se précipite pour répondre.

Tonia

"allo maman, c'est toi!. Nos amis vont bien, ils sont arrivés, Françoise et Rénato s'embrassent dans le grand canapé. Bisou maman et bisou à papa".

Norbert

"oh les amoureux, les parents sont partis, qu'allons nous faire pour nous amuser?".

Rénato

"j'ai un grand bateau à moteur dans le port de Menton, nous allons l'utiliser pour nous amuser sur la côte. Nous irons aussi danser à Saint Trop".

Tonia

"mon père ne veut pas que je sorte sans être accompagnée par un garde du corps".

Rénato

"ne t'inquiète pas, mon père me fait suivre par deux gardes du corps, je vais les informer pour leur dire où nous serons".

Norbert

"Pourquoi avez-vous besoin de garde du corps? "

Rénato

" mon père est un parrain de la mafia, nous ne vivons pas comme les autres personnes, notre vie est toujours un peu en danger et nous devons nous protéger".

Norbert

"Alexandre m'a dit que je devrai aller voir ton père à Milan".

Rénato

"tu sais mon père est un homme important dans la mafia, Alexandre l'aide à s'engager dans l'honnêteté. Mon père dans sa jeunesse a fait du trafic de femmes, il vient de Sicile, dans son village il était très pauvre".

Rosetta intervient.

Rosetta

"Les amoureux, je vous invite à aller dans la salle à manger, un bon repas vous attend".

Scène 120 - int-jour -

Dans la salle à manger, Norbert et ses amis sont assis à une grande table en chêne massif. La table est garnie de nourriture.

Rosetta

" aujourd'hui, c'est buffet froid, des salades de légumes, de la charcuterie, du poulet, des pâtisseries et du bon vin. Bon appétit!".

Rénato

"Norbert, tu viendras avec moi dans les villas de riches qu'il y a au cap d'Antibes, au cap Martin et ailleurs. Les propriétaires sont souvent absent et nous avons les clés, on visite pour repérer les objets de grandes valeurs et des types viennent tout dérober".

Norbert

"c'est pas honnête ce que vous faîtes!".

Rénato

"t'inquiète pas, nous n'allons pas n'importe où, ceux que l'on vole sont des salauds plein de friques, ils font des dettes. On récupère l'argent et on le donne à ceux que les riches volent, moyennant une bonne commission".

Françoise

"c'est du bon business qui paye bien?".

Rénato

"la vie est pleine de voleurs, il faut protéger ceux qui sont volés, c'est honnête".

Norbert

"je demanderai à Alexandre ce qu'il en pense".

Tonia

"tu sais papa n'aime pas les riches qui ne payent pas leurs dettes, ils mettent dans l'embarras des gens qui travaillent".

Françoise

"ya pas de raison, faut protéger ceux qui travaillent et doivent être payés".

Rosetta

"Françoise a raison, il faut protéger ceux qui travaillent et qui doivent être payés".

Rénato

"maintenant que nous avons bien mangé et bien bu, Françoise et moi, nous allons nous retirer dans notre chambre".

Tonia

"chacun dans votre chambre!".

Rénato

"petite coquine!".

Françoise

"nous allons tout simplement faire l'amour toute la nuit si on peut".

Les amoureux s'embrassent et vont se coucher.

121 - int-jour -

Dans la chambre, Norbert est assis avec Tonia au bureau, Norbert ouvre son cahier.

Norbert

"hier soir, nous sommes arrêtés où ton père avait huit ans et commençait son apprentissage de sculpteur sur bois avec son père".

Tonia

" nous allons allez en 1932 où mon père était jeune colonel dans l'armée rouge. Staline l'envoya réprimer des fermiers qui refusaient de se soumettre au collectivisme".

Norbert écrit et il s'engage dans le rêve. Il voit Alexandre qui a trente cinq ans, il est sur un beau cheval noir, il commande une petite armée de soldats vêtus avec l'uniforme de l'armée rouge. Les soldats pénètrent dans une ferme, le patron de la ferme vient vers eux avec une fourche à la main, des soldats se précipitent dans la grange, ils mettent le feu.

Norbert crie.

Norbert

"pourquoi ton père a t' il fait ça avec ses soldats?".

Tonia

"mon père était au ordre de Staline, s'il avait osé refuser cet ordre, ses parents auraient été envoyés dans un goulag. Staline était un homme cruel".

Norbert et Tonia se couchent. Norbert s'endort, il rêve. Dans son rêve il se voit soldat pendant la guerre et à Berlin quand l'armée rouge entre dans la ville. Il voit Alexandre donnant des ordres à des soldats pour tirer sur les soldats allemands qui résistent, il voit une ville dévastée par la guerre.

Son rêve le conduit dans la maison du père de sa fiancée. Norbert assiste à la scène de la mort de la fiancée d'Alexandre. Une jeune femme brune et jolie est allongée sur un lit dans une chambre, elle gémit, Alexandre la prend dans ses bras et elle meurt. Alexandre crie de douleur. Norbert revoit la même scène avec son père.

Norbert voit Alexandre s'enfuir pour rejoindre le camp de l'armée américaine. Il voit Alexandre et Toinette dans le canapé du grand salon de la villa, il tente de s'approcher d'eux, ils disparaissent. Il voit Alexandre dans une rue de Rouen en 1945, il a 48 ans, tenant Toinette pas la main, elle a 35 ans, elle est blonde et jolie.

Les images s'entremêlent, il se revoit enfant au château tenant par la main son père. Norbert entre dans sa chambre, il a quatorze ans, il voit sur son lit Toinette qui met au monde Tonia.

Norbert crie

" Tonia, Tonia!".

Tonia le réveille.

Tonia

" Norbert, tu m'empêches de dormir, tu n'arrêtes pas de parler".

Norbert

"je vois plein d'images dans ma tête".

Tonia

"rendors toi et cesse de rêver très fort!".

Scène 122 - int-jour -

Norbert entre dans la cuisine, Tonia et ses amis déjeunent. Norbert les embrassent.

Tonia

"tu m'as empêché de dormir cette nuit, tu n'as pas arrêter de bouger et de parler".

Norbert

" j'ai vu ton père en Russie quand il était colonel, j'étais près de lui sur un cheval blanc, j'étais un soldat de l'armée rouge et on brûlait des fermes de paysans qui se révoltaient".

Tonia

"Norbert, je t'aide à écrire la vie de papa sur tes cahiers, mais ce n'est pas une raison pour m'empêcher de dormir".

Rénato

"moi aussi, je fais de grands rêves et presque toutes les nuits. La nuit dernière j'ai rêvé que j'allais rencontrer une jolie fille".

Françoise

"tu l'as rencontré la jolie fille".

Norbert

"quel est le programme pour la journée Rénato?".

Rénato

"nous allons aller à Menton au port, j'ai un grand bateau à moteur que je prête à un ami, nous irons à San Remo, après nous reviendrons sur Monaco et nous terminerons la journée à Saint Trop dans une boite de Nuit".

Tonia

"on peut dormir un peu dans ton bateau?".

Rénato

"tu pourras dormir dans les bras de Norbert".

Scène 123 - ext-jour -

Sur le port de Menton, Norbert, Tonia et leurs amis s'installent dans un grand bateau à moteur.

Rénato

"en route la jeunesse, direction San Remo".

Norbert

"ne va pas trop vite car je n'ai pas l'habitude d'être sur un bateau à moteur et sur la mer".

Tonia

"ne t'inquiète pas Norbert, il m'a déjà emmené sur son bateau, il pilote comme un chef".

Les quatre amis rencontrent d'autres amis à San Remo, ils dinent ensemble. Le bateau repars et s'arrête à Monaco. Ils se promènent dans la ville, allant de rue en rue, s'embrassant et se courant après. Ils terminent la journée dans une boite de nuit à Saint Tropez.

Scène 124 - ext-jour -

Un taxi s'arrête devant la villa. Alexandre et Toinette en descendent. Otto se charge de prendre les bagages. Tonia et Norbert embrassent leurs parents.

Alexandre

"vous vous êtes bien amuser les enfants pendant notre absence? ".

Toinette

"entrons dans la maison, installons nous dans le grand salon et nous pourrons discuter ensemble en nous reposant".

Scène 125 - int-jour -

Dans le salon, Norbert et les membres de sa famille sont installés dans des canapés, ils discutent.

Tonia

" Rénato et Françoise sont partis ce matin, Rénato nous a invité à aller le voir chez son père à Milan".

Alexandre

"je travaille avec son père, il m'a aidé quand je me suis enfui de l'armée rouge. Staline a envoyé des gens pour tenter de me faire revenir au pays. Monsieur Contini m'a demandé d'aller vivre à Chicago pour m'occuper de ses affaires là-bas et en échange il m'a fait protéger".

Tonia

"Norbert, maman et moi nous sommes aller à Chicago".

Toinette

"je ne garde pas un bon souvenir de ce séjour, toutes les nuits des hommes tentaient de s'infiltrer dans la grande propriété où nous étions gardés par une petite armée de garde du corps. Ces hommes tentaient de me prendre moi et Tonia pour qu'Alexandre retourne en Russie".

Alexandre

"avec l'aide du parrain monsieur Contini nous étions très bien protégés et il ne pouvait rien nous arriver".

Toinette

" Monsieur Contini et ses amis ne nous ont pas aidé pour rien, Alexandre a une grande dette envers eux, maintenant il a presque perdu sa liberté".

Alexandre

"je vais la retrouver ma liberté, monsieur Contini démissionnera et il cédera sa place à un jeune qui veut devenir parrain. J'en ai fait presque un homme honnête".

Toinette

"nous sommes devenus riches grâce à la mafia, mais elle nous a confisqué notre liberté. On ne peut pas se déplacer sans garde du corps".

Tonia

"j'ai toujours été surveillé par Otto et d'autres gardes du corps, je me suis habituée à cette vie là".

Toinette

"ma fille si tu décides d'épouser Norbert, il ne voudra peut-être pas être protégé".

Norbert

"j'irai voir le parrain et je lui demanderai qu'il s'arrange pour que nous ne soyons plus protégés".

Alexandre

"si tu lui demande un service, il t'en demandera un autre".

Norbert

"je parviendrai à le convaincre pour que nous puissions vivre sans protection".

Alexandre

"je pense que tu es de taille à pouvoir le convaincre, tu trouveras une solution".

Toinette

"maintenant parlez-nous de ce que vous avez fait pendant notre absence ".

Tonia

"Rénato nous a emmené faire de grandes promenades avec son bateau, nous sommes allés à San Remo voir des amis, nous avons visité Monaco que Norbert ne connaissait pas, ensuite nous sommes allés à Saint Tropez".

Norbert

" Rénato a beaucoup d'amis".

Alexandre

"Rénato est un bon garçon, il fait de bonne étude, lui aussi comme Tonia il veut devenir avocat d'affaire. Son père l'a habitué à lui donner beaucoup d'argent, j'espère qu'il n'en fera pas un membre de la mafia".

Tonia

"s'il épouse Françoise, elle l'engagera dans une autre vie".

Tonia

"Norbert a trouvé à se faire embaucher comme prof de gym par de riches américaines et anglaises qui vivent dans de belles villas sur la côte".

Norbert

"Rénato nous a fait connaître ses riches amis qui sont aussi les amis de son père".

Tonia

"à chaque fois que l'on entrait dans une villa, Norbert ne pouvait pas s'empêcher d'aller plonger dans la piscine, il exhibait son corps d'athlète, et il demandait s'ils n'avaient pas besoin d'un prof de gym".

Norbert

"dans une villa la propriétaire m'a demandé combien je voulais gagner pour faire le prof, elle me proposerait des clients. J'ai répondu que j'étais très cher comme prof".

Tonia

"le propriétaire a beaucoup ri et il a dit que Norbert ferait un excellent homme d'affaires".

Alexandre

"c'est vrai que Norbert ferait un bon homme d'affaire, nous allons le former".

Norbert

"à Paris je m'étais engagé à devenir un bon travailleur manuel pour faire plaisir au commissaire de police qui s'occupait de moi, mais devenir homme d'affaire cela me plairait beaucoup".

Toinette

"ici tu as plein de chose à faire, tu peux aider Otto dans son association et tu peux apprendre à faire des affaires".

Tonia

"Norbert écrit un livre, ses cahiers d'écoliers c'est l'histoire de sa vie, il peut en faire un bon roman".

Alexandre

"Norbert n'est pas très copain avec l'orthographe mais il sera beau son roman".

Toinette

"Norbert, comme je suis contente que tu soi avec nous, viens près de moi pour que je t'embrasse".

Norbert embrasse Toinette et Alexandre.

Tonia

"il manquait quelque chose dans cette maison et Norbert est venu se joindre à nous pour nous offrir un peu plus de bonheur. Papa est content, il a un fils à adopter".

Toinette

"Norbert aimerai tu devenir notre fils?".

Norbert

" pour moi dans mon coeur vous êtes mes nouveaux parents, vous êtes des parents dont je rêvais d'avoir".

Alexandre

"quand Norbert se sera bien adapté à notre vie qui est spéciale, je m'occuperai de cette adoption".

Tonia

"mais si Norbert devient mon frère, je ne pourrai plus l'aimer comme un fiancé".

Alexandre

"je n'avais pas pensé à ça, mais nous trouverons bien une solution".

Toinette

"Norbert le docteur Dimitrov m'a envoyé les résultats des tes examens, ils sont bons mais il m'a dit qu'un jour tu pourrai perdre la mémoire mais elle te reviendrai. Tu devras lui rendre une visite tous les trois mois".

Alexandre

"le docteur Dimitrov est un très grand psychiatre, il te soignera bien et il te donnera les bons médicaments pour que tu ne perdes pas la mémoire".

Tonia

" nous ne voulons pas que tu perdes la mémoire".

Scène 126 - ext-jour -

Dans une grande et belle villa, Rénato et Françoise accueillent Norbert et Tonia dans la propriété de son père qui se trouve à la sortie sud est de la ville. La villa est entourée de grandes grilles hautes de plusieurs mètres, dans le parc deux hommes se promènent avec des chiens berger allemand. La villa a deux étages et plus de vingt pièces.

Rénato

"maintenant Françoise vit avec moi à la maison de mon père, nous allons nous fiancer car nous avons l'intention de nous marier".

Tonia et Norbert embrassent leur amis.

Tonia

"je suis très contente pour toi ma petite Françoise, tu nous est apparu toute triste à Sospel et maintenant te voilà heureuse avec Rénato".

Françoise

"je suis très heureuse avec Rénato et son père m'adore, il me fait des beaux cadeaux".

Rénato

"papa n'arrête pas de me dire que je dois faire des enfants, il n'est plus très jeune et il veut être grand père".

Rénato conduit ses amis dans un grand salon.

Rénato

"nous allons attendre ici, un employé viendra nous chercher pour nous conduire au bureau de papa".

Deux hommes très grands, fort et armés marchent et surveillent dans le grand salon.

Norbert

"ces hommes armés sont les gardes du corps de ton père?"

Rénato

"ils protègent la maison, mon père et moi".

Une jeune femme blonde vient vers vers Rénato et ses amis.

La jeune femme

"je suis la secrétaire de monsieur Contini, venez il vous attend dans son grand bureau.

Rénato

"va avec Tonia voir mon père, moi je reste ici avec Françoise.

Scène 127 - int-jour -

Norbert et Tonia entrent dans un grand bureau équipé de très beaux meubles d'époque. Le bureau de monsieur Contini est très grand. Monsieur Contini est un petit homme brun et trapu. Il se lève de son fauteuil, vient vers Norbert et Tonia".

Mr Contini

" toi le beau garçon, tu es le petit ami de Tonia que je connais très bien!".

Monsieur Contini embrasse Tonia et Norbert .

Mr Contini

"Norbert, Alexandre m'a parlé de toi, il m'a dit que tu étais un bon garçon qu'il désirait adopter".

Norbert

"oui, monsieur!".

Mr Contini

"tu m'appelleras parrain, tout le monde me dit parrain pour me parler".

Norbert

"parrain, j'ai beaucoup de choses à vous dire".

Mr Contini

"je sais ce que tu vas me demander, Alexandre m'a un peu raconté l'histoire de ta vie. Tu es le fils d'un comte qui est mort, ta maman vit à Nyon en suisse".

Tonia

"parrain peut tout savoir et très vite".

Mr Contini

"je dois savoir des choses sur les gens qui m'aiment et sur ceux qui pourraient faire du mal à ma famille".

Norbert

"Tonia a commencé à me raconter l'histoire de votre vie".

Mr Contini

"je sais, tu écris l'histoire de ta vie sur des cahiers d'écoliers".

Tonia

"je lui ai dit parrain que vous aviez eu une enfance très difficile".

Mr Contini

" mes parents étaient très pauvres, mon père était journalier au service de propriétaires terriens qui l'exploitaient"

Tonia

"parrain en a eu marre d'être pauvre et il est parti à Palerme à dix huit ans, ne trouvant pas de travail, il s'est lié d'amitié avec des jeunes de son âge qui s'occupaient de prostitués".

Mr Contini

"Tonia connait bien ma vie, moi il m'arrive de l'oublier. Chaque fois que je vais à Sospel, elle me demande de lui raconter ma jeunesse".

Tonia

"parrain est un homme petit, mais il a appris à se battre pour dominer les plus grands que lui. Très rapidement il est devenu un parrain que beaucoup de personnes venaient voir pour être aidés".

Mr Contini

" de Palerme je suis allé à Naples pour fonder une petite famille pour qu'elle m'aide à gérer mes affaires qui n'étaient pas très honnêtes".

Norbert

"Alexandre m'a dit que maintenant qu'il vous aidait à vous engager dans des affaires honnêtes".

Mr Contini

"Alexandre m'aide à placer de l'argent dans des affaires honnêtes, je me fais un peu vieux et j'aimerai ne plus être un parrain".

Norbert

"parrain, vous pensez que cela est possible de vous sortir de votre milieu".

Mr Contini

"des jeunes veulent ma peau, ils me font des misères pour prendre ma place. Je prépare ma retraite avec Alexandre".

Tonia

"papa m'a dit que tu vas bientôt pouvoir te reposer parrain".

Mr Contini

"je ne veux pas que mon fils devienne un parrain, j'ai placé beaucoup d'argent dans de bonnes affaires pour le mettre à l'abri du besoin".

Tonia

"Rénato fait de bonnes études pour devenir avocat d'affaires".

Mr Contini

"Rénato est un garçon studieux et il réussira dans la vie. A son âge, je n'étais qu'un vaurien sans instruction, je suis parvenu à devenir riche en devenant malhonnête, et bien des fois j'ai failli être tué par d'autres membres de ma famille".

Norbert

"Rénato m'a dit que souvent qu'entre oncle et cousin on pouvait s'entretuer pour obtenir une plus grande parcelle de pouvoir pour s'enrichir".

Mr Contini

"c'est bien ça la mafia, on ne se respecte plus, même entre membre d'une même famille".

Norbert

"je voulais vous demander parrain, si moi et Tonia on ne pouvait pas sortir de la famille".

Mr Contini

"Alexandre est presque libre, mais il est encore lié à ma famille. je te promet Norbert que bientôt il sera libre et que sa dette aura été entièrement payée".

Tonia

"mais nous maintenant on ne peut pas vivre sans être surveillé par des gardes du corps".

Mr Contini

"tant que ton père sera à mon service, lui et sa famille sera protégée, simplement parce que je l'ai décidé".

Norbert

"parrain vous nous aimer beaucoup et vous ne voulez pas qu'il nous arrive quelque chose de mal".

Mr Contini

"parfaitement, j'aime Alexandre, si un membre de sa famille devait être tué par des gens qui me veulent du mal, je serai très malheureux".

Tonia

"je vous comprend parrain".

Mr Conti

" les enfants allez rejoindre Rénato et sa fiancée, je dois me reposer, nous allons nous revoir ce soir car je vous garde jusqu'à demain".


La voix off - Norbert obtient beaucoup d'affection de ses nouveaux parents. Rénato lui fait connaître des amis étudiants. Malheureusement pour lui il retrouve l'ambiance de Paris qu'il avait du abandonner, il parvient à maîtriser sa vie car Tonia veille bien sur lui.

Scène 128 - ext-jour -

Un taxi attend devant la villa - Alexandre, Tonia et Norbert sortent de la villa et se dirigent vers le taxi.

Alexandre

"Norbert, nous te téléphonerons dès que nous serons près à revenir, la cuisinière et Otto s'occuperont bien de toi".

Tonia et Alexandre embrassent Norbert.

Tonia

"tu dois rester ici pour te reposer car le docteur Dimitrov a dit que tu étais fatigué. Maman a besoin de moi à Zurich pour présenter sa nouvelle collection de vêtements, prend bien soin de toi. je te téléphonerai souvent".

Alexandre et Tonia montent dans le taxi. Le taxi s'en va, Norbert court derrière le taxi et envoie des baisers à Tonia.

Scène 129 - int-jour -

Dans le salon, Norbert s'allonge sur un grand canapé, il s'endort un instant. Il se réveille, il marche comme un somnambule, il parcourt la maison, il ne voit personne. Il entre dans sa chambre, prend un sac de voyage, y met des vêtements puis il quitte la villa.

Scène 130 - ext-jour -

Norbert fait du stop, une voiture s'arrête.

Norbert

"vous allez à Menton?.

Le chauffeur

" je vais à Menton, je peux vous emmener!".

Norbert

"emmener moi à la gare".

Le chauffeur

"vous êtes le fiancé de Tonia".

Norbert

"je ne connais pas de Tonia".

Le chauffeur

"excusez-moi, je dois me tromper".


La voix off - comme l'avait dit le docteur Dimitrov, Norbert pouvait perdre la mémoire. Ce jour là il perd la mémoire, il pense qu'il vient de Paris et qu'il doit aller à la gare.

Scène - 131 - int-jour -

Dans la gare de Menton, Norbert se présente au guichet.

L'employé lui demande

"vous allez où monsieur?".

Norbert ne répond pas. Une jeune femme le regarde étonnée.

La jeune femme

"vous ne savez pas où vous allez, moi je vais à San Remo".

Norbert

"moi aussi je vais à San Remo, donnez moi un billet s'il vous plait ".

Norbert suit la jeune femme et ils marchent sur le quai de la gare. Le train arrive, ils montent.

Scène 132 - int-jour -

Dans le train, Norbert suit la jeune femme, il s'installe dans un compartiment avec elle.

La jeune femme

"vous ne seriez pas allemand car vous êtes blond aux yeux bleus?".

Norbert

"je ne sais pas!"

La jeune femme le regarde un peu étonnée.

La jeune femme

"vous ne savez pas qui vous êtes?".

Norbert prend son porte feuille dans sa veste, il retire sa carte d'identité, il la regarde.

Norbert

"je suis Norbert Legrand, je viens de Paris".

La jeune femme

" tu es un comique toi. Je suis italienne, je suis venue à Nice pour chercher du travail, j'en ai pas trouvé et je retourne à San Remo. Toi, tu dois être un touriste?".

Norbert

"oui je dois être un touriste qui voyage".

La jeune femme lui tape sur l'épaule.

La jeune femme

"arrête de me taquiner le comique!".

Norbert

"je dois me reposer un peu car j'ai la tête qui me tourne".

Norbert s'endort légèrement, il rêve, il voit Tonia qui coure sur la route qui va de Sospel à Menton.

Elle crie

"Norbert, Norbert!".

Norbert crie

"Tonia, Tonia!".

La jeune femme

"c'est qui cette Tonia?".

Norbert

"je ne sais pas".

La Jeune femme

"tu es vraiment bizarre comme garçon".

Le train s'arrête en gare de San Remo, Norbert descend.

Scène 133 - ext-jour -

Norbert entre dans un square avec son sac de voyage en bandoulière, il entend de la musique et la voix d'un chanteur. Des personnes et des enfants regardent les saltimbanques. Une jeune fille et un garçon de huit ans accompagnés d'un caniche blanc font la quête. Norbert regarde la jeune fille brune, l'enfant s'approche de lui .

L'enfant

"elle te plait ma soeur?"

Norbert

"oui elle me plait bien!".

L'enfant

"ma soeur s'appelle Lisa et moi je suis Antonio. Toi c'est quoi ton prénom?".

Norbert hésite à répondre.

L'enfant

"je t'appellerai Roberto!".

L'enfant marche vers son père. Un homme de taille moyenne, brun de type sicilien vient vers Norbert.

L'homme

" mon fils veut que je me présente à toi, je m'appelle Alfredo Carpani, je suis un saltimbanque".

Norbert

"vous avez une jolie voix, et votre fille jouait bien de la guitare".

Le père

"mes enfants et le chien sont ma petite troupe, nous donnons des représentations pour vivre".

La jeune fille est près de Norbert.

La jeune fille

"c'est qui ce jolie garçon blond aux yeux bleus?".

Le père

"c'est un touriste qui va peut-être accepter de travailler avec nous".

Lisa

"oui papa, je veux que ce garçon reste avec nous".

Norbert

"je veux bien".

Le caniche se jette sur Norbert, il aboie trois fois.

Antonio

" pipo mon chien veut que Roberto reste avec nous".

Le père

"nous allons faire une nouvelle représentation. Roberto, tu vas m'aider dans mon numéro de fouet".

Lisa tend une feuille de journal à Norbert.

Norbert

"je fais quoi avec cette feuille de journal?

Le père

"tu la tend avec tes deux mains".

Lisa joue de la guitare et chante une mélodie en sicilien. Le public s'approche, le père brandit son fouet, la lanière vient couper la feuille de journal en deux.

Le père

"prend le reste du journal et je vais de nouveau couper le papier".

Il ne reste plus que cinq centimètres de papier, le père claque son fouet et coupe la feuille en deux sous les applaudissement du public. Le père met une cigarette dans la bouche de Norbert, il la coupe en deux morceaux.

Le père

"tu es un artiste Roberto, tu fais de bons gestes qui donnent du suspense au spectacle".

Antonio fait sauter le caniche dans des cercles et de plus en plus haut. Le caniche fait des pirouettes, il vient se poser sur les épaules de Norbert. Norbert fait la quête, il met une boite à pois autour du cou du chien. Les enfants mettent quelques pièces dans la boite. Le père chante avec sa fille et son fils.

La représentation est terminée. Le père conduit Norbert à sa caravane qui est près du square.

Le père

" regarde Roberto, ce fourgon un peu vieillot, et cette grande caravane, c'est notre maison".

Lisa

"nous dormons dans des campings où nous donnons aussi des représentations. Tu dormiras dans une tente de camping".

Le père

"allez les enfants, montez dans le fourgon et nous partons!".

Scène 134 - int-jour -

Dans le fourgon, Norbert est assis près du chauffeur, les enfants sont près de lui.

Le père

"nous allons sur la route qui conduit à Gêne, nous nous arrêterons dès que nous verrons un camping au bord de la mer".,,,,,,,

Le père

"Roberto, tu es content de venir avec nous?".

Norbert

"je m'appelle Norbert et je viens de Paris, je me suis arrêté à Menton en pensant que je pourrai y rencontrer une princesse mais je ne l'ai pas vue".

Lisa

"tu recherches une princesse, t'es un prince?".

Norbert

"je suis le fils d'un comte, mon père est mort et je me suis retrouvé tous seul".

Le père

"regardez nous avons un camping devant nous, nous allons nous y arrêter pour passer la nuit.

Le fourgon entre dans le camping.

Scène 135 - ext-jour -

Dans le camping, le fourgon et la caravane sont installés sur un grand emplacement. Norbert et ses nouveaux amis sont devant le fourgon.

Le père

"je vais installer la tente de camping pour Norbert. Lisa, tu vas chercher de quoi manger à l'épicerie".

Lisa prend la main de Norbert, elle le tire pour qu'il la suive.

Lisa

" Norbert vient avec moi, il recherche une princesse et moi je suis de son âge, je veux bien devenir sa princesse".

Antonio

"je veux venir avec vous!".

Lisa

"non Antonio, j'ai à parler avec Norbert "

Norbert

"que veux tu me demander?".

Lisa

"dans le square des carabiniers sont passés, ils m'ont posé des questions, ils voulaient savoir si on n'avait pas vu un grand blond aux yeux bleus. Ils disaient qu'il habitait à Sospel en France et qu'il avait quitté sa maison. Un certain Otto le recherchait partout".

Norbert

"ce n'est pas moi!".

Lisa et Norbert entrent dans l'épicerie, ils parcourent les rangées.

Lisa

"il nous faut des spaghettis, des tomates, des oeufs et une bouteille de vin pour papa".

Dans le camping Norbert et Tonia marchent main dans la main.

Lisa

"je pense que c'est toi le garçon que l'on recherche. Ils ont dit qu'il avait perdu la mémoire".

Norbert

"je viens de Paris, c'est vrai que dans le train je me sentais bizarre et à la gare, je ne savais pas très bien où j'allais".

Lisa

"on peut perdre la mémoire et oublier une petite partie de sa vie. Tu parles bien l'italien, où l'a tu appris? ".

Norbert

"je ne me souviens pas!".

Lisa

"j'ai dix sept ans, je n'ai jamais fréquentée de garçon, je suis toujours avec mon père pour ses représentations, donne moi un petit baisé sur la bouche".

Norbert se sent gêné, il hésite.

Lisa

"tu me trouves moche!".

Norbert

"non je te trouve bien mignonne".

Lisa

"alors embrasse moi!"

Norbert embrasse Lisa, il est pris d'un léger malaise. Un flash lui traverse l'esprit, il voit l'image de Tonia.

Il crie

"Tonia, Tonia!".

Lisa

"c'est qui cette Tonia?

Norbert

"ce doit être une fille que j'ai connu à Paris ou ailleurs".

Scène 136 - int-jour -

Dans la caravane Norbert et Lisa font la cuisine. Lisa fait cuire les spaghettis et Norbert coupe les tomates.

Norbert

"elle est grande votre caravane!".

Lisa

"je dors dans la caravane avec mon frère et mon père dort dans le fourgon. Mon père t'a installé une petite tente de camping".

Le père et Antonio entre dans la caravane.

Le père

"ça sent bon les oeufs et les spaghettis à la tomate. Lisa est une bonne cuisinière".

Antonio

"Norbert, elle est bien jolie ma soeur, je t'ai vu l'embrasser en revenant des courses".

Lisa

"c'est moi qui lui ai demandé de m'embrasser".

Le père

"ta soeur à l'âge d'embrasser un garçon, elle peux aimer Norbert car c'est un très joli garçon".

Antonio

"moi je suis encore trop petit pour embrasser des filles".

Le père

" Norbert, si tu restes quelque temps avec nous, tu dois savoir que j'ai été un voleur, j'ai fait de la prison. Ma pauvre femme est morte, je vis avec mes deux enfants".

Lisa

"depuis que maman est morte, papa est un bon père pour nous, il gagne sa vie honnêtement et il nous aime. Avant on ne le voyait presque jamais".

Antonio

"c'est vrai que papa nous aime beaucoup, il nous fait souvent des cadeaux. Le père prend son fils dans ses bras et il l'embrasse".

Le père

" je les aime mes enfants".

La table est mise et tout le monde mange en silence.

Lisa fait la vaisselle.

Le père

" laisse Lisa, je vais m'en occuper, va te promener avec Norbert".

Scène 137 - ext-jour -

Sur la plage Norbert et Tonia sont assis, ils regardent la mer.

Lisa

"combien de temps resteras tu avec nous? "

Norbert

"je ne sais pas, je suis parti de Paris parce que je me sentais très fatigué, j'ai du mal à me souvenir de ma vie à Paris, tout s'embrouille dans ma tête".

Lisa

"je suis devenue une femme, je voudrai que tu m'aimes".

Norbert

"tu dois attendre un peu, car ton père ne serait pas content si je dormais avec toi".

Lisa

" nous attendrons un peu et je lui demanderai la permission. Des copines m'ont dit ce qu'il fallait faire pour se protéger".

Norbert

"nous pouvons nous embrasser".

Lisa embrasse fougueusement Norbert

Lisa

"tu embrasses bien, je vois que ce n'est pas la première fois".

Norbert et Lisa rentre au camping. Il embrasse Lisa, il va se coucher dans sa tente.

Scène 138 - int-jour -

Dans la caravane, Norbert et ses nouveaux amis prennent leur petit déjeuner.

Norbert

"ce matin, je propose que nous préparions un numéro pour moi, nous allons répété, j'ai trouvé des idées. Qu'en pense tu Alfredo?".

Alfredo

"tu as raison, toi aussi tu dois présenter au public ce que tu sais faire. Tu proposes quoi?".

Norbert

"quand j'étais enfant comme Antonio dans mon village des cirques venaient et il y avait des clowns, une fois j'ai vu un jeune qui faisait le bébé et son petit frère lui faisait manger de la bouillie, il lui donnait des coups de bâton sur la tête quand il crachait ce que son petit frère lui mettait dans la bouche".

Lisa

"c'est une bonne idée et Norbert fera semblant d'être un bébé, Antonio lui fera manger la bouillie".

Antonio

"je lui donnerai aussi des coups de bâton sur la tête".

Norbert

" mais tu ne tapera pas trop fort".

Alfredo

"je suis d'accord pour ce numéro de cirque, je pourrai aussi agrandir le numéro avec mon fouet".

Lisa

"Norbert mettra une grosse pomme sur sa tête et papa tu la couperas avec le fouet ".

Antonio

"Norbert mettra un bâton entre ses jambes et tu le couperas".

Scène 139 - ext-jour -

Autour de la caravane Alfredo et sa petite famille s'agitent -

Alfredo

" pour la bouillie on prendra du lait, on écrasera des biscottes dedans".

Antonio apporte un tabouret.

Antonio

"Norbert assis toi sur le tabouret, je vais te faire manger la bouillie avec une petite cuillère".

Antonio plonge sa petite cuillère dans la bouche de Norbert qui fait la moue, il pleure en poussant des petits cris de bébé. Antonio lui donne un coup de bâton sur la tête. Des enfants du camping qui assistent à la répétition éclatent de rire.

Alfredo

"c'est très bon ce numéro, les enfants du camping rient".

Lisa

"je fais un gros bisou à mon grand bébé".

Antonio

"et moi je lui donne un autre coup de bâton sur la tête".

Norbert prend le bâton et il court après Antonio qui s'enfuit en courant.

Norbert

" c'est un coquin ton fils Alfredo, il s'amuse bien avec ce numéro".

Alfredo

"j'adore mon fils il est plein de vie".

Lisa

"papa si nous allions dans ce village qui est tout près d'ici, nous donnerons une représentation pour roder le numéro de Norbert ".

Alfredo

"oui c'est une bonne idée, rangeons toutes ces affaires et partons".

Le fourgon roule sur la route du bord de mer sur un kilomètre, il tourne à gauche pour s'engager dans les terres.

Scène 140 - ext-jour -

Sur la place du village, Lisa joue de la guitare et chante des mélodies. Antonio joue avec le chien et le fait sauter dans des cercles. Alfredo se prépare pour son numéro de fouet. Les spectateurs font un cercle autour des artistes, ils applaudissent la prestation de Lisa.

Norbert se prépare pour le numéro du journal, le fouet claque et déchire le papier en plusieurs fois. Lisa met une pomme sur la tête de Norbert et le fouet claque et coupe en deux la pomme. Alfredo donne une cigarette à Norbert, il la coupe en deux. Lisa met un bâton entre les jambes de Norbert et le fouet le coupe en deux.

Alfredo (s'adresse au public)

"applaudissez ce garçon courageux qui n'a pas peur d'être blessé par la lanière de mon fouet".

Alfredo et Antonio chantent accompagnés par Lisa et sa guitare. Norbert et le caniche font la quête. Norbert prépare le tabouret pour le numéro de clown. Le public applaudit très fort les chanteurs.

Alfredo

"maintenant vous allez assister à un numéro de cirque".

Norbert est assis sur le tabouret, Lisa lui met un bavoir de bébé autour du coup, Norbert pleure comme un bébé, Antonio lui donne un coup de bâton sur la tête, les enfants rient. Antonio lui met une cuillère de bouillie dans la bouche. Le caniche s'assoie sur son derrière, Antonio lui offre une cuillère de bouillie, le chien aboie et Antonio lui donne un coup de bâton sur la tête. Tout le public éclate de rire, La représentation se termine et le public se disperse.

Alfredo

"le numéro de clown de Norbert a fait rire tout le public, nous avons fait une très bonne recette".

Lisa et Antonio embrasse Norbert.

Lisa

"Norbert est un très bon comédien, je pense qu'il va nous trouver d'autres numéro".

Alfredo

"on va aller dans les villes, comme ça on gagnera plus d'argent".

Scène 141 - ext-jour -

Norbert et Lisa marchent main dans la main sur la plage.

Lisa

"Norbert nous avons fait trois représentations aujourd'hui dans des villages, papa est très content de la recette".

Norbert

"tu sais Lisa, cette nuit j'ai beaucoup rêvé et des images d'une jeune femme brune me sont apparues plusieurs fois, elle voulait me prendre dans ses bras et elle disparaissait. j'ai vu une maison avec un homme et une femme, j'étais assis près d'eux, ils me regardaient tendrement".

Lisa

"c'est toi le jeune homme blond que l'on recherche".

Norbert

"c'est possible mais je ne peux pas aller voir la police car j'ai été un voyou, j'ai du faire quelque chose de mal et je ne me souviens pas car j'ai perdu partiellement la mémoire".

Lisa

"je vais te teindre les cheveux, il se pourrait que des policiers te recherchent".

Norbert

"je vais aller voir un psychiatre avec ton père".

Lisa

"tu as raison, il te diras ce que tu peux faire".

Scène 142 - int-jour -

Dans la caravane, Norbert parle avec le père de Lisa.

Norbert

"Alfredo, j'ai dis à ta fille que je devais aller voir un psychiatre. Une partie de ma vie s'est envolée, j'ai peur d'avoir fait une bêtise".

Alfredo

" je sais Norbert, moi aussi j'ai fais des bêtises et j'ai fais de la prison".

Norbert

"si j'ai fais une bêtise, je n'aimerai pas aller en prison, mais je dois attendre que la mémoire me revienne".

Alfredo

"tu dois seulement attendre que la mémoire te revienne et elle te reviendra".

Norbert

"votre fille s'est attachée à moi et un peu trop, je ne veux pas m'engager avec elle, je ne veux pas la faire souffrir".

Lisa le regarde et elle pleure.

Alfredo

"Norbert a raison, il a probablement une fiancée qui l'attend quelque part et il ne peut pas s'engager avec toi".

Lisa

"mais je peux quand même t'embrasser Norbert ".

Norbert

"oui mais ne t'attache pas à moi Lisa parce qu'il se peut qu'un jour je disparaisse de ta vie".


La voix off - les jours passent, des images le harcèlent dans ses rêves, il rêve même le jour, ce qui fait pleurer Lisa et la rend malade. Il va de village en village et de ville en ville pour faire des numéros de cirque qu'il invente.

Scène 143 - ext-jour -

Sur la place d'un village - Alfredo et Norbert boivent un verre à la terrasse d'un café.

Alfredo

"Lisa nous avons à parler, Norbert et moi".

Lisa

"oui papa!".

Lisa s'en va.

Alfredo

"Norbert, tu dois partir, ma fille ne va pas bien et j'ai peur qu'elle tombe malade".

Norbert

"je partirai demain matin de bonne heure".

Alfredo

" j'expliquerai à ma fille que tu as du partir et qu'il le fallait pour son bien".

Norbert

"si je retrouve la mémoire, je reviendrai vous voir".

Alfredo

"non, tu ne dois pas revenir car je suis certain que tu as une vie ailleurs".

Norbert pleure.

Norbert

"je vous aime beaucoup, vous étiez devenu ma nouvelle famille".

Alfredo

"Norbert, tu nous as raconté un peu l'histoire de ta vie, de ce que tu te souviens. Tu obtiens un peu de bonheur quelque part et tu dois fuir car c'est ton destin".

Norbert

"je ne peux pas engager Lisa dans ma vie car je pourrai seulement lui offrir beaucoup de souffrance".

Alfredo

" tu es un bon garçon, j'aurai aimé avoir un grand garçon comme toi".


La voix off - Norbert quitte sa nouvelle famille car c'est son destin d'obtenir un peu de bonheur et de fuir.

Scène 144 - ext-jour -

Norbert marche près du bord de la mer, il se repose de temps en temps sur la plage. Une jeune femme tente de s'approcher de lui.

Norbert

"mademoiselle, je ne me sens pas très bien, je n'ai pas envie de parler".

La demoiselle

"excusez moi, vous êtes un joli garçon aux cheveux blonds et j'avais envie de parler avec vous".

La jeune femme s'en va. Norbert installe son sac de voyage sur ses genoux, il s'assoupit et s'endort.

Des images lui envahissent l'esprit, Tonia marche sur la plage venant vers lui, elle crie et elle disparait. Il se revoit dans le bateau de Rénato avec Tonia".

Norbert crie

"mais qui est cette fille qui ne cesse d'apparaître et de disparaître!".

Il se remet sur la route et marche. Il tend le bras pour faire du stop, un camion s'arrête.

Le chauffeur

"je vais à Marseille, je peux vous emmenez si vous le voulez?".

Norbert

" je monte!".

Scène 145 - int-jour -

Dans la cabine du camion.

Le chauffeur

"je me suis arrêté au resto des routiers, une affiche dit que l'on recherche un jeune homme blond aux yeux bleus. Sur la photo le jeune homme a les cheveux courts, il vous ressemble un peu".

Norbert

"ce n'est pas moi, je viens de quitter un ami saltimbanque, j'ai passé quelques semaines avec lui et ses enfants".

Le chauffeur

"c'est Alfredo, je le connais".

Norbert

"Marseille, c'est une grande ville?".

Le chauffeur

" je pense bien que c'est une grande ville. Tu feras quoi là-bas?".

Norbert

"je ne sais pas!".

Le chauffeur

" un beau garçon comme toi trouvera des filles pour s'occuper. Il y en a de très jolies à Marseille et elles aiment les blonds comme toi".

Norbert

"je peux dormir un peu?".

Le chauffeur

"je te réveillerai quand je serai arrivé au vieux port à Marseille".

Norbert s'endort, il rêve et se revoit à Paris avec son Elodie, elle tient par la main Tonia, puis elles disparaissent. Tout s'embrouille dans sa tête, il se revoit chez son oncle dans les rangs de fraisiers avec la petite Françoise, c'est Tonia qui prend sa place puis Elodie.

Scène 146 - ext-jour -

Un camion s'arrête au vieux port. Dans la cabine le chauffeur réveille Norbert.

Le chauffeur

"on est rendu à Marseille au vieux port".

Norbert

"je vous remercie".

Le chauffeur

"prend bien soin de toi mon garçon".

Norbert s'assoie sur un banc sur le vieux port, il sort de son sac une tomate et un morceau de pain. Il cale son sac sur ses genoux et il s'endort. La nuit tombe, un policier le réveille.

Le policier

"tu ne vas pas dormir ici mon garçon, je t'emmène à l'asile de nuit".

Scène 147 - int-jour -

Un policier confit Norbert au gardien de l'asile de nuit.

Le gardien

"encore un jeune clochard!".

Norbert le regarde étonné .

Norbert

"je ne suis pas un clochard monsieur!".

Le gardien

"mais si tu es un clochard, tu vas prendre une douche avant de te mettre au lit".

Norbert prend une douche et il se met au lit.

Au petit matin le gardien le réveille.

Le gardien

"tu prends tes affaires et tu t'en vas, si tu veux dormir ici ce soir, sois là à dix huit heures".

Scène 148 - ext-jour -

Norbert marche dans des rues de Marseille, il voit des prostitués qui interpellent des clients.

Une prostituée

"tu viens beau blondinet?".

Norbert sourit. Il s'assoit à une table dans un petit restaurant.

Scène 149- int-jour -

Dans un restaurant Norbert est assis à une table, il sort son portefeuille, il regarde dedans. Le patron le regarde.

Le patron

"tu as de l'argent pour manger, sinon tu t'en vas?".

Une jeune prostituée est assise à la table à côté.

La prostituée

"patron, j'invite ce garçon!".

Norbert

"merci madame".

La prostituée

" je suis Nicole, mon julo est en prison".

Norbert

"c'est quoi un julo? ".

La prostituée éclate de rire.

La prostituée

"tu ne sais pas ce que c'est un julo, c'est mon protecteur!".

Un client

"c'est son mac!".

La prostituée

"veux tu que je t'offre un plat de frites avec une entrecôte?".

Norbert

"je veux bien Nicole".

Un garçon dépose sur la table un plat de frites et une entrecôte. Norbert se jette sur la nourriture.

La prostitué

"doucement, on dirais que tu n'as pas mangé depuis quinze jours. Quand tu auras fini de manger, je t'emmènerai dans mon château".

Un client

"son château, c'est sa chambre de pute".

Nicole

"t'as pas fini de nous emmerder, toi l'impuissant".

Le client

"tu verras demain si je suis un impuissant!".

Scène 150 - int-jour -

Dans la chambre de Nicole. La chambre n'est pas très grande, elle est confortable et bien meublée.

La prostituée

" c'est ici mon château!".

Norbert

"vous êtes bien ici!".

La prostituée

"tu dois me tutoyer, tu remplaceras mon julo".

Norbert

" je ferai quoi?".

La prostituée

"tu me protègeras en attendant que mon Marcel sorte de prison".

Norbert

"tu penses que je peux te protéger".

La prostituée

" mais oui, tu es grand et tu n'as pas un corps de mauviette. Les autres julos doivent me voir accompagné, sinon ils vont venir m'emmerder pour me piquer mon pognon".

Norbert

"la prison, elle est où?".

La prostituée

"c'est la prison des Baumettes, je t'y emmènerai demain pour te présenter à mon julo".

Norbert

"il va dire quoi ton julo en me voyant?".

La prostituée

"il sera content car il m'a dit de trouver un remplaçant en attendant qu'il sorte".

Norbert

"je ne suis pas très bien habillé!".

La prostituée

"t'inquiète pas, on va aller dans un magasin pour te mettre beau pour devenir mon protecteur".

Norbert

"on pourra aller se promener dans Marseille?".

La prostituée

"on ira où tu voudras. Déshabille toi, on va faire l'amour, tu es un beau garçon et cela me changera des moches qui sont mes clients".

Nicole déshabille Norbert, elle le pousse sur le lit.

Scène 151 - int-jour -

Dans un magasin de vêtements, Norbert essaye plusieurs costumes.

Nicole

" celui là est beau mais on peut trouver mieux. Tu dois ressembler à un julo de Marseille et pas à un de mes clients".

Norbert choisit un costume bleu marine.

Nicole

"ce n'est pas vraiment un costume de julo mais je t'apprendrai à te dandiner comme mon Marcel, et tu auras l'air d'un vrai mac de Marseille".

Norbert se regarde devant la grande glace dans la cabine d'essayage.

Nicole

"tu es beau comme un camion tout neuf".

La vendeuse le regarde et le dévore des yeux.

La vendeuse

"vous l'avez trouver où ce beau garçon, ici à Marseille ce genre là on n'en voit pas?".

Nicole

" c'est un cadeau du père noël".

La vendeuse

" donnez-moi l'adresse de ce bonhomme, j'en voudrais un comme lui".

Nicole

"il n'y en à plus, le moule est cassé!".

La vendeuse et Norbert éclatent de rire.

Scène 152 - ext-jour -

Nicole promène Norbert avec son beau costume bleu dans les rues de Marseille. Elle lui apprend à se dandiner.

Nicole

"ça c'est la canebière, l'avenue la plus connue de la ville, elle va jusqu'au vieux port".

Norbert

"c'est beau Marseille!".

Nicole

"je te ferai visiter le château d'if où on y a enfermé le comte de monte cristo".

Une jeune femme brune interpelle Nicole.

La jeune femme

"hé Nicole que fais-tu avec ce beau blondinet aux yeux bleus?".

Nicole

"c'est le remplaçant de mon julo, c'est un paumé que j'ai trouvé dans un resto".

La jeune femme

"il n'a pas l'air paumé, on dirait un prince!".

Nicole tourne autour de Norbert.

Nicole

"c'est bien vrai qu'il a l'air d'un prince".

Norbert

"je suis le fils d'un comte, mon père est mort".

La jeune femme

"tu ne veux pas me le prêter ce jeune comte que tu prends pour un paumé?".

Nicole

" ah ça non, je me le garde pour moi, il fait bien l'amour!".

Norbert et Nicole s'arrêtent, ils s'assoient à la terrasse d'une brasserie.

Scène 153 - int-jour -

A la prison des Baumettes, Nicole et Norbert discutent au parloir.

Le julo

"c'est toi que Nicole a choisi pour me remplacer, elle a bien fait?".

Nicole

"il te plait ton remplaçant, il s'appelle Norbert et en plus c'est le fils d'un comte?".

Le julo

"je suis plus tranquille maintenant que tu a ce Norbert avec toi, je vais bientôt sortir car je me tiens pénard".

Nicole

"des julos n'ont pas arrêté de venir me harceler, ils voulaient savoir qui me protégeait"

Le julo

"tu me diras qui c'est ces gugus? ".

Nicole

"tu ne manques de rien ici?".

Le julo

"j'ai tout ce qu'il me faut car tu m'apportes de l'argent à chaque fois que tu viens me voir, tu es une bonne poulette ma Nicole".

Nicole

"je peux me reposer un peu pour faire visiter Marseille à Norbert? ".

Julo

" tu peux ma cocotte, je suis ton mac mais je ne suis pas un salaud qui peux te prendre tout ton fric et te faire travailler comme une malade".

Nicole

"mon Marcel est un bon julo, l'autre que j'avais avant lui il me frappait tous les jours et il me prenait presque tout ce que je gagnais".

Le julo

" je bosse, je pique des bagnoles pour me faire du fric et ma poulette ne manque de rien".

Nicole

"t'es un bon julo mon Marcel".

Norbert

"vous n'êtes pas mariés? ".

Le julo

" t'es pas fou, faudrait payer un avocat si on voulait divorcer, on va pas nourrir des fainéants".

Norbert et Nicole disent au revoir à Marcel, ils s'en vont.

Nicole

" t'as raison mon Marcel, le mariage c'est pas pour nous autres".

Le julo

" nous on est le le business sociale, on est utile à la société. T'en pense quoi le Norbert?".

Norbert

"tu as raison Marcel".

Le julo

" on pourra s'associer quand je serai sorti de cette tôle. Je suis un homme d'affaire honnête".

Nicole sourit.

Nicole

"c'est bien vrai qu'il est honnête mon Marcel, même qu'il fait de la tôle".

Le julo éclate de rire.

Le julo

"moi honnête, oui mais un peu quand même. Je fais gagner du pognon à ma Nicole".

Nicole

"Norbert si mon julo ne me protégeait pas les autres me piqueraient tout mon blé. C'est mon garde du corps".

Le julo

"un garde du corps ça se paye, c'est un job honnête. Pas vrai ma poulette!".

Norbert

"moi je ne veux pas devenir garde du corps d'une femme".

Le julo

"toi tu es un comte, c'est toi qu'il faut protéger".

Scène 154 - int-jour -

Dans la chambre de Nicole. Nicole et Norbert sont allongés sur un grand lit.

Nicole

"comment tu l'as trouvé mon julo? ".

Norbert

"très sympa ton Marcel, il a l'air d'un honnête garçon".

Nicole

"il vit avec moi depuis plus d'un an, avec lui je peux mettre de l'argent de côté".

Norbert

" pourquoi tu fais la pute?".

Nicole

" je suis venue à Marseille pour devenir coiffeuse, je vivais dans une chambre de bonne puis j'ai rencontré un beau garçon, le André, il m'a promis mont et merveille et je me suis retrouvée à la rue à faire la pute".

Norbert

"tu ne pouvais pas le dénoncer à la police?".

Nicole

"j'aurais pu mais quand un julo te tiens, si tu le quittes tu risques souvent d'y perdre la vie".

Norbert

"ton Marcel est un bon julo lui, tu ne peux pas lui demander de te rendre ta liberté"

Nicole

"je ferai quoi après, je me retrouverai sans un sous, avec julo j'ai plein d'argent placé à la banque".

Norbert

"moi je ne deviendrai jamais un julo".

Nicole

"tu as bien raison, il faut respecter les filles".

Norbert

"on va se promener sur le vieux port et on ira manger dans un restaurant".

Nicole

"tu protèges la Nicole et elle peut te payer le restaurant".

Scène 155 - ext-jour -

Sur le vieux port, Norbert et Nicole marchent main dans la main, ils croisent beaucoup de personnes.

Norbert

"il y a beaucoup de monde à Marseille".

Nicole

"c'est la période des touristes, l'hiver c'est plus calme".

Un homme grand et noir s'arrête devant Nicole.

Le noir

"alors la pute, t'as trouvé un autre mac?".

Norbert regarde le noir, il hausse les épaules et gonfle le torse.

Norbert

"oui elle a trouvé un mac pour la protéger".

Un autre noir intervient.

L'autre noir

"laisse tomber, regarde ce mec, il doit travailler avec la mafia, méfie toi".

Les deux noirs s'en vont.

Norbert

"la mafia, j'ai entendu ça quelque part, il me semble que j'ai du rencontrer un parrain de la mafia en Italie, ma mémoire me revient doucement".

Scène 156 - int-jour -

Dans un restaurant, Norbert et Nicole sont assis à une table, ils mangent une bouillabaisse.

Norbert

"c'est bon cette soupe de poissons!".

Un homme grand et brun s'arrête devant Norbert, il lui présente une carte de la police.

Le policier

"on recherche un jeune homme blond, il vivait près de Menton et il a disparu. Regardez cette photo il vous ressemble un peu sauf que vous avez les cheveux longs et pas lui ".

Norbert

"non je ne connais pas ce jeune homme".

Le policier s'en va.

Nicole

"tu n'aurais pas fait quelque chose de mal des fois, j'ai bien vu que c'était toi sur la photo. Le policier ne l'a pas remarqué lui".

Norbert

"j'ai vécu un peu en Italie avec un sicilien qui s'appelait Alfredo, c'était un saltimbanque". Quand nous serons dans la chambre, tu me raconteras un peu ta vie".

Norbert

"il m'en manque un morceau, je ne savais pas que l'on pouvait perdre la mémoire partiellement".

Nicole

"tu sais c'est bizarre dans notre cerveau et plein de choses peuvent arriver".

Scène 157 - int-jour -

Dans la chambre, Nicole et Norbert viennent de terminer de faire l'amour.

Nicole

"tu fais vraiment bien l'amour toi, mieux que mon julot".

Norbert

"j'aime bien faire l'amour avec toi, tu es belle et je ne peux le faire qu'avec une belle fille".

Nicole

"tu vas me raconter un peu ta vie".

Norbert

"tu sais, j'ai vécu quelque temps à Paris, j'ai du mal à me souvenir, la nuit je rêve que je suis à Paris et tout s'embrouille dans ma tête, je vois une jeune fille qui doit s'appeler Elodie, son visage disparaît et c'est un autre qui prend sa place".

Nicole

" tu as du rencontrer une autre fille".

Norbert

"oui mais où et quand? ".

Nicole

"tu sais moi je pense que tu ne vas pas rester longtemps avec moi, je sens ces choses là. La mémoire va te revenir ici à Marseille".

Norbert

"J'ai du vivre quelque temps entre Nice et San Remo, je pourrais demander à la police où habite ce jeune homme que le policier m'a montré, mais imagine toi s''il a fait quelque chose de mal".

Nicole

"tu dois attendre que la mémoire te revienne et tu le sauras".

Norbert

"c'est ce que j'ai de mieux à faire".

Nicole

"tu as dit que tu étais le fils d'un comte et qu'il était mort, il habitait où?".

Norbert

"dans un village en seine et oise près de la ville de Mantes".

Nicole

"tu as habité dans un château?".

Norbert

"j'ai vécu jusqu'à quatorze ans dans la misère près de ce père qui savait que j'étais son fils, avant de mourir il m'a avoué qu'il était mon vrai père".

Nicole

"elle est triste ta vie, mais la mienne ne vaut pas mieux".

Norbert

" raconte moi un peu ta vie".

Nicole

"tu sais, je suis née à Avignon, mes parents sont de modestes ouvriers, ma mère fait des ménages et mon père est maçon".

Norbert

"tes parents savent que tu fais la pute à Marseille?".

Nicole

"un jour mon frère m'a vu racoler un client, il m'a regardé et il est parti sans rien dire".

Norbert

"demain, tu m'emmèneras au château d'if".

Nicole

"oui, cela nous fera prendre l'air".

Scène 158 - ext-jour -

Au vieux port, Norbert et Nicole embarquent sur un bateau qui va au château d'if, il y a beaucoup de touristes. Le bateau quitte le port et il se dirige vers une petite ile.

Nicole

"regarde c'est là bas le château d'if où fut enfermé de comte de monte cristo".

Norbert a un léger malaise.

Nicole

"qu'est-ce qui t'arrive Norbert?".

Norbert

"c'est rien cela m'arrive souvent, des images se présentent dans ma tête et cela me fait perdre l'équilibre".

Nicole

" c'était quoi ces images?".

Norbert

"j'ai vu des fenêtres avec des barreaux, je pensais à ce monte cristo qui fut enfermé dans une prison. J'ai vu aussi un hôpital et je me suis vu dans un dortoir avec une jeune femme brune qui était très jolie".

Nicole

"tu vois la mémoire te reviens!".

Norbert

"j'ai vu aussi une ville où il y avait une fête. Dans une grande allée il y avait des citrons et des oranges que l'on avait mis sur des décors".

Nicole

"c'est la fête des citrons de Menton".

Norbert

"j'ai vu d'autres images mais elles étaient embrouillées".

Nicole

"ce soir on ira voir un film qui se passe sur la côte d'azur, tu verras des villes et des paysages, je pense que la mémoire va te revenir complètement".

Le bateau arrive sur l'ile. Il accoste. Les touristes descendent. Norbert et Nicole marche sur le chemin qui conduit au château d'if. Il y a beaucoup de touristes.

Norbert

"c'est très impressionnant cette grande forteresse".

Nicole

"un guide va nous expliquer l'histoire de cette forteresse".

Des groupes se forment, ils suivent un guide.

Norbert entre dans une cellule de prisonniers, il est prit d'un léger malaise.

Norbert

"je dois quitter cette forteresse, cette visite me rend malade, des images s'embrouillent dans ma tête".

Nicole

"on va attendre que le bateau revienne au vieux port, c'est dommage car la visite était intéressante".

Scène 159 - int-jour -

Norbert et Nicole sont assis dans une grande salle de cinéma, l'écran est très grand. Nicole tient la main de Norbert qui regarde attentivement le film. Des images de Monaco apparaissent, une voiture de sport file sur la route vers Nice. La promenade des Anglais apparait, Norbert voit un homme grand et blond qui marche avec une jeune femme brune.

Norbert crie

"c'est Otto, c'est le garde du corps de Tonia!".

Nicole

" sortons, tu déranges les spectateurs".

Devant le cinéma.

Norbert

" j'ai retrouvé la mémoire".

Nicole le prend dans ses bras, elle pleure de joie.

Nicole

"comme je suis contente pour toi Norbert. C'est qui cette Tonia et ce Otto?.

Norbert

"Tonia c'est ma fiancée, elle habite près de Sospel avec ses parents Alexandre et Toinette".

Nicole

"comment on va faire, tu ne vas pas téléphoner à ces gens pour leur dire, coucou c'est moi Norbert, j'ai retrouvé la mémoire".

Norbert

"tu peux leur dire que tu as vu une photo dans un commissariat de police et que tu penses savoir où est ce jeune homme que l'on recherche".

Nicole

"c'est une bonne idée, je vais faire ça, viens, allons dans un bar pour téléphoner".

Scène 160 - int-jour -

Dans un bar, Nicole est dans une cabine de téléphone.

Nicole

"allo, je suis bien chez monsieur Alexandre?".

Un homme répond

"je suis Otto un employé de monsieur Alexandre, que puis-je pour vous?".

Nicole

" j'habite à Marseille, j'ai vu une photo d'un jeune homme que monsieur Alexandre recherche, je pense que ce jeune homme est ce Norbert qu'il recherche".

Otto

"je vais en parler avec monsieur Alexandre, donnez moi un numéro de téléphone pour que je puisse vous joindre".

Nicole revient vers Norbert qui est assis, il boit une bière.

Nicole

"c'est Otto qui m'a parlé, il m'a dit qu'il allait en parler avec monsieur Alexandre".

Norbert

"c'est le père de Tonia".

Nicole

"nous devons attendre qu'il nous appelle, j'ai donné le numéro de téléphone du bar qui en bas de l'immeuble où j'habite".

Scène 161 - int-jour -

Dans la chambre, Nicole et Norbert sont assis sur un lit -

Norbert

"Nicole, j'ai peur de retrouver cette famille qui m'a beaucoup aimé, j'ai peur que le père de Tonia me reproche d'avoir quitté la maison s'en prévenir personne".

Nicole

"tu es parti parce que tu as perdu la mémoire, tu n'es pas responsable".

Norbert

"comment je vais les retrouver, Alexandre va t'il vouloir me garder encore chez lui ".

Nicole

"cesse de te tourmenter, si ces gens-là t'aiment vraiment ils t'embrasseront quand tu arriveras et ils ne te feront aucun reproche".

Norbert

"j'en ai marre de ma vie, j'obtiens un peu de bonheur quelque part et ma vie m'échappe".

Nicole

"tu n'y peux rien, c'est ton destin et tu dois l'accepter tel qu'il est, tu n'as pas le pouvoir de le changer".

Norbert

"c'est comme ta vie à toi, tu ne peux pas la modifier".

Nicole

"c'est ça, laisse faire les choses!".

On frappe à la porte.

" Nicole, on vous demande au téléphone au bar".

Nicole

"je descend!".

Norbert

"ce doit être le père de Tonia".

Norbert attend dans la chambre, il marche de long en large. Nicole revient, elle prend Norbert dans ses bras.

Nicole

"c'est le père de ta Tonia qui m'a parlé, il pleurait, il m'a dit que sa fille était malade et que le docteur Dimitrov la soignait. Toinette m'a aussi parlé, elle pleurait".

Norbert

"et c'est tout?".

Nicole

"avec les explications que j'ai fourni, ils m'ont dit tu étais bien le Norbert qu'ils recherchaient. Otto viendra te chercher à la gare de Nice demain après midi".

Norbert

"je ne comprends pas pourquoi j'ai perdu la mémoire et seulement cette partie de ma vie".

Nicole

" cela arrive, on ne sait pas ce qui peut se passer dans notre cerveau".

Norbert

"quand j'étais à Paris je fréquentais beaucoup d'étudiants, ils me donnaient de la poudre blanche à respirer".

Nicole

"mon julo il lui ai arrivé de vendre de la poudre blanche dans des petits sachets, ils gagnaient beaucoup d'argent mais il en consommait. Un jour il m'a dit qu'il arrêtait de prendre de cette merde car lui aussi il lui arrivait de perdre la mémoire".

Norbert

"ma belle Nicole, je vais devoir te quitter demain, cela me rend très triste à l'idée de devoir t'abandonner".

Nicole

" mon julo va bientôt sortir des Baumettes et ma vie recommencera comme avant, c'est mon destin".

Norbert

"moi aussi je vais retrouver ma vie et j'espère que je vais pouvoir de nouveau retrouver le bonheur avec la famille que j'ai abandonné".

Nicole

'j'aimerai faire une dernière fois l'amour avec toi".

Norbert

"ce n'est pas possible Nicole car j'aurai l'impression de tromper ma belle Tonia que j'aime tellement".

Nicole

"tu as raison, moi je suis une pute et je ne suis plus une fille normale".

Norbert

"maintenant je peux devenir un frère et un grand ami pour toi, je t'écrirai et je te téléphonerai souvent".

Nicole

"non Norbert, je devrai t'oublier car je serai bien capable de pleurer à chaque fois que je penserai à toi".

Norbert

" j'ai du oublier les filles que j'ai connu car j'avais trop mal quand je pensais à elles".

Nicole

"tu es entré dans ma vie, ce fus pour moi un très beau cadeau et mon cadeau va partir demain".

Norbert

"je vais me coucher et demain je vais retrouver mon morceau de vie qui s'est envolé".

Nicole

"tu auras été pour un moment un petit oiseau égaré, maintenant tu vas retrouver ton nid. Au revoir petit oiseau!".

Scène 162 - int-jour -

A la gare Saint Charles, Nicole pleure. Elle porte une valise et Norbert son grand sac de voyage.

Nicole

"tu n'oublieras pas que Otto t'attend à la gare de Nice où tu dois descendre".

Norbert embrasse Nicole.

Nicole

"fais attention à toi mon beau Norbert!".

Nicole marche sur le quai de la gare, elle ne se retourne pas. Norbert monte dans le train.

Scène 163 - int-jour -

- Norbert s'installe dans un compartiment. Le train s'en va, il s'endort. Il rêve, des images lui apparaissent, il voit Tonia et ses parents dans le grand salon, ils pleurent. Otto et la cuisinière sont très triste. Il se revoit dans le château de son père près de sa cabane dans la forêt, il hurle comme un jeune loup, sa mère apparait, elle est dans une maison au bord d'un lac. Des images de Françoise, de Josiane et d'Elodie lui apparaissent.

Une femme le secoue

"jeune homme, on est à Nice, si vous descendez ici, vous êtes arrivé!".

Norbert

"merci madame, je descend ici".

Scène 164 - int-jour -

Sur le quai de la gare de Nice, au loin, Norbert voit apparaitre la grande silhouette d'Otto. Norbert court avec sa valise et son sac de voyage qui se balance sur son épaule. Otto le prend dans ses bras, il l'embrasse.

Otto

"mon dieu te voilà enfin revenu Norbert, à la maison plus personne ne parle, on pleure souvent et on regarde des photos de toi".

Norbert pleure, il essaye de parler, aucun mot ne sort de sa bouche.

Otto

" on va s'arrêter sur la promenade des Anglais et on parlera un peu. Je t'ai fait arrêter à Nice parce que je veux que tu vois la route qui va de Nice à Menton et à Sospel, je veux que tu respires l'air de la mer avant de revenir à la maison".

Scène 165 - ext-jour -

Norbert et Otto marchent sur la promenade des Anglais.

Otto

"tu sais, Tonia ne va pas bien, le docteur Dimitrov est à la maison pour la soigner. Toinette a été malade elle aussi et Alexandre ne sort plus de la maison depuis ton départ".

Norbert pleure.

Norbert

" tout ça c'est de ma faute, je n'aurais jamais du entrer dans cette famille".

Otto

" tu n'es responsable de rien, j'ai été prêtre et j'ai vu tant de souffrance chez les humains que je tentais de réconforter. Dieu nous met à l'épreuve tous les jours de notre vie. Norbert tu dois accepter la vie comme un beau cadeau".

Norbert

"nous sommes dont fait pour souffrir? "

Otto

"oui, nous souffrons et nous obtenons un peu de bonheur de temps en temps, telle est notre vie à tous".

Norbert

"tu penses que je dois revenir à la maison?".

Otto

" tu vas redonner la vie à cette maison. Si tu ne reviens pas ce sera une grande catastrophe. Quand Tonia va te revoir son corps va revivre et son mal va la quitter".

Norbert

"j'ai peur Otto. A Paris, je me suis enfui pour échapper à la folie qui me guettait.


La voix off - Norbert doit retrouver sa famille, un morceau de sa vie s'est échappé et tous ses souvenirs lui sont revenus intacts, comme si rien ne s'était passé.

Scène 166 - ext-jour -

Sur la route au bord de la mer - Une R8 roule, une pancarte indique "Sospel". Norbert est assis près d'Otto qui le regarde en souriant.

Norbert

"j'ai l'impression de n'êtes jamais parti de la maison".

Otto

"c'est bon signe, le noir qui a effacé un moment de ta vie est complètement dissipé, j'en ai connu des personnes qui ont perdu partiellement la mémoire ".

Norbert

"je ne pensais pas que l'on puisse perdre la mémoire partiellement, c'est cruel ce genre de chose".

Norbert ne cesse de regarder la mer.

Otto

"c'est beau la côte d'azur!".

Norbert

" quand je suis arrivé à Menton, j'ai vu cette beauté et je me suis dit que ça pouvait devenir un petit paradis pour moi".

Otto

"tu l'as trouvé ton paradis, il t'a un peu échappé mais il te rappelle à lui pour t'offrir de nouveau du bonheur".

Norbert

"je ne crois pas en dieu, mais je crois que l'enfer existe car j'y ai vécu une grande partie de ma jeunesse".

Otto

"l'enfer existe sur terre, je l'ai moi aussi connu pendant la guerre et Alexandre aussi en Russie où il vivait".

Scène 167 - ext-jour -

Devant une villa - Une R8 s'arrête. Alexandre, Toinette et Tonia sont devant la porte. Alexandre vient accueillir Norbert, il le prend dans ses bras, il l'embrasse. Toinette pleure et rentre dans la maison. Tonia s'approche de Norbert, elle est pale, elle lui prend la main, elle le tire pour qu'il la suive. Norbert et Tonia marchent sur les terrasses autour de la maison.

Tonia

"te voilà revenu, tu es parti à la recherche de ton destin. Tu te souviens, tu me disais souvent que ton destin t'échappait et que tu devais partir à sa recherche".

Tonia parle très doucement, elle semble droguée.

Norbert la regarde, il la prend des ses bras, il l'embrasse.

Tonia

"tu sais, j'ai été très malade en ton absence, quand papa m'a dit que l'on t'avait retrouvé, mon coeur a failli s'arrêter".

Norbert

"j'ai peur que ton père me demande de quitter sa maison".

Tonia

"papa est tombé malade lui aussi, depuis que tu es parti il ne travaille plus. Il pleurait et disait qu'il n'avait pas su protéger son fils. Tu penses qu'il te laisse pénétrer dans sa maison pour demain te dire de t'en aller, tu es fou Norbert".

Norbert

"rentrons à la maison, je veux embrasser maman Toinette".

168 - int-jour -

Dans le salon - Norbert embrasse Toinette qui le prend dans ses bras.

Toinette

" j'ai du rentrer car j'étais trop émue de te revoir".

Le docteur Dimitrov s'approche de lui, il l'embrasse.

Le docteur

"il était temps que tu revienne mon garçon, la maison respirait la tristesse en ton absence".

Le visage de Tonia s'illumine.

Alexandre

" le jour ou on a appris que tu avais disparu, nous sommes rentrés immédiatement à la maison, nous avons attendu dans l'espoir que tu reviendrai.

Toinette

"Tonia a allumé des bougies partout dans la maison, elle a commencé à délirer, elle s'est mise à hurler, c'était comme le cri d'une louve qui aurait perdu son petit".

Norbert

"je lui avais raconté mon enfance, il m'arrivait de hurler comme un loup quand j'étais malheureux".

Le docteur

"Alexandre m'a amené Tonia pour que je la soigne, elle délirait et j'avais peur qu'elle perde la raison".

Alexandre

"notre fils s'en était allé, nous ne savions où et il nous semblait que nous allions perdre notre fille".

Toinette

"quand la cuisinière nous a téléphoné à Zurich pour nous dire que tu avais disparu, nous avons téléphoné au docteur Dimitrov qui nous a dit que tu avais peut être perdu la mémoire".

Alexandre

"j'ai téléphoné à la police pour qu'il lancent des recherches. Le docteur m'a dit de faire très attention, on devait te surveiller mais ne pas t'approcher".

Le docteur

"quand une personne perd la mémoire, complètement ou partiellement, il faut faire attention car le malade pourrait avoir un choc violent en voyant une personne que sa mémoire a momentanément effacé".

Alexandre

"Otto t'a retrouvé sur une place où tu faisais un numéro de cirque. Nous ne pouvions pas prendre le risque de te rendre encore plus malade".

Toinette

"pour nous on pensait que tu ne reviendrais jamais. Otto te voyait heureux avec une jeune fille, on ne pouvait pas dire à Tonia que tu avais une autre fiancée".

Norbert

" j'ai vécu quelques semaines avec Alfredo et ses enfants, sa fille Lisa me prenait la main et elle m'embrassait, mais j'avais l'impression que c'était mal, je lui ai dit que je devais probablement avoir une fiancée quelque part et qu'un morceau de ma vie me manquait. je devais attendre qu'il me revienne".

Tonia

"elle était jolie cette Lisa ".

Norbert

"très jolie, elle jouait de la guitare pour accompagner son père et son frère qui chantaient des chansons siciliennes".

Le docteur

"Norbert quand tu es arrivé Tonia était très pale et semblait absente, je la vois revivre, son visage s'illumine de nouveau".

Toinette prend sa fille dans ses bras.

Toinette

"c'est vrai que va mieux ma chérie".

Alexandre prend sa fille dans ses bras.

Alexandre

"depuis que Norbert est revenu la maison respire de nouveau on dirait que son coeur s'était arrêté et qu'il rebat de nouveau".

Toinette

"et cette femme de Marseille, c'était qui?".

Norbert

"c'était une prostituée, quand je suis arrivé à Marseille elle s'est occupée de moi parce que j'étais perdu dans cette ville".

Alexandre

"quand on a apprit que tu avais quitté Alfredo, on a pensé que l'on ne te reverrai jamais, nous avons cessé de nous informer".

Tonia

"tu me raconteras tout ce que tu as fait pendant ton absence".

Norbert

"depuis que j'ai quitté Marseille, j'ai l'impression que cette vie que j'ai vécu après mon départ, elle s'évapore lentement".

Le docteur

"je pense que dans quelque temps, tu l'auras complètement oublié".

Norbert

"les souvenirs de ma vie passée s'effacent souvent, ils me reviennent dans mes rêves et ils disparaissent".

Le docteur

"ce qui t'es arrivé, c'est lié à la drogue que l'on t'a donné quand tu étais à Paris".

Norbert

" je ne savais pas à quoi elle servait cette poudre blanche que les étudiants me faisaient respirer, ils disaient que cela ôtait la fatigue et l'abus d'alcool".

Le docteur

"tu as de la chance de ne pas être devenu un grand drogué dépendant".

Alexandre

"à l'association, ils nous en vient, ce sont de vrais loques humaines, certain ne savent plus qui ils sont ".

Tonia

"Norbert a failli se remettre à consommer de la drogue, Rénato en distribuait dans les réunions avec les étudiants".

Alexandre

"pourquoi ne me l'a tu pas dit Tonia?".

Tonia

"j'étais avec Norbert et il n'a jamais pris cette cochonnerie, et il ne buvait que très peu d'alcool".

Alexandre

"je parlerai à son père".

Scène 169 - int-nuit -

Dans la chambre de Norbert

Norbert

"Tonia cela me fait tout drôle de me retrouver dans cette chambre avec toi, mais j'ai l'impression que je ne suis jamais parti".

Tonia

"j'ai été très malade durant ton absence, te voir près de moi de nouveau, j'ai l'impression de renaître".

Norbert

"nous devons oublier complètement ce qui c'est passé, faisons comme si je n'étais jamais parti".

Tonia

"tu as raison".

Tonia déshabille Norbert, elle le pousse sur le grand lit.

Norbert caresse lentement Tonia qui pousse de léger cris de plaisir".

Scène 170 - int-jour -

Dans la cuisine - Alexandre et sa petite famille déjeunent.

Alexandre

"maintenant que notre Norbert est revenu et que la maison respire de nouveau, je vais pouvoir reprendre mes activités".

Toinette

"moi aussi!".

Tonia

"nous allons faire comme si Norbert n'était jamais parti".

Alexandre

"plus jamais on ne parlera dans cette maison de cette absence".

Norbert

"moi je vais aller voir mes riches clientes pour faire le prof de gym, elles veulent maigrir pour plaire à leurs amants".

Tonia

"j'irai avec toi, je ne veux plus jamais te quitter, tu m'auras près de toi, le jour et la nuit".

Toinette et Alexandre les regardent, ils s'embrassent".

Toinette

" comme ils sont mignons ces deux là !".

Alexandre

"ce sont nos enfants!".

Scène 171 - ext-jour -

Un taxi attend devant la villa. Le docteur embrasse tous les membres de la famille d'Alexandre.

Le docteur

"maintenant, je peux vous laisser, je n'ai plus de malades à soigner, une tornade blanche est passée sur la maison pour la nettoyer de la tristesse qui l'avait habitée".

Alexandre

"docteur, il ne s'est rien passé dans cette maison, vous avez du rêver".

Toinette

"oui notre bon docteur ne va pas bien, nous allons devoir le soigner".

Le docteur éclate de rire.

Le taxi s'en va, la famille d'Alexandre fait de grands gestes d'adieu au docteur.

Scène 172 - ext-jour -

Sous la pergola près de la villa. Norbert et les membres de sa familles sont assis à une grande table.

Norbert

"Tonia on fait quoi ce matin? On va se balader à bicyclette, cet après midi on prendra le voilier de Papa pour se promener sur la mer".

Toinette

"soyez prudent les enfants et méfiez vous bien de la météo".

Tonia

"oui maman!".

Toinette

"moi je vais téléphoner à mes amies pour leur dire que je suis de nouveau disponible, j'ai de belles robes à leur proposer".

Tonia

"papa est parti pour ses affaires".

Toinette

" il a beaucoup de travail en ce moment, les gens veulent devenir de plus en plus riche, ils on besoin de ses conseils".

Norbert

"Tonia, tu as des nouvelles de Rénato et de Françoise?".

Tonia

"je ne veux plus en entendre parler, tu comprends ce que je veux dire".

Norbert

" tu penses que mon départ est lié à l'amitié que nous avions avec lui et tous ses amis étudiants ".

Tonia

" nous devons oublier cette mauvaise amitié".

Norbert embrasse Tonia.

Norbert

"nous n'aurons plus d'amis, seulement mes riches clientes que je vais faire maigrir en leur faisant faire de la gym".

Tonia

"ce seront de bons amis utiles qui te feront gagner beaucoup d'argent".

Scène 173 - ext-jour -

- Norbert et Tonia se promènent à bicyclette, tous les kilomètres, ils s'arrêtent dans un petit chemin, ils se roulent dans l'herbe, ils se courent après, s'embrassent fougueusement.

Une paysanne passe près d'eux.

La paysanne

" Tonia, tu as retrouvé ton amoureux?".

Tonia

"je ne l'ai jamais perdu!".

La paysanne

"j'dois m'tromper d'amoureux!.

Norbert

"oui, c'est ça madame Ginette, vous vous trompez d'amoureux!.

La paysanne

"pourtant j'aurais bien cru que c'était vous!".

La paysanne s'en va, ils éclatent de rire.

Scène 174 - ext-jour -

- Norbert est près d'une piscine dans une riche villa, il donne un court de gymnastique à une femme de cinquante ans, qui est un peu enrobée.

Norbert

" Claire, vous levez vos bras à la verticale, vous les tendez et vous les mettez à l'horizontale puis vous les laissez tomber le long de votre corps, vous répétez cela plusieurs fois en respirant bien. Maintenant vous vous couchez sur ce matelas en mousse, vous levez vos jambes à la verticale puis vous les redescendez lentement".

Tonia regarde attentivement Norbert le prof de gym. Il a un très beau maillot de bain.

Claire semble épuisée, elle souffle.

Claire

"mon petit Norbert, c'est une vraie torture votre gymnastique!.

Norbert

"Claire si vous voulez plaire à vos amants, vous devez souffrir un peu".

Claire

"vous êtes un petit coquin!.

Un homme de soixante ans est allongé sur un sofa de piscine.

L'homme

"vous avez des amants ma chérie?".

Claire

" mais non mon chérie, Norbert me taquine, il adore ça".

Tonia éclate de riche.

Claire

" tu as raison de rire ma chérie, ton Norbert est un tortionnaire mais c'est un bon prof de gym".

Tonia

"vous ne trouvez pas qu'il est très mignon mon Norbert".

L'homme

"il est très beau et il devrait faire du cinéma. Je suis un riche homme d'affaire et je peux le proposer à des amis qui sont dans le cinéma".

Tonia

"mon Norbert est rien que pour moi".

Claire

"tu es très possessive Tonia!".

Tonia

"Norbert est très heureux avec moi et mes parents, nous l'avons connu à l'hôpital psychiatrique de Nice".

Claire

"vous n'aviez rien de grave Norbert?".

Norbert

"je me suis fait soigner pour une petite dépression nerveuse".

L'homme

"il m'est arrivé d'être dépressif, et quand cela m'arrive je vais dans une maison de repos".

Norbert

"votre maison de repos ne doit pas ressembler à l'hôpital psychiatrique de Nice".

L'homme

"certainement pas Norbert!".

Claire

"Tonia, il font quoi vos parents?".

Tonia

"papa est homme et avocat d'affaire pour la mafia. Maman est couturière, elle possède une maison de couture à Zurich".

L'homme

" vos parents ne sont pas dans le besoin, pourquoi Norbert donne t-il des cours de gym aux jolies femmes riches?".

Tonia

"Norbert a besoin de travailler pour gagner sa vie, il ne veut pas être dépendant financièrement de mes parents qui l'on recueillit à la maison".

Claire

"Norbert, vous êtes un beau et brave garçon".

L'homme

"vous allez avoir beaucoup de travail dans la région!".

Norbert

"je suis très occupé, je dois aussi aider mon ami Otto qui est un ancien prêtre, il dirige une association d'aide aux enfants maltraités".

Claire

"comment peut on maltraiter des enfants, c'est horrible!".

L'homme

"vous faites quoi pour les aider ces enfants. Tonia et moi nous allons les voir, nous leur offrons un peu d'affection et nous jouons avec eux".

Claire

"je vais vous donner un chèque pour l'association de Otto".

Tonia

"demain, nous irons en Italie dans une maison près de Ventimillia, il y a douze enfants de trois à dix ans qui sont en attente de trouver une famille".

Claire

"je pourrai venir voir ces enfants, je leur offrirais des jouets et des sucreries".

Tonia

"vous pouvez Claire".

L'homme

"Norbert, ils faisaient quoi vos parents? ".

Norbert

"j'ai vécu plusieurs années dans la pauvreté, mon vrai père était comte, il est mort quelques jours après m'avoir reconnu".

Claire

"tu es un jeune comte?".

L'homme

"ton père ne t'a pas laissé de fortune?".

Norbert

"quand il est mort, je n'avais que quatorze ans, c'est ma mère qui profite de l'argent que mon père m'a laissé en héritage".

L'homme

"tu ne peux pas prendre un avocat pour qu'il s'occupe de cette affaire?".

Norbert

"je vais demander au papa de Tonia de m'aider à régler cette affaire".

L'homme

"tu as une vie mouvementé, tu devrai écrire un roman, je t'aiderai à le faire éditer".

Tonia

"j'aide Norbert à écrire l'histoire de sa vie sur des cahiers d'écoliers".

Claire

"cela doit être très passionnant!".

Tonia

" tu me monteras ces cahiers?".

L'homme

"Norbert, tu peux utiliser la piscine, et toi aussi Tonia".

Norbert et Tonia se jettent dans la piscine, ils font plusieurs aller et retour.

Claire

"Tonia vous avez les yeux légèrement bridés, cela vous vient de votre père ou de votre mère?".

Tonia

"de mon père qui était un prince russe, il est né près de la Mongolie".

Claire

"tu te rends compte chéri, nous avons un comte et une princesse qui me donnent des cours de gym".

L'homme

"nous allons devoir vous payer plus cher".

Claire

"vous voulez boire une petite coupe de champagne les amoureux? ".

Tonia

" nous voulons bien mais seulement une demi coupe pour nous deux".

Une servante apporte un grand plateau avec une bouteille de champagne, des verres et quelques gâteaux secs.

L'homme

"nous allons trinquer à la noblesse!".

Claire

"je peux faire la bise au jeune comte et à toi Tonia la belle princesse".

Tonia

" vous pouvez Claire!".

L'homme

" et moi aussi!".

Norbert

"nous avons passé une heure très agréable avec vous, nous allons vous quitter, Otto le garde du corps nous attend devant la porte de votre villa".

L'homme

"vous avez un garde du corps et c'est aussi l'homme qui dirige une association pour les enfants maltraités".

Claire

"comme nous avons de la chance de vous connaître".

Norbert et Tonia quittent leurs amis puis ils montent dans la R8.

Scène 175 - int-nuit -

- Norbert et Tonia sont assis dans un grand fauteuil du salon, ils s'embrassent près de leurs parents qui sont plongés dans la lecture d'un livre.

Tonia

" maman, tu as passé une bonne journée?".

Toinette

"j'ai été voir des amies, elles voulaient voir ma nouvelle collection de robes, nous avons passé notre temps à papoter et j'ai bien vendu".

Tonia

"nous sommes allés voir des amis au cap Martin, nous avons donné un cours de gym à Claire, une riche cliente de Norbert".

Norbert

"nous nous sommes bien amusés et j'ai gagné un peu d'argent".

Alexandre

"Norbert, je m'occupe de ton affaire d'héritage, j'ai engagé un avocat qui habite près du notaire qui a recueillit le testament de ton père".

Norbert

" je n'ai pas confiance dans ce notaire!".

Alexandre

"nous verrons bien, s'il ne veut pas coopérer nous saisirons la justice".

Toinette

"Norbert veux tu que je m'occupe de contacter ta mère, j'aimerai aller la voir?".

Norbert

"je veux bien maman Toinette ".

Toinette

"comme c'est mignon de m'appeler maman".

Alexandre

"tu es sa maman Toinette et moi je suis son papa, il peut m'appeler papa Alexandre".

Norbert

"oui papa Alexandre!".

Tonia

"je vous signal mes parents que Norbert est mon fiancé et pas mon frère".

Toinette

" Norbert est ton fiancé à toi et à nous c'est notre fils".

Norbert embrasse ses parents.

Norbert

"maintenant j'ai un vrai papa et une maman qui m'aiment".

Tonia

"demain nous irons passer la journée à Ventimilia dans une des maisons où sont hébergés des enfants maltraités".

Norbert

"Ma cliente m'a donné un gros chèque pour les enfants et elle a dit qu'elle viendrait leur offrir des jouets et des friandises".

Alexandre

"Norbert se débrouille bien, non seulement il fait le prof de gym et en plus il parvient à collecter des fonds pour l'association d'Otto".

Tonia

"Norbert sait y faire avec ses clientes, c'est un séducteur. je dois me méfier".

Toinette

"tu ne serais pas jalouse ma fille?".

Tonia

"oh que si maman!".

Norbert

"tu n'as aucune raison d'être jalouse, une jolie fille comme toi, je n'en ai pas encore vu dans la région".

Toinette

"moi je suis jalouse et je n'aime pas qu'une femme regarde mon Alexandre".

Alexandre

"j'ai toujours été un homme fidèle".

Toinette

"je le sais mon amour!".

Tonia

" Norbert, regarde comme il sont beaux nos parents".

Norbert

"Alexandre a bien l'allure d'un prince, c'est un homme qui ne passe pas inaperçu quand il marche dans les rues".

Scène 176 - int-jour -

Une R8 s'arrête devant une grande maison qui ressemble à un petit centre d'accueil, c'est une jolie maison en briques de deux étages. Une femme brune de trente ans sort par la grande porte, elle vient accueillir Norbert et Tonia qui sont chargés de deux grands sacs.

La femme

"vous n'avez pas eu trop de mal à trouver la maison?".

Tonia

"non, on nous a bien renseigné".

La femme

"suivez moi!".

Elle pénètre dans une grande salle, cinq enfants jouent et sont accompagnés par une jeune fille blonde de quatorze ans.

La femme

"je vous présente Janine, elle habite à Menton, elle est française".

Janine

" bonjour, vous êtes Norbert et Tonia, Otto l'ancien prêtre m'a beaucoup parlé de vous".

Janine embrasse Norbert et Tonia . Un petit garçon brun, aux cheveux bouclés pleure et vient vers Janine.

Janine

"pourquoi il pleure le petit Alberto, c'est son petit copain qui ne veut pas jouer avec lui".

Alberto

"il m'a volé mon jouet".

Tonia prend l'enfant dans ses bras, elle constate qu'il a des brûlures sur les bras".

Tonia

"c'est quoi c'est tâches noirs qu'il a sur les bras?".

Janine

" c'est son père qui le brûlait avec sa cigarette quand l'enfant pleurait".

Norbert

"comment peut-on faire une chose pareil?".

Janine

"ce garçon n'a pas grand chose, il y en a qui ont été battus et qui portent d'énormes traces sur le corps".

Norbert crie

"les enfants venez me voir, nous avons apporté des jouets et des sucreries".

Les enfants crient et se ruent sur Norbert qui leur offre les jouets et les bonbons.

Une petite fille qui a une blessure à la tête s'approche de Tonia.

La petite fille

"je m'appelle Gina, tu veux me me faire un gros câlin. Tu t'appelles comment?".

Tonia

"je m'appelle Tonia, et mon fiancé c'est Norbert ".

Norbert embrasse l'enfant.

Gina

"tu es très beau Norbert, tu veux pas devenir mon fiancé".

Norbert

"je suis avec Tonia".

La petite fille le regarde en faisant une grimace".

Norbert appelle les enfants

"venez nous allons faire le petit train!".

Un garçon de sept ans

"c'est qui qui va faire la locomotive?".

Norbert

"c'est toi?".

L'enfant tire les autres.

L'enfant

"vous allez faire les wagons, vous autres!".

Les enfants imitent le bruit de la locomotive, d'autres enfants viennent se joindre à eux".

Norbert parle avec Janine.

Norbert

"ils sont bien ici ces enfants?".

Janine

"je viens quelques fois pour leur offrir de l'affection, et d'autres personnes viennent aussi de temps en temps".

Tonia

"Norbert, nous viendrons souvent ici pour faire des câlins à ces enfants".

Norbert

"quand nous irons chez nos riches clientes pour la gym, nous leur parlerons de ces enfants".

Tonia

"nous pourrons obtenir des chèques qui permettront à Otto d'accueillir plus d'enfants".

Norbert et Tonia prennent les enfants dans leurs bras quelques minutes pour leur offrir de l'affection. Norbert et Tonia leur chantent des chansons. Janine leur apporte des gâteaux et du chocolat.

Scène 177 - ext-nuit -

C'est la nuit, la pergola est éclairée par de grosses bougies rouges. Norbert et sa nouvelle famille sont assis autour d'une grande table en bois, ils dégustent un gros gâteau au chocolat, ils boivent du champagne que la cuisinière leur sert.

Alexandre

" je lève mon verre et je bois au grand bonheur qui règne dans cette maison depuis que Norbert est parmi nous".

Norbert

"je lève mon verre à la solidarité, aujourd'hui nous avons offert du bonheur à des enfants maltraités".

Toinette

"je lève mon verre à l'affection que nous avons à offrir à ces enfants".

Tonia

"je lève mon verre à l'amour".

Alexandre

"alors mes enfants, vous vous êtes bien amusés avec les enfants à Vintimilia?".

Norbert

"je ne pensais pas que l'on pouvait être aussi cruel avec des enfants. Mon père me donnait souvent des coups de ceinture parce que je faisais des bêtises au village, mais jamais il ne m'aurait fait ces choses horribles que nous avons vu".

Tonia

"Josiane nous a montré des photos des sévices faits aux enfants".

Alexandre

"j'ai vu un gamin de dix ans que son père enfermait dans une cave, il lui avait écrasé trois doigts à coup de marteau. Le père a dit que c'était pas grave car il lui en restait encore sept".

Norbert

"et dire que moi je me suis plaint de mon enfance parce que mes parents me disaient souvent que j'étais une bouche de trop à nourrir".

Tonia

"que deviennent ces enfants qui arrivent dans les maisons d'accueil de Otto? ".

Alexandre

"on leur trouve des familles d'accueil, et Otto et des bénévoles surveillent attentivement les personnes qui se disent prêtent à les aimer".

Toinette

"Norbert j'ai contacté ta mère, elle m'a un peu parlé, puis elle m'a dit qu'elle ne voulait plus entendre parler de son fils. Elle a dit que le comte était mort et que son fils l'était aussi".

Alexandre

"elle est méchante cette femme, comment peut-elle mépriser un enfant qu'elle a eu avec un homme qu'elle a beaucoup aimé?".

Norbert

"ma mère a toujours été méchante, elle jetait des verres de vin sur les murs et criait qu'elle était une bâtarde de la noblesse".

Tonia

"j'ai lu dans tes cahiers que sa mère avait aimé un jeune baron et que son père l'avait confié au gardien du château pour la marier".

Alexandre

" c'était aussi comme ça en Russie avant la révolution, les nobles engrossaient leurs domestiques et ils s'en débarrassaient sans aucun scrupule".

Toinette

"j'ai une amie qui habite à Nyons en suisse, je vais la contacter pour lui demander qu'elle aille voir ta mère".

Alexandre

"ta mère vit comme une bourgeoise à Nyon, on lui donne de l'argent".

Norbert

"c'est le frère de mon père qui lui donne cet argent, c'est aussi une part de mon héritage car mon père m'avait dit qu'il ferait venir le notaire pour j'hérite d'une grande partie de ses biens".

Alexandre

"l'avocat que j'ai choisi apprendra ce qui s'est passé avec cet héritage".

Tonia

"c'est bien triste cette affaire".

Toinette

"demain vous avez l'intention de vous promener en mer avec le voilier".

Norbert

"si la mer est calme nous partirons et nous longerons la côte tranquillement".

Tonia

"tu as déjà manoeuvré un voilier de douze mètres?".

Norbert

"quand j'étais blouson noir, j'ai appris à naviguer sur la seine".

Alexandre

"la seine, mais la mer c'est autre chose".

Norbert

"Norbert apprend vite, et ce n'est pas un voilier sur la mer qui va lui faire peur".

Tonia

"t'inquiète pas moi je le maîtrise bien ce bateau".

Norbert et Tonia embrassent leur parent et vont se coucher.

Scène 178- int-nuit -

Norbert et Tonia sont assis au bureau dans la chambre.

Tonia

"on va écrire ce que tu as fait quand tu es parti".

Ils écrivent et le réveille marque le temps qui passe.

Tonia

"je suis fatiguée, je vais me coucher!".

Norbert

" on a bien travaillé".

Tonia

"je pense vraiment que l'on pourra en faire un bon roman de l'histoire de ta vie".

Norbert et Tonia sont couchés, ils s'embrassent et se caressent tendrement. Norbert s'endort, il rêve. Son ami Nicole apparaît dans son rêve, elle est avec son julo, ils se promènent main dans la main dans les rues de Marseille. Il voit Lisa, elle marche sur une plage, elle tend les bras, elle crie, elle disparaît.

Il voit sa mère dans une grande villa près d'un lac, elle jette des billets de banque en l'air, elle éclate de rire, elle disparaît. Son père est dans sa chambre au château, il est mort, il se réveille, il se lève, il vient prendre Norbert dans ses bras. Il disparait. Il voit Elodie de Paris, elle est sur la tour Eiffel, on lit sur ses lèvres qu'elle appelle Norbert, elle saute dans le vide".

Il voit Toinette sur une terrasse, elle s'évanouit, Alexandre se précipite vers elle, Toinette disparaît. Il voit Tonia dans un lit de l'hôpital du Docteur Dimitrov, elle dort puis elle disparaît. Il se voit sur un voilier sur la mer, il est avec Tonia, le bateau se soulève, la mer est très calme, le soleil brille, des colombes blanches tournent autour du bateau. Des pétales de roses tombent sur le bateau.

Scène 179 - ext-jour -

Sur le port de Menton - Norbert et Tonia inspectent des voiliers.

Tonia

" trois voiliers sont à mon père, un de huit mètres et deux autres qui sont plus grands".

Norbert

"on monte dans le plus petit".

Norbert et Tonia s'installent sur le voilier.

Tonia

" t'inquiète pas je vais le sortir du port, je t'expliquerai comment il fonctionne.

Tonia démarre le moteur et le voilier se dirige lentement vers le large.

Scène 180 - ext-jour -

- Norbert et Tonia sont allongés à l'avant du voilier, la mer est calme, le ciel est bleu.

Norbert

"on ne va pas trop loin au large, la mer est calme, je veux toujours voir la terre".

Tonia

" je connais des endroits où la mer n'est pas très profonde, on pourra jeter l'ancre et se bronzer tranquillement sur le bateau".

Norbert

"je ne suis pas habitué à naviguer sur la mer, je dois apprendre à l'apprivoiser tout doucement".

Tonia

"c'est comme ça qu'il faut faire".

Le voilier file le long de la côte.

Norbert

" c'est magnifique d'être sur un voilier et en mer. Sur la seine c'est bien différent".

Tonia

"tu vois là-bas il y a une crique, allons y et nous pourrons nous baigner et nous reposer".

Tonia jette l'ancre dans la crique.

Norbert et Tonia s'amusent sur le devant du bateau, ils s'embrassent et se font des chatouilles.

Norbert

"nous sommes dans une grande période de bonheur, je vais t'apprendre comment je faisais quand j'étais enfant pour échapper à la solitude et à mon manque d'affection".

Tonia

"tu sais moi aussi j'ai connu des moments de solitude dans mon enfance, mes parents étaient souvent absent pour leurs affaires".

Norbert

"pour échapper à ma solitude et à mon manque d'affection, je me réfugiais dans ma cabane dans la forêt du château de mon père, je m'allongeais puis je mettais mes mains sur les yeux, je pressais très fort, je voyais le noir, le néant, puis de petites étoiles blanches apparaissaient".

Tonia

"moi je m'inventais des amis virtuels".

Norbert

"un jour dans ce champ de petites étoiles, j'en ai vu une plus grosse, j'ai décidé que cette étoile deviendrait ma planète magique où je pourrais rencontrer des gens qui m'aimeraient toujours".

Tonia

"tu lui as donné un nom à ta planète magique?".

Norbert

"je l'ai appelé "planète Centaurion" dans mes nuits de grands rêves je voyais le ciel rose, il y avait des bulles d'habitations sur la terre, elles étaient de toutes les couleurs".

Tonia

"dans mes rêves il m'arrivait de voler et d'être un oiseau".

Norbert

"quand je voyais une bulle, j'avais aussi l'impression d'être un oiseau, je pénétrais dans les bulles, il y avait des plateformes qui n'étaient reliées à rien, je m'installais dessus, je commandais et tout ce que je voulais m'apparaissait et disparaissait quand je le voulais".

Tonia

"tu es un grand rêveur Norbert, ta planète si on l'appelait Antoniares, il y a Tonia dans ce mot?".

Norbert

"c'est magnifique Tonia, toi aussi tu es une grande rêveuse".

Tonia

" ta planète pourrait devenir notre futur espace de vie quand nous serons mort, nous y inviterons tout ceux que nous avons aimé".

Norbert

"tu penses toi qu'il existe une vie après la mort".

Tonia

"ceux qui croient en dieu le pensent".

Norbert

"pourquoi dieu nous offrirait-il une vie dans un paradis, alors que pour moi il a plongé mon enfance dans la souffrance et la grande solitude".

Tonia

"dieu veut peut-être offrir une seconde vie à ceux qui n'ont pas réussi sur terre?".

Norbert

"je n'ai pas besoin de dieu, je vais me préparer une autre vie pour après la mort".

Tonia

"nous le ferons ensemble".

Norbert

"si j'ai rêvé de cette belle planète, c'est qu'elle doit bien exister quelque part".

Tonia

"bien sur qu'elle existe ta planète sans quoi tu n'aurais jamais pu la voir".

Norbert

"tu t'imagines Tonia, que sur cette planète on doit pouvoir voyager dans le passé et la futur, on doit pouvoir effacer les mauvais moments pour ne garder que les bons".

Tonia met ses mains sur ses yeux et les appuis fortement.

Tonia

"j'ai vu un grand champ très noir, j'ai vu des petites étoiles blanches, ça marche ton truc!".

Norbert

"un jour tu verras apparaître la planète Antoniares dans tes rêves".

Tonia

"tous les soirs avant de m'endormir, je me mettrais les mains sur mes yeux et j'attendrai de la voir apparaître".

Norbert

"nous allons faire ensemble de grands voyages dans l'au delà virtuel, ce sera grandiose et plus beau que notre vie sur terre".

Tonia

"je m'imagine vivant sur notre planète, je pourrai faire apparaître mes parents aux époques que je choisirai, je pourrai prendre dans mes bras mes parents quand ils étaient enfants".

Norbert

"oui Tonia, nous allons créer notre vie après la mort et nous vivrons ensemble un amour éternel, rien ne pourra plus jamais nous séparer car nous serons liés pour l'éternité".

Tonia

"si tu devais partir un jour, je serai préparée pour te rejoindre sur notre planète, je ne souffrirai plus Norbert".

Norbert

"embrasse moi très fort et promet moi de ne plus souffrir si la vie devait nous séparer un jour".

Tonia

" je te le promet, plus jamais je ne verserai une larme parce que je saurai là où aller pour te rejoindre".

Scène 181 - int-nuit -

- Alexandre et Toinette jouent aux cartes sur la grande table dans le salon, Norbert et Tonia regardent la télévision assis dans un grand canapé.

Toinette

"comment s'est passé votre journée les enfants?"

Tonia

"nous avons passé une journée de rêve, nous avons un peu navigué le long de la côte puis nous avons largué les amarres dans une crique. Norbert m'a raconté des choses merveilleuses".

Alexandre

"et c'était quoi c'est choses merveilleuses?".

Tonia

"il m'a dit que dans ses rêves d'enfants il avait fait la découverte d'une belle planète magique".

Toinette

" nous avons tous rêvé dans notre enfance à des choses magiques".

Tonia

" maman les rêves de Norbert sont plus que magiques, quand il les raconte j'ai l'impression de les avoir vécues moi aussi".

Alexandre

"quand ma fiancée Gena est morte, je me suis enfui dans la campagne où j'ai erré pendant des jours, mon corps me faisait tellement souffrir que je hurlait de douleur. Un soir, je me suis endormi dans un champ, la lune était pleine, j'ai vu une étoile briller dans le ciel, j'ai senti qu'elle voulait m'aspirer, il me sembla qu'elle avait quelque chose à m'offrir pour guérir mon chagrin".

Tonia

"c'était peut être notre planète Antoniares".

Toinette

"c'est quoi cette planète?

Tonia

" Norbert l'a découvert dans son enfance, dans ses rêves quand il était très malheureux".

Alexandre

"vous n'auriez pas revu Rénato, il ne vous aurait pas donné de la poudre blanche à respirer. Vous me paraissez bizarre tout les deux".

Tonia

"papa, nous ne voyons plus Rénato, nous sommes deux jeunes personnes très sérieuses, nous vivons un grand amour et nous n'avons pas besoin de poudre pour ça".

Alexandre

"pardonne moi ma chérie, ton père t'aime et il pense aussi à te protéger".

Tonia se lève et va embrasser son père et sa mère.

Tonia

"je suis une grande fille et je suis devenue une femme avec Norbert, j'ai besoin de votre protection et à chaque fois que je ne me sentirai pas bien je viendrai me confier à vous".

Toinette

"nous avons entièrement confiance en toi ma chérie, ton père a voulu te taquiner. N'est pas Alexandre?".

Alexandre éclate de rire.

Alexandre

"bien sûr que je te taquinais ma chérie".

Norbert

"j'ai appris à maîtriser ma vie, maintenant s'il elle devait m'échapper cela serait indépendant de ma volonté".

Alexandre

"mon garçon, je pense que ta vie passée à fait de toi un homme fort dans sa tête et Tonia a de la chance de te connaître et de t'aimer".

Toinette

"Tonia est une petite princesse et elle a trouvé son prince charmant".

Tonia

"Norbert et moi, nous allons nous préparer pour nous engager dans un amour éternel, nous n'avons pas besoin de poudre pour cet engagement".

Alexandre et Toinette éclatent de rire, Norbert et Tonia aussi.

Alexandre

"vous nous expliquerez car nous aussi nous voulons nous préparer à vivre un amour éternel.

Tonia

" notre planète Antoniares sera notre lieu de résidence après la mort. Papa, tu pourras y retrouver tout ceux que tu as tant aimé dans ta vie, et toi aussi maman".

Norbert

"nous nous retrouverons tous dans les belles bulles de toutes les couleurs, nous voyagerons dans le passé et le futur, jamais notre corps ne sera souillé par la souffrance et la solitude".

Alexandre

"tu fais de très beaux rêves Norbert, votre mère et moi nous allons nous aussi nous préparer pour que nous puissions nous rejoindre sur votre planète".

Norbert

"notre planète!".

Toinette

"oui notre planète!".

Alexandre

"Quand j'étais jeune, je croyais en dieu, puis quand j'ai perdu ma Gena, je me suis mis à le maudire. je suis partant pour l'existence d'un paradis après la mort, je choisi votre paradis, votre belle planète où on peut vivre dans des bulles magiques".

Toinette

"moi aussi, je veux me retrouver dans ce paradis là après la mort".

Norbert

"je me suis familiarisé avec cette planète, elle me procure beaucoup de bonheur virtuel, cela comble ce qui me manque de bonheur sur terre".

Tonia

"maintenant, tu as fait le plein de bonheur, tu nous as, moi et mes parents".

Norbert

"je nage dans le bonheur avec vous, mais dans la vie rien n'est jamais durable".

Alexandre

"Norbert a raison, le bonheur il vous est livré par petites quantités et il n'est jamais durable ".

Toinette

" j'ai seulement rencontré le grand bonheur quand Alexandre m'est apparu à Rouen, il semblait perdu, il attendait un miracle et qu'un ange lui donne la main".

Tonia

"l'ange c'était toi maman!".

Alexandre

"l'ange m'est apparu et je l'ai tout de suite pris dans mes bras pour ne pas qu'il s'échappe".

Norbert

"papa Alexandre, maman Toinette quand je vous regarde, je vois les parents que j'aurai du avoir dans mon enfance".

Toinette

"ta maman ne t'aimera jamais, c'est une femme aigrie et profondément meurtrie par la vie, elle rêvait d'une autre vie qui ne s'est jamais présentée à elle et il n'y avait pas de place pour toi dans son coeur".

Norbert

"je pardonne à ma maman, je l'aime même si elle ne veut pas partager cet amour avec moi. je pense que nous nous reverrons après la mort, nous nous aimerons, j'en suis certain".

Tonia

" tu retrouveras ta maman, elle te prendra dans ses bras, elle te demandera pardon".

Norbert

"notre vie nous engage dans des voies où nous ne voulons pas nous rendre, elle nous force à les emprunter et cela nous fait terriblement souffrir".

Alexandre

"combien de fois ma vie m'a engager dans la souffrance. Quand j'étais soldat dans l'armée rouge, on m'envoyait dans des missions pour réprimer le peuple. Staline était cruel et il tenait le peuple dans sa main, il pouvait nous écraser quand il le voulait ".

Toinette

"c'était un monstre ce bonhomme. Comment dieu peut-il accepter sur la terre de tels êtres!".

Norbert et Tonia se lèvent de leur canapé.

Tonia

"papa, maman, nous sommes fatigués, nous allons nous coucher".

Ils embrassent leur parents.

La voix off - Norbert connait une grande période de bonheur intense mais il reperd la mémoire.

scène 182 - ext-jour -

Dans la cuisine - Alexandre et Toinette déjeunent. Norbert viens vers eux, il est très pâle.

Toinette

"bonjour Norbert, tu es très pâle ce matin!".

Norbert ne répond pas, il prend une chaise, il s'assoie à la table, son regard est sans vie.

Alexandre

"tu n'embrasses pas tes parents ce matin?".

Norbert est complètement absent. Tonia entre dans la cuisine.

Tonia

"je pense que Norbert doit être malade, il ne m'a pas embrassé ce matin, je lui ai parlé plusieurs fois, il ne m'a pas répondu. Cette nuit il n'a pas cessé de parler, il disait que son père le comte de Monchavet n'était pas mort".

Toinette s'approche de Norbert, elle tente de l'embrasser. Norbert la repousse.

Toinette

" Alexandre il faut appeler le docteur Dimitrov, Norbert ne va vraiment pas bien".

Tonia tente d'embrasser Norbert, il la repousse. Alexandre téléphone.

Alexandre

"bonjour Boris, Norbert ne va pas bien, il nous repousse, il est très pâle".

Le docteur Dimitrov

"Norbert a de nouveau perdu la mémoire, il faut de toute urgence me l'amener à la clinique".

Alexandre regarde Toinette et Tonia.

Alexandre

"Norbert a de nouveau perdu la mémoire, je vais le faire conduire en urgence à la clinique du docteur Dimitrov. Je téléphone à un ami qui possède un hélicoptère".

Tonia regarde Norbert qui lui fait un petit sourire.

Norbert

"vous êtes jolie mademoiselle, vous habitez ici?".

Tonia

"Norbert n'est plus avec nous, il ne sait plus qui nous sommes".

Toinette

"Tonia, tu dois te montrer forte, Norbert va être bien soigné à la clinique du docteur Dimitrov et dans quelques jours il nous reconnaîtra de nouveau".

Tonia

"je suis forte maman, Norbert m'a dit qu'il avait peur de reperdre la mémoire, je ne dois pas paniquer comme la dernière fois".

Alexandre

"nous ne devons pas paniquer, Norbert est sur sa planète Antoniares, il est dans une autre période de sa vie, il doit être au château avec son père".

Norbert s'assoie dans le grand canapé, il s'assoupit, il s'endort. Il rêve, il est avec son père, ils se promènent à cheval sur le grand domaine.

Tonia

" Norbert est sur notre planète Antoniares, il va longuement rêver et il nous reviendra, je le sens".

Tonia se met près de Norbert, elle lui caresse les cheveux, Norbert rêve et sourit".

Toinette

"Norbert est heureux, il a quitté notre maison, il doit être avec son père et sa mère sur sa planète, nous le retrouveront bientôt".

Tonia

"je vais aller à l'hôpital, je le veillerai nuit et jour, jusqu'à ce qu'il nous revienne".

Alexandre

" ta mère et moi nous serons avec toi ma chérie. Norbert est heureux regardez comme il sourit dans son grand rêve".

Toinette

"Norbert est très heureux avec nous, mais il a besoin de temps en temps de se replonger dans son passé, son père lui manque terriblement et il doivent continuer à s'aimer sur cette planète Antoniares".

Tonia

"Norbert ira vivre sur cette planète autant de fois qu'il le voudra pour retrouver ce père qu'il n'a pu aimer dans son enfance".

Alexandre

"je suis son nouveau père, il m'aime mais je ne peux pas remplacer le comte de Monchavet".

Tonia

"moi il m'aime pour l'éternité, son absence ne me fait plus souffrir, je suis avec lui sur notre Planète, il va me voir dans ses grands rêves et il me reviendra vite".

Scène 183 - ext-jour -

- Sur la mer un voilier file vers le large toutes voiles sorties, la mer est légèrement agitée, le ciel est bleu. La radio diffuse une musique de Beethoven. Tonia apparaît sur le bateau, Norbert tente de s'approcher d'elle, elle disparaît, elle revient plusieurs fois et disparaît de nouveau. La nuit tombe, c'est la pleine lune, Tonia apparaît à l'avant du bateau, Norbert plonge sur elle, il tombe à la mer.

La voix off - Norbert retrouve la mémoire quelques jours après l'avoir perdu, il retrouve sa belle Tonia et ses nouveaux parents.

Norbert confia ses cahiers d'écoliers à un ami qu'il rencontra dans un hôpital quand il perdit de nouveau la mémoire. Aujourd'hui, où sont Norbert et Tonia? Si vous entrez dans une forêt près d'un château dans les yvelines, si vous entendez le hurlement d'un loup et d'une louve, vous pourrez pensez que peut-être Norbert et Tonia sont entrés dans un amour éternel et qu'ils le vivent sur leur planète Antoniares.